(BFM Bourse) - Dans un marché des changes toujours aussi nerveux et volatil, l'Euro se repliait face au Dollar, et poursuivait son "retracement" en direction d'une zone proche de 1,0785$. Le freinage brutal de l'inflation en Zone Euro, plus fort qu'anticipé, pèse. En mars, hors alimentation, énergie, alcool et tabac (éléments jugés volatils), les prix n'ont progressé que de 1% en rythme annualisé, contre 1,2% et 1.1% attendu.
Le spot reste soumis à des niveaux de variation violents et ce alors qu'aucune tendance de fond n'est finalement identifiable: la moyenne mobile à 100 jours (en orange) n'affiche aucune pente, ni positive, ni négative. Et ce alors même que l'écart de "rémunération" entre la monnaie unique et le billet vert a été réduit à néant par les ouvertures à fond des robinets monétaires de part et d'autre de l'Atlantique, pour faire face aux lourdes conséquences économiques de la pandémie de Covi-19.
"Malgré la rapide accélération de l'épidémie aux Etats-Unis, qui dépasse de loin l'Italie maintenant et comptent pour 1/3 des nouveaux cas au niveau mondial, les marchés continuent de progresser. En effet le soutien à 2000Mds$, qui pourrait ne pas être suffisant selon l'administration américaine, fait espérer un rapide retour de l'activité mais les prolongations de confinement en Europe et les incessants retours en arrière du président américain, laissent présager d'une épidémie qui devrait durer", note Vincent Boy, analyste marché chez IG France.
Après avoir été étourdis par le niveau stratosphérique du nombre d'inscrits aux allocations chômage* outre Atlantique, jeudi, les cambistes vont prendre connaissance de l'indice de Conference Board de confiance des consommateurs aux Etats-Unis à 16h00. Un baromètre dont l'ampleur de la contraction inévitable sera intéressant, pour jauger de l'effet de résilience de la consommation, premier moteur de la création de richesse, traditionnellement, aux Etats-Unis.
L'indice S&P CS des prix immobiliers (15h00) et l'indice PMI de Chicago (15h45) viendront compléter le programme.
Alors que l'épidémie poursuit ses ravages d'Est en Ouest autour de la planète, et que son épicentre se positionne donc désormais sur les Etats-Unis, les cambistes ont été rassurés de voir la capacité de résilience du PMI manufacturier chinois, publié dans la nuit au-delà des 50 points en mars (52.0), après un trou d'air traversé en février à 35.7. Pour rappel, les PMI sont des enquêtes passées auprès de directeurs des achats, qui par nature constituent des baromètres, des indicateurs avancés. Un score au-delà des 50 permet d'anticiper une expansion du secteur considéré. A l'inverse, en dessous des 50, la contraction guète.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,0975$ environ.
* ce nombre d'inscrits, qui était depuis de nombreux mois autour de la barre des 200 000, a explosé, 2 fois plus que le consensus ne le laissait augurer, à 3 283 000...
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Pas de changement sur le plan graphique. Alors que le spot a brutalement repris contact avec le seuil identifié à 1,1110$, sa qualité de résistance est confirmée, et la paire de devises s'infléchit désormais, sous une zone de convergence des moyennes mobiles à 100 (en orange) et 20 (en bleu foncé) jours. Avis négatif jusque sur les 1,0785$, en l'absence d'autre niveau identifiable.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est négatif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.0970 USD. L'objectif de cours de notre scénario baissier se situe à 1.0786 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1044 USD.
L'espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 184 pips et le risque de perte s'établit à 74 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
