(BFM Bourse) - Cet article, en accès libre, est produit par l'équipe de recherche en analyse et stratégie boursière de BFM Bourse. Pour ne manquer aucune opportunité, consultez l'intégralité des analyses et découvrez nos portefeuilles en accédant à notre espace Privilèges.
La paire de devises Euro / Dollar rompait les 1,16$ jeudi, en l'absence d'avancées diplomatiques entre Washington et Téhéran, et sous la pression d'un baromètre d'activité dans les services très décevant en Zone Euro.
Donald Trump a déclaré que la situation avec Téhéran était "sur le fil", entre un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et une reprise des frappes contre l'Iran.
"C'est sur le fil, croyez-moi. Si nous n'obtenons pas les bonnes réponses, cela peut aller très vite. Nous sommes tous prêts à agir. Il faut obtenir les bonnes réponses. Elles devront être entièrement, à 100 %, satisfaisantes", a averti le président américain.
L'Iran aurait durci sa position sur l'uranium enrichi, une initiative qui risque fort de compromettre les espoirs sur une résolution du conflit entre Téhéran et Washington. Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, considère que le stock d'uranium hautement enrichi de la République islamique doit rester en Iran, selon Reuters citant deux sources iraniennes de haut rang.
Hier les cambistes ont pris connaissance à 11h00 des données finales des prix à la consommation en avril dans l'union monétaire. Pas d'écart à signaler par rapport aux premières estimations, avec une inflation "core" à 2,2% en rythme annuel.
En fin de matinée ce sont les premières estimations de l'indice PMI Services en Zone Euro qui ont fait reculer la monnaie unique. Le score ressort très largement en deçà de la barre des 50 points, à 46,4, et marque donc une contraction sévère de l'activité.
"Le secteur des services subit de plein fouet les répercussions de la guerre sur le coût de la vie, la hausse des prix de l'énergie ayant notamment fait chuter le niveau de la demande", a commenté Chris Williamson, Chief Business Economist à S&P Global Market Intelligence, qui analyse également les données "composite" (tenant compte également du score industriel): "les fortes perturbations d'approvisionnement engendrées par la guerre s'intensifient, l'enquête signalant en effet des retards de livraison de plus en plus importants. Or, ces tensions sur les chaînes d'approvisionnement ne menacent pas seulement la croissance de l'activité dans les mois à venir, mais risquent également de renforcer les tensions inflationnistes."
"Compte tenu de la hausse des indices des prix enregistrée en mai, on peut d'ores et déjà anticiper un rythme d'inflation proche des 4 % dans les prochains mois. Conjuguée à des signes toujours plus nombreux d'un retour de la contraction dans la zone euro, cette tendance place la BCE devant une situation de plus en plus délicate."
La seule composante industrielle allemande repasse symboliquement sous les 50 points, à 49,9. Rappelons que le seuil des 50 sépare par construction une expansion d'une contraction de l'activité.
Le Brent repart à hausse au-dessus des 107$ le baril à l'heure où nous rédigeons ces lignes.
A suivre à 14h30 le Philly Fed et les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage outre Atlantique.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1595$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
D'un point de vue technique, la paire euro/dollar se heurte désormais à une zone charnière. Après avoir effacé une grande partie de son repli lié à la phase aiguë du conflit, elle évolue au contact de la borne haute de son trading range. Cette configuration traduit une compression de volatilité et une hésitation marquée des intervenants, incapables pour l'instant de déclencher une impulsion durable. En l'absence de catalyseur clair — qu'il soit macroéconomique, monétaire ou géopolitique — la paire reste contenue sous cette résistance majeure (1,1825$), dans une phase d'attente susceptible de déboucher sur un mouvement plus directionnel une fois cet équilibre rompu.
La bougie en pendu du 11 mai a envoyé un signal technique négatif, qui s'est soldée par une accélération baissière sous la forme d'une rupture de la moyenne mobile à 200 jours (en marron).
Un rééquilibrage temporaire des forces en présence en cours, avant un redémarrage baissier.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est négatif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1604 USD. L'objectif de cours de notre scénario baissier se situe à 1.1203 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1701 USD.
L'espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 401 pips et le risque de perte s'établit à 96.999999999998 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
