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La configuration graphique de court terme de l'Euro Dollar restait lourdement déprimée, au lendemain de l'issue du FOMC de la Fed, et à quelques heures du verdict monétaire de la BCE. Si un statu quo monétaire est largement attendu, l'attention se portera sur la conférence de presse de la puissante institution monétaire paneuropéenne, en situation rendue inconfortable par les risques de résurgence d'inflation et de ralentissement de l'activité, en raison de la guerre au Moyen-Orient, guerre dont bien malin celui qui pourra prédire le terme.
"Alors que les États-Unis semblent désormais chercher une issue, il leur sera difficile de mettre fin à cette guerre à eux seuls, car le président américain ne contrôle pas toutes les dynamiques qui ont été déclenchées. Comme nous l'avons vu en Ukraine, malgré les efforts de D. Trump, il n'est pas facile de mettre fin aux guerres", commente Anna Rosenberg, responsable géopolitique, Amundi Investment Institute.
Rappelons que la principale difficulté que va rencontrer la BCE dans les prochains est la capacité à constituer un bouclier contre l'inflation alors même que l'activité économique est menacée de ralentissement. L'indice ZEW de confiance dans l'économie allemande, qui plongeait en début de semaine en territoire négatif, l'a illustré cruellement lundi.
"La BCE devrait mettre en avant un niveau élevé d'incertitude géopolitique et adopter un ton plus restrictif, sans pour autant ajuster immédiatement sa politique monétaire. Nous anticipons un pic de l'inflation globale autour de 3 % cette année, dont environ 1 point de pourcentage attribuable à l'énergie. Selon nous, les anticipations d'inflation feront l'objet d'une attention particulière. Si les indicateurs de marché restent contenus, les anticipations des ménages apparaissent plus vulnérables", analysent Konstantin Veit, gestionnaire de portefeuille et Peder Beck-Friis, économiste, chez PIMCO.
Edouard Faure, Responsable Crédit de Swiss Life Asset Managers France, complète: "A l'occasion de la prochaine réunion de la Banque centrale européenne (BCE), jeudi 19 mars, Christine Lagarde devrait opter pour le statuquo. Sauf surprise, les taux directeurs resteront inchangés. Le taux de dépôt devrait ainsi rester fixé à 2%. En revanche, le discours de la présidente de la BCE sera scruté scrupuleusement par les investisseurs alors que le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, fin février, créé une nouvelle donne géopolitique et provoque une flambée des cours du pétrole, au-dessus de 100 dollars le baril. Si les prix de l'or noir se maintenaient durablement à ces niveaux, voire augmentaient encore, les tensions inflationnistes persistantes conduiraient la BCE à intervenir au cours des prochains mois. Dans ce contexte, Christine Lagarde pourrait ajuster son discours pour entrouvrir la porte à d'éventuelles hausses de taux en 2026, tout en restant prudente."
La Fed, qui achevait hier soir un Comité de politique monétaire, a adopté un ton très prudent, face au jeu d'équilibriste qui s'annonce dans les prochains mois pour gérer au mieux les deux volets de son mandat: la maîtrise de la trajectoire des prix, et l'atteinte du plein emploi.
"Lors de sa conférence de presse, Jerome Powell s'est gardé d'endosser une lecture trop accommodante consistant à ignorer le choc énergétique, compte tenu du niveau élevé d'incertitude. Dans le même temps, il a écarté l'hypothèse d'un nouveau resserrement à court terme, réaffirmant la préférence de la Fed pour une approche prudente", comment Tiffany Wilding et Graeme Westwood, économistes PIMCO.
"Cette prudence reflète les incertitudes liées au conflit en Iran et aux risques pesant sur l'approvisionnement énergétique mondial, ainsi que les interrogations quant à la transmission durable de la hausse des prix du pétrole aux salaires et aux anticipations d'inflation aux États-Unis".
Rendez-vous à 14h45 pour la conférence de presse de la BCE.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1470$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
La moyenne mobile à 200 jours (en marron) a été rompue sans ménagement, avec pullback consécutif à valeur de confirmation. La moyenne mobile à 20 jours (en bleu foncé), vient de croiser à la baisse, en l'espace d'une poignées de séances seulement, sa consœur à 50 jours (en orange) et la courbe de tendance de fond précédemment citée.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est négatif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1474 USD. L'objectif de cours de notre scénario baissier se situe à 1.1013 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1611 USD.
L'espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 461 pips et le risque de perte s'établit à 137 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
