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Un timide rebond technique ne suffisait pas, hier, à rendre à l'Euro des couleurs, alors que la guerre en Iran et au Moyen Orient entre dans sa troisième semaine. La perte globale d'appétit pour le risque et la fermeté désormais chronique des prix du brut favorisait le Dollar. Une situation qui met dans l'embarras les banques centrales, qui doivent faire face à un risque inflationniste au moment même où la machine économique embrayait de nouveau, notamment en Allemagne. D'ailleurs l'indice ZEW de confiance dans la première économie de la Zone Euro vient de repasser en territoire négatif.
"La flambée des prix de l'énergie et des engrais risque de provoquer des tensions inflationnistes à court terme qui vont inciter à reporter les baisses de taux prévues. Aux États-Unis, la Réserve Fédérale américaine estime qu'en moyenne une hausse de 10% des prix du pétrole aboutit à une augmentation de 23 points de base de l'indice des prix à la consommation. Cela peut aussi faire augmenter les anticipations d'inflation. Pour l'instant, elles sont contenues. Évidemment, plus les prix de l'énergie vont rester longtemps élevés, plus cela va constituer un casse-tête pour les banques centrales alors que plusieurs pays, notamment les États-Unis et le Royaume-Uni, connaissent un ralentissement du marché de l'emploi", analyse Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.
La Fed achève son Comité de poltique monétaire (FOMC) demain, et la Banque centrale européenne son Conseils des Gouverneurs jeudi.
"C'est dans un brouillard géopolitique et économique particulièrement dense que les grandes banques centrales s'apprêtent à se réunir cette semaine. La Fed, la BCE et la BoE devraient, pour le moment, éviter toute précipitation et attendre d'y voir plus clair. Les marchés scruteront néanmoins de près leurs discours, en particulier leur lecture du risque inflationniste – voire du risque de stagflation", complète Romane Ballin, Gérante Obligataire d'Auris Gestion.
Les cambistes continuent donc de suivre l'évolution du conflit au Moyen-Orient. Les États-Unis ont bombardé durant le week-end l'île de Kharg en Iran. "C'est particulièrement significatif parce qu'environ 90% des exportations de pétrole brut de l'Iran y sont expédiées", écrit Deutsche Bank.
"Pour l'instant, Trump a déclaré dans un message qu'il avait choisi de ne pas détruire l'infrastructure pétrolière, mais il a également dit qu'il y reconsidérerait si l'Iran interférait avec le passage des navires par le détroit d'Ormuz", poursuit la banque allemande.
"Au-delà de la question des taux et de l'inflation, un autre enjeu de la réunion de la Fed sera l'évolution des projections en termes croissance mais aussi d'emploi pour 2026, dans ce contexte de fortes tensions géopolitiques. Ces projections sont communiquées une fois par trimestre et elles seront mises à jour mercredi soir", précise Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché chez IG France
"La réunion de la BCE sera également très attendue jeudi, plusieurs déclarations marquantes étant intervenues depuis de début de l'intervention militaire en Iran. Il y a évidemment cette phrase de Christine Lagarde : "Nous ferons tout ce qui est nécessaire de faire pour que l'inflation soit sous contrôle et que les Français, les Européens, ne subissent pas des augmentations d'inflation du type de celles que nous avions vues dans les années 2022 et 2023"."
Publié ce matin, le "ZEW", indice de sentiment économique en Allemagne, a reflué violemment, en territoire négatif à -0,5. Et ce alors que le consensus, qui était déjà pessimiste, laissait augurer une baisse de bien moindre ampleur, de 58,3 à 39 points.
"L’indicateur ZEW s’est effondré. L’escalade au Moyen-Orient fait flamber les prix de l’énergie et accentue les pressions inflationnistes. Cela accroît le risque de ralentissement de la reprise économique allemande. L’ampleur de ces effets dépendra de l’intensité et de la durée du conflit. Les experts des marchés financiers doutent d’une résolution rapide du conflit", a éclairé le professeur Achim Wambach, président du ZEW.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1510$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Le décrochage de ce lundi met fin à une consolidation à plat au-dessus d'une moyenne mobile (la "100 jours") qui vient de rompre sans ménagement. Le signal est négatif avant le test décisif de la moyenne mobile à 200 jours (en marron). Cette courbe de tendance de fond été rompue mardi 03 mars, sans ménagement, dans une volatilité importante.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est négatif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1510 USD. L'objectif de cours de notre scénario baissier se situe à 1.1013 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1621 USD.
L'espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 497 pips et le risque de perte s'établit à 111 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
