ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
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L’euro aborde cette nouvelle semaine dans une configuration favorable face au dollar, après avoir gagné près de 1 % la semaine dernière et retrouvé la zone des 1,17 dollar. Le mouvement repose moins sur une rupture fondamentale en faveur de la zone euro que sur une fragilisation du billet vert, dans un environnement marqué par les tensions sur la dette américaine, les interrogations autour de la politique de la Réserve fédérale et une semaine macroéconomique particulièrement chargée.
Aux États-Unis, l’économie continue pourtant d’afficher une certaine solidité. Les derniers indices PMI ont confirmé la bonne tenue de l’activité en août. Le PMI composite s’est établi à 56, son meilleur niveau depuis plus de quatre ans, porté notamment par les services à 56,8. Le secteur manufacturier reste également en expansion, avec un indice à 53,2. Ces données témoignent d’une économie américaine encore robuste et compliquent la tâche de la Fed, qui doit ramener durablement l’inflation vers son objectif sans provoquer un ralentissement excessif de l’activité.
La question des taux reste donc centrale pour l’évolution de l’EUR/USD. Les rendements américains se maintiennent à des niveaux particulièrement élevés, avec un taux à 10 ans autour de 4,7 % et un 30 ans supérieur à 5,25 %. Habituellement, une hausse des rendements américains soutient le dollar en augmentant l’attractivité des actifs libellés dans cette devise. Mais le mouvement actuel est plus ambigu : une partie de la hausse des taux reflète désormais les inquiétudes concernant l’inflation, les déficits publics et la trajectoire de la dette américaine.
C’est précisément cette évolution qui pèse sur le billet vert. La dette fédérale a dépassé 40 000 milliards de dollars, tandis que le déficit reste supérieur à 6 % du PIB et que la charge d’intérêts devient de plus en plus lourde. L’intervention du Trésor américain la semaine dernière, avec le renforcement de son programme de rachats d’obligations longues, n’a apporté qu’un répit temporaire au marché obligataire. Les rendements sont rapidement repartis à la hausse, mais sans entraîner de véritable rebond du dollar. Le marché semble donc considérer qu’une hausse des taux provoquée par une augmentation du risque budgétaire n’a pas les mêmes implications positives pour la devise qu’une hausse résultant simplement d’une économie plus dynamique.
La Fed sera logiquement au centre de l’attention cette semaine. Les investisseurs estiment désormais à environ 40 % la probabilité d’une nouvelle hausse des taux en septembre. Cette anticipation pourra fortement évoluer avec les nombreuses statistiques attendues dans les prochains jours. Mercredi concentrera l’essentiel de l’agenda américain avec la publication de l’inflation PCE, mesure privilégiée par la Fed, mais également des revenus et dépenses des ménages, des commandes de biens durables et de la seconde estimation du PIB du deuxième trimestre.
Le point culminant interviendra vendredi avec le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole. Les investisseurs chercheront à déterminer si le président de la Fed confirme la nécessité de maintenir une politique monétaire restrictive, voire de procéder à un nouveau relèvement des taux, ou s’il adopte une position plus prudente face aux tensions observées sur le marché obligataire. Dans un marché déjà particulièrement sensible aux anticipations monétaires, le moindre changement de ton pourrait provoquer d’importants mouvements sur les rendements américains et, par conséquent, sur le dollar.
En zone euro, la situation économique s’améliore également. Les derniers PMI ont agréablement surpris, avec un indice composite remonté à 52,1 en août, son meilleur niveau depuis novembre. La dynamique provient principalement de l’industrie manufacturière, dont l’activité a enregistré sa plus forte progression depuis plusieurs années, tandis que les nouvelles commandes se redressent et que les exportations renouent avec la croissance. La zone euro montre ainsi une résistance supérieure aux attentes malgré la hausse des prix de l’énergie et les tensions géopolitiques.
Cette amélioration réduit également la marge de manœuvre de la BCE. Les marchés anticipent toujours au moins une nouvelle hausse de taux d’ici la fin de l’année et attribuent une forte probabilité à un mouvement dès la réunion du 10 septembre. Tant que l’activité résiste et que les pressions inflationnistes demeurent présentes, notamment en raison des prix élevés de l’énergie, la BCE conserve des arguments pour maintenir une politique monétaire restrictive.
L’écart de politique monétaire entre les États-Unis et la zone euro reste donc un élément déterminant pour l’EUR/USD. Jusqu’à présent, les rendements américains nettement supérieurs auraient théoriquement dû soutenir davantage le dollar. Mais les préoccupations budgétaires américaines modifient progressivement cette relation. Dans le même temps, la résilience de l’économie européenne et les anticipations de resserrement supplémentaire de la BCE apportent un soutien à la monnaie unique.
Le pétrole constituera également un facteur à surveiller. Le Brent évolue autour de 93 à 94 dollars le baril dans un contexte toujours tendu entre les États-Unis et l’Iran. Une nouvelle accélération des prix de l’énergie pourrait raviver les tensions inflationnistes des deux côtés de l’Atlantique et modifier rapidement les anticipations concernant les prochaines décisions de la Fed et de la BCE.
Techniquement, notre scénario haussier sur l’EUR/USD continue de se dérouler comme anticipé. L’euro a franchi la semaine dernière sa moyenne mobile à 200 jours, un signal technique important qui a permis de libérer un nouveau potentiel haussier. Tant que les cours se maintiennent au-dessus de cette moyenne mobile, le biais reste favorable à une poursuite de l’appréciation de la monnaie unique.
L’objectif principal demeure situé autour de 1,18 dollar, niveau que nous continuons de privilégier à court terme. Après la récente accélération, des phases de consolidation restent naturellement possibles. Les replis en direction de la moyenne mobile à 200 jours doivent désormais être considérés comme des opportunités de court terme pour se repositionner à l’achat dans la tendance, tant que ce support dynamique reste préservé.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est positif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1666 USD. L’objectif de cours de notre scénario haussier se situe à 1.1800 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1300 USD.
L’espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 134 pips et le risque de perte s’établit à 366 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
