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Le baromètre d'appétit pour le risque que constitue l'Euro se dépréciait face au Dollar, sur fond de sentiment de lassitude des opérateurs sur le conflit au Moyen-Orient. Sur ce front géopolitique, au 96e jour du conflit, les tensions sont vives dans la région du Golfe où l'Iran a repris ses frappes espérant mettre hors service des bases militaires américaines. En retour, les États-Unis ont assuré avoir "mené des frappes de légitime défense".
Hier, l'armée américaine a affirmé avoir repoussé plusieurs attaques iraniennes, par missiles et drones, contre ses bases et ses alliés dans la région, et voir répliqué en bombardant au sol une île iranienne. "L'Iran a lancé plusieurs missiles balistiques vers des pays de la région, mais tous ont raté leur cible", a écrit le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient dans un communiqué sur X.
Conséquence directe et indirecte de la flambée des prix du brut début mars, puis de la variation nerveuse en plateau des prix du but, l'inflation est repartie à la hausse en Zone Euro.
"Dans ces circonstances, vu le manque de progrès jusqu'ici, on ne peut qu'être inquiets sur l'issue finale. Néanmoins, en dépit des énormes incertitudes sur l'avancée de ces négociations, nous tablons sur un accord, même a minima, mais qui permettrait l'ouverture du détroit d'Ormuz. Ceci se traduirait par une normalisation graduelle du transport maritime, notamment de pétrole et de gaz", comment les stratégistes de LBPAM.
"Dans ce scénario, le choc énergétique devrait se dissiper peu à peu d'ici la fin de l'année. En même temps, les effets négatifs déjà en œuvre devraient encore coûter en croissance."
Publiées plus tôt dans la semaine, les premières estimations de l'inflation, qui ont légèrement surpassé les attentes en Zone Euro pour le mois de mai, à +2,5% en rythme annuel pour le moi de mai, hors éléments volatils (alimentation, énergie, alcool et tabac).
Côté Etats-Unis, l'équation est différente mais néanmoins complexe, le pays étant beaucoup moins dépendant des importations d'énergie fossile. La résilience de la première économie du monde est par ailleurs plus importante.
"Donald Trump paraît relativement indifférent au coût politique de sa stratégie alors qu'il atteint des niveaux d'impopularité records dans plusieurs enquêtes récentes et que les élections de mi-mandat commencent déjà à se profiler à l'horizon. Pourtant, si l'économie américaine demeure globalement résiliente, les premières conséquences du conflit commencent à apparaître dans les statistiques", nuance Thomas Giudici, Directeur de la gestion obligataire d'Auris Gestion.
"Outre des chiffres de croissance révisés en baisse pour le premier trimestre (1.6% contre 2% en première estimation), le choc inflationniste lié à la remontée des prix de l'énergie continue d'éroder le pouvoir d'achat des ménages. Le revenu personnel est ressorti stable en avril, après +0,5% en mars (dopé par des remboursements fiscaux) et contre une hausse de +0,4% attendue par le consensus, contraignant les ménages américains à puiser davantage dans leur épargne pour soutenir leur consommation. Le taux d'épargne des ménages est d'ailleurs tombé à son plus bas niveau depuis 2022."
A suivre à 14h15 les conclusions de l'enquête du cabinet en RH ADP sur l'emploi américain, et à 16h00 le baromètre d'activité ISM services, attendu quasi stable à 53,7.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1610$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
D'un point de vue technique, la paire euro/dollar se heurte désormais à une zone charnière. Après avoir effacé une grande partie de son repli lié à la phase aiguë du conflit, elle évolue au contact de la borne haute de son trading range. Cette configuration traduit une compression de volatilité et une hésitation marquée des intervenants, incapables pour l'instant de déclencher une impulsion durable. En l'absence de catalyseur clair — qu'il soit macroéconomique, monétaire ou géopolitique — la paire reste contenue sous cette résistance majeure (1,1825$), dans une phase d'attente susceptible de déboucher sur un mouvement plus directionnel une fois cet équilibre rompu.
La bougie en pendu du 11 mai a envoyé un signal technique négatif, qui s'est soldée par une accélération baissière sous la forme d'une rupture de la moyenne mobile à 200 jours (en marron).
Un rééquilibrage temporaire des forces en présence est en cours, avant un redémarrage baissier.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1608 USD et la résistance à 1.1686 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
