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Les cambistes vont pouvoir prendre connaissance d'informations importantes ce mercredi et ce jeudi avec l'issue respectivement, du Comité de politique monétaire de la Fed et du Conseil des Gouverneurs est ailleurs. Si un quo monétaire est attendu pour ces échéances, l'enjeu est ailleurs: la réaction des deux grandes banques centrales de part et d'autre de l'Atlantique face au risque de résurgence de l'inflation, dans le contexte de la hausse désormais durable des prix du brut en raison de perturbations majeures de l'offre et de la logistique mondiales avec la guerre au Moyen-Orient.
La Fed entamera le bal ce soir avec la décision sur les taux proprement dits à 19h00, une décision accompagnés des fameux dot plots, ce graphique à point montrant les perspectives de variations des taux fédéraux par les membres votants, sous couvert d'anonymat. A 19h30 se tiendra la traditionnelle conférence de presse.
En comparaison de l'Europe, "le risque inflationniste semble donc plus mesuré [aux Etats-Unis], ce qui pourrait laisser davantage de temps à la Fed pour ajuster sa politique", met en perspective Romane Ballin, gérante obligataire d'Auris Gestion. La banque centrale américaine fait toutefois face à une autre difficulté : l'inflation continue de se stabiliser mais elle reste au-dessus de sa cible. Le CPI s'est stabilisé en février à +2,4 % sur un an pour l'indice global et à +2,5 % pour la composante sous-jacente. De son côté, l'indice PCE – l'indicateur privilégié par la Fed – est remonté à +3,1 % en janvier pour la partie sous-jacente. Entre potentielles tensions sur les prix et signes de fragilité sur le marché du travail, l'équation s'annonce donc délicate pour la Fed, contrainte d'arbitrer entre ses deux mandats."
Demain jeudi, ce sera au tour de la BCE de montrer comment, face aux marchés, elle tentera de composer avec des risques inflationnistes d'une part et des risques de ralentissement de l'activité d'autre part. Sans parler de stagflation à ce stade... En tous cas, la confiance dans l'économie allemande mesurée par le ZEW s'est effondrée hier, repassant brutalement en territoire négatif.
Konstantin Veit, gestionnaire de portefeuille et Peder Beck-Friis, économiste, chez PIMCO anticipent que "la BCE maintiendra son taux de dépôt à 2 %, pour une sixième réunion consécutive. Selon [eux], les nouvelles projections des équipes de la BCE devraient faire apparaître un dépassement temporaire de l'inflation à court terme, sous l'effet de la hausse des prix de l'énergie, avant un retour vers 2 % l'an prochain. La BCE devrait mettre en avant un niveau élevé d'incertitude géopolitique et adopter un ton plus restrictif, sans pour autant ajuster immédiatement sa politique monétaire."
"Enfin, les projections de croissance devraient être légèrement révisées à la baisse, reflétant des risques accrus à la baisse malgré une résilience récente."
Dans l'intervalle, les marchés gardent un oeil anxieux sur les points chauds de cette guerre américano-israélienne contre les autorités iraniennes, et l'un de ces points chauds est le désormais célèbre détroit d'Ormuz, de facto bloqué. Une situation qui est favorable au Dollar, d'autant plus qu'un hoizon de fin de guerre ne peut être estimé précisément.
"Alors que les États-Unis semblent désormais chercher une issue, il leur sera difficile de mettre fin à cette guerre à eux seuls, car le président américain ne contrôle pas toutes les dynamiques qui ont été déclenchées. Comme nous l'avons vu en Ukraine, malgré les efforts de D. Trump, il n'est pas facile de mettre fin aux guerres", analyse Anna Rosenberg, responsable géopolitique, Amundi Investment Institute.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1540$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
La moyenne mobile à 200 jours (en marron) a été rompue sans ménagement, avec pullback consécutif à valeur de confirmation. La moyenne mobile à 20 jours (en bleu foncé), vient de croiser à la baisse, en l'espace d'une poignées de séances seulement, sa consœur à 50 jours (en orange) et la courbe de tendance de fond précédemment citée.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est négatif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1549 USD. L'objectif de cours de notre scénario baissier se situe à 1.1013 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1676 USD.
L'espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 536 pips et le risque de perte s'établit à 127 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
