(BFM Bourse) - Cet article, en accès libre, est produit par l'équipe de recherche en analyse et stratégie boursière de BFM Bourse. Pour ne manquer aucune opportunité, consultez l'intégralité des analyses et découvrez nos portefeuilles en accédant à notre espace Privilèges.
La géopolitique pesait lourdement sur la paire de devises Euro / Dollar, l'un des miroirs les plus fidèles de l'appétit pour le risque. Depuis les points hauts intermédiaires du 20 août, le spot a fondu de plus de 300 pips. Un mouvement alimenté également par le ton résolument ferme adopté par la Fed, qui achevait la semaine passée son Comité de politique monétaire de rentrée. Le contexte d'incertitudes politique et budgétaire en France, deuxième puissance économique de la Zone Euro, achève ce tableau sombre.
Le spot EURUSD est particulièrement sensible au risque géopolitique. Deux dossiers majeurs catalysent actuellement les échanges: la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran d'une part, et les tensions commerciales entre Washington et Pékin d'autre part.
"La perspective d'avancées diplomatiques entre Washington et Téhéran réduit temporairement la pression sur les rendements obligataires et soutient l'appétit pour le risque. L'attention reste néanmoins concentrée sur la capacité des discussions à déboucher sur une désescalade concrète, après plusieurs semaines de tensions sur l'énergie", note John Plassard de Cité Gestion. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, s'exprimera ce mercredi à la tribune de l'Organisation des nations unies (ONU).
Par ailleurs, le président chinois Xi Jinping s'est envolé ce mercredi pour assister à un sommet avec Donald Trump. "La rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping constituera l'autre rendez -vous majeur de la semaine, même si les attentes d'un accord commercial ambitieux demeurent limitées", commente John Plassard.
Les changes digèrent le ton ferme adopté par la Fed la semaine dernière. Si le relèvement de 25 points de base des taux directeurs s'étaient progressivement imposé au marché, qui n'ont pas été surpris par la décision monétaire proprement dite, l'évolution des perspectives d'inflation, de croissance et des "dot plots" ont participé à la revalorisation du Dollar.
Andrew Lake, CIO et responsable des titres à revenu fixe chez Mirabaud Asset Management a apporté les éclairages suivants: "la Fed a relevé ses taux de 25 points de base, comme attendu. Il s'agit néanmoins d'une hausse plutôt hawkish : Warsh a insisté sur la vigueur de l'économie américaine et sur la nécessité de lutter contre une inflation persistante, supérieure à l'objectif de 2 % depuis cinq ans. S'il n'a donné aucune indication personnelle sur les prochaines décisions, le Comité anticipe une nouvelle hausse de taux cette année. Selon lui, la politique monétaire n'est pas encore suffisamment restrictive et, malgré des rendements obligataires à leurs plus hauts niveaux depuis plusieurs années, les conditions financières ne se sont pas sensiblement resserrées."
Les questions budgétaires françaises pèsent sur la monnaie unique, le spread dépassant "les 100 points de base. C'est aujourd'hui le plus grand écart avec l'Allemagne dans la zone euro. La possible impasse sur la négociation du budget de 2027 et la teneur des propositions des candidats à l'élection présidentielle de l'année prochaine sont évidemment des sources d'anxiété sur le marché. À ce stade, la prudence doit rester de mise sur la dette publique française dans les allocations obligataires", analysent les économistes de LBPAM.
Un budget 2027 "sous tension mais encore incertain", pour Claudia Panseri, Chief Investment Officer d'UBS Wealth Management France, qui précise que "le gouvernement viserait un déficit initial d'environ 4,9 % du PIB en 2027, contre un objectif proche de 5 % en 2026 qui devrait être dépassé ; l'ajustement envisagé, d'environ 35 milliards d'euros (1,1 % du PIB), reposerait sur 22 milliards d'euros d'économies, 6 milliards de mesures fiscales ciblées et 7 milliards issus de la prolongation de la surtaxe sur les bénéfices des entreprises."
Jeudi soir dernier, le Premier ministre Sébastien Lecornu a esquissé dans un entretien au Figaro les grandes pistes pour dégager un total de 54 milliards d'euros d'économies, via notamment le gel du point d'indice des fonctionnaires et un effort sur certaines retraites. Le chef du gouvernement espère encore pouvoir rééditer l'exercice délicat du compromis, en tendant la main aux Socialistes. Une main "vide", ironie un responsable du parti à la rose.
"Tous les taux de la zone ont grimpé depuis mars et le début de la guerre en Iran, en raison des pressions inflationnistes majoritairement dues à la flambée des prix de l'énergie. Mais les taux de la France ont grimpé plus vite que ceux de l'Allemagne, signe d'une défiance des marchés par rapport au risque budgétaire français, dans un contexte politique beaucoup plus tendu avec l'élection présidentielle en vue…", alerte Alexandre baradez (iG France).
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1410$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Après une phase latéralisation, la volatilité baissière relevée et mesurée lundi 14 septembre donne un sens de sortie qui nous permet de reprendre nos positions vendeuses sur la paire de devises phare. L'accroissement de cette volatilité mercredi 16/09, sur rupture de la moyenne mobile à 50 jours (en orange) étaie ce scénario.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est négatif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1400 USD. L'objectif de cours de notre scénario baissier se situe à 1.1012 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1501 USD.
L'espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 388 pips et le risque de perte s'établit à 101 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
