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L'Euro Dollar, marqueur de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, gagnait timidement quelques "pips", à la suite de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Liban qui est conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah, une organisation paramilitaire qualifiée de terroriste par de nombreux pays et soutenue par l'Iran.
La principale problématique de la Fed est de composer avec un "contexte d'inflation élevée, alimentée par la guerre avec l'Iran et les droits de douane, ainsi que par une économie américaine plus résiliente, soutenue par un puissant cycle d'investissements dans l'intelligence artificielle", selon les termes des économistes de J. Safra Sarasin, pour qui "les arguments en faveur d'un assouplissement monétaire se sont nettement affaiblis."
"Ainsi, la première réunion de la Réserve fédérale présidée par Kevin Warsh devrait s'accompagner d'un message relativement restrictif (« hawkish »), avec un graphique des anticipations de taux (« dot plot ») qui devrait montrer l'absence de baisse des taux cette année. Certains responsables pourraient même envisager une hausse des taux".
La dynamique des salaires, qui est l'une des données les plus suivies du NFP avec le taux de chômage et les créations de postes, sera dans ce contexte particulièrement suivie ce vendredi. Rendez-vous à 14h30, donc, pour la publication du rapport fédéral sur l'emploi privé. Rappelons que les signaux publiés plus tôt dans la semaine ont confirmé l'idée d'un emploi en pleine santé, que ce soit du côté de l'enquête ADP ou des inscriptions aux allocations chômage.
Côté européen, l'équation est différente mais néanmoins complexe, le pays étant beaucoup plus dépendant des importations d'énergie fossile. La résilience économique de l'union monétaire du monde est par ailleurs moins importante.
"Lors de sa réunion du 11 juin, la BCE devrait très probablement relever ses taux directeurs de 25 points de base, conformément à son récent discours restrictif. Au-delà de cela, les perspectives de politique monétaire s'assombrissent, le Conseil des gouverneurs devant trouver un équilibre entre une inflation qui reste élevée et une activité économique en perte de vitesse", considère Martin Wolburg, économiste senior chez Generali Investments.
Rappelons que l'Europe est structurellement beaucoup plus dépendante des importations d'énergie fossile que les Etats-Unis, qui restent en volume, le premier producteur mondial de pétrole.
"L'inflation s'étend, les anticipations d'inflation ont légèrement augmenté et la baisse des taux réels plaide en faveur du maintien d'une orientation restrictive. Dans le même temps, la croissance ralentit, les conditions de crédit se sont resserrées et les signes d'effets salariaux de second tour généralisés restent limités. De plus, la politique monétaire ne peut s'attaquer aux causes profondes d'un choc lié à l'offre. La hausse des taux en juin servirait donc principalement à préserver la crédibilité de la BCE en matière de lutte contre l'inflation et à ancrer les anticipations. Mais alors que les espoirs d'un accord de paix dans le conflit avec l'Iran s'amenuisent à nouveau et que les risques de stagflation restent élevés, la présidente Lagarde voudra probablement laisser la porte ouverte à un nouveau resserrement si nécessaire."
Publiées plus tôt dans la semaine, les premières estimations de l'inflation, qui ont légèrement surpassé les attentes en Zone Euro pour le mois de mai, à +2,5% en rythme annuel pour le moi de mai, hors éléments volatils (alimentation, énergie, alcool et tabac).
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1640$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
D'un point de vue technique, la paire euro/dollar se heurte désormais à une zone charnière. Après avoir effacé une grande partie de son repli lié à la phase aiguë du conflit, elle évolue au contact de la borne haute de son trading range. Cette configuration traduit une compression de volatilité et une hésitation marquée des intervenants, incapables pour l'instant de déclencher une impulsion durable. En l'absence de catalyseur clair — qu'il soit macroéconomique, monétaire ou géopolitique — la paire reste contenue sous cette résistance majeure (1,1825$), dans une phase d'attente susceptible de déboucher sur un mouvement plus directionnel une fois cet équilibre rompu.
La bougie en pendu du 11 mai a envoyé un signal technique négatif, qui s'est soldée par une accélération baissière sous la forme d'une rupture de la moyenne mobile à 200 jours (en marron).
Un rééquilibrage temporaire des forces en présence est en cours, avant un redémarrage baissier.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1608 USD et la résistance à 1.1686 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
