(BFM Bourse) - Cet article, en accès libre, est produit par l'équipe de recherche en analyse et stratégie boursière de BFM Bourse. Pour ne manquer aucune opportunité, consultez l'intégralité des analyses et découvrez nos portefeuilles en accédant à notre espace Privilèges.
La rupture baissière des 1,16$ se confirmait pleinement, à l'approche de la publication à 14h30 des prix américains à la consommation et à la veille de l'issue d'un nouveau Conseil des Gouverneurs de la BCE. Un Conseil qui est forcément percuté par la situation géopolitique et con corollaire: la fermeté désormais chronique des cours du brut et ses conséquences sur l'inflation, conséquences d'autant plus fortes que la Zone Euro reste très dépendante des importations pour l'énergie fossile.
"Le retour de l'inflation devrait pousser la Banque centrale européenne (BCE) à augmenter ses taux le 11 juin malgré le risque d'un ralentissement de la croissance en zone euro. Un dilemme qui devrait limiter ce nouveau cycle de resserrement monétaire", pour Raphael Dupuy-salle, Gérant de taux - Listed Assets, Sienna IM.
"Ce choc exogène remet en cause la politique de statu quo que l'institution européenne avait adoptée depuis un an. Il est clair qu'avec un conflit qui s'éternise, la BCE se retrouve en quelque sorte piégée entre une inflation qui va continuer à augmenter, et une activité qui va commencer à ralentir."
Le marché s'attend donc clairement à une première hausse des taux demain, mais l'enjeu sera de décrypter, dans la moindre inflexion d'éléments de langage, la possibilité d'une nouvelle hausse du loyer de l'Euro d'ici la fin de l'année.
Christopher Dembik, Conseiller en stratégie d'investissement Pictet Asset Management a un regard critique sur l'attitude de la BCE, en prenant un certain recul historique: "À bien des égards, la BCE est l'héritière de la Bundesbank. Elle est encore influencée par son idéologie et sa peur viscérale de l'inflation. Après le choc pétrolier de 1973, la Bundesbank avait réagi plus rapidement que les autres banques centrales, ce qui lui avait permis de contenir davantage l'inflation. Aujourd'hui, la BCE semble vouloir s'inspirer de ce précédent. Pas certain qu'elle ait raison. Contrairement à la décennie 1970, tout porte à croire que l'inflation actuelle est transitoire et que son point haut pourrait être atteint cet été autour de 3,7%."
Réponse et verdict demain à 14h15 pour les taux proprement dit et surtout à 14h45 pour la traditionnelle conférence de presse, dont les moments forts seront commentés en direct dans l'émission BFM Bourse sur BFM Business. La conférence de presse, qui dure en général 1 heure, est composée d'un discours, et d'une session de questions / réponses.
"Sur le plan politique, trois des quatre principales économies européennes, la France, l'Italie et l'Espagne, tiendront des élections l'an prochain, la France concentrant l'essentiel de l'attention. À l'approche de ces scrutins, nous anticipons un assouplissement budgétaire significatif dans l'ensemble de la région ; c'est après tout ce que la plupart des gouvernements ont tendance à faire en période électorale", analyse David Zahn, Responsable de la gestion obligataire européenne chez Franklin Templeton
"En France, la dynamique de campagne devrait s'intensifier à partir de septembre-octobre de cette année, entraînant une attention accrue portée aux candidats et à leurs programmes. Selon nous, cela devrait peser sur les marchés obligataires. Les spreads français se sont resserrés à environ 65 à 70 points de base par rapport à l'Allemagne, un niveau qui nous paraît trop faible compte tenu de la dégradation de la trajectoire budgétaire du pays et du niveau élevé de risque politique. Nous estimons que leur juste valeur se situe davantage autour de 100 points de base."
Les cambistes continuent par ailleurs de suivre les développements de la guerre au Moyen Orient, dont l'enlisement ou pire, un nouvel épisode d'embrasement, viendrait à peser davantage sur l'Euro. Le regain de tensions en Iran pèse sur l'appétit général pour le risque. Les États-Unis ont mené des frappes contre des sites iraniens le long du détroit d'Ormuz en réponse à la perte d'un hélicoptère Apache attribuée à une offensive de Téhéran. L'Iran a démenti avoir abattu l'appareil et a annoncé avoir visé des bases américaines.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1550$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Le support intermédiaire à valeur de garde-fou à 1,160$ a été rompu vendredi, dans une volatilité très importante, donnant du crédit à notre scénario baissier en direction des 1,1202$.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est négatif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1559 USD. L'objectif de cours de notre scénario baissier se situe à 1.1203 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1651 USD.
L'espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 356 pips et le risque de perte s'établit à 92 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
