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Patatras ! La prise de parole cette nuit de D Trump - sa première allocution radiotélévisée formelle depuis le début de la guerre au Moyen-Orient - aura finalement soulevé plus de questions qu'elle n'aura apporté de réponse au marché, qui se perd en conjecture sur une date de fin de guerre. Pire, la réouverture de l'artère vitale que constitue le détroit d'Ormuz semble ne plus constituer un objectif de guerre pour Washington qui laisse les Européens s'en occuper... Sans surprise, le brut est reparti vivement à la hausse, à 110,40$ le baril de WTI, et l'Euro / Dollar suit le chemin inverse, à 1,1530$.
Le président américain, Donald Trump, a en effet pris la parole dans la soirée de mardi à mercredi. Le pensionnaire de la Maison Blanche a déclaré qu'il prévoyait la fin de la guerre "d'ici deux semaines, peut-être trois" et que, même si un accord avec l'Iran était envisageable, un tel accord n'était pas indispensable pour que les États-Unis mettent fin au conflit.
Le président américain a menacé, lors de son discours dans la nuit du 1er au 2 avril, de ramener l'Iran à l'"âge de pierre" avec des bombardements massifs pendant encore deux à trois semaines. Téhéran promet une réponse "écrasante".
"Les messages envoyés par plusieurs membres de la BCE depuis le début de l'intervention militaire en Iran ont été tellement incisifs que les marchés financiers (via les contrats swaps et les futures sur taux d'intérêt) ont intégré à un moment donné la possibilité de 2 à 3 hausses de taux en 2026…soit un resserrement total potentiel de 50 à 75 points de base d'ici fin 2026 (!)", remarque Alexandre Baradez (IG france) qui alerte des risques d'un excès de zèle de la BCE, en situation bien inconfortable il est vrai.
"Si ce scénario se matérialisait, il constituerait un vrai risque pour l'activité économique en zone euro alors même que la prévision de croissance 2026 a été récemment abaissée…par la BCE, de 1.2% à 0.9%."
C'est cette difficulté de prévoir l'impact de la crise sur l'inflation qui est au cœur de la problématique pour les cambistes. En tous cas le risque est plus fort de ce côté-ci de l'Atlantique en raison d'une dépendance énergétique plus importante.
Les économistes d'Astérès prennent le cas de la France, seconde puissance économique de la Zone Euro: "Le risque futur est celui d'une diffusion de la hausse des prix de l'énergie à l'ensemble de l'économie. C'est le mécanisme des effets de second tour : confrontées à des coûts énergétiques plus élevés, les entreprises peuvent être tentées de répercuter ces surcoûts dans leurs prix de vente. En retour, les salariés peuvent demander des revalorisations pour compenser la perte de pouvoir d'achat, alimentant ainsi une boucle prix salaires. Avec un conflit au Moyen-Orient, dont l'issue reste incertaine, les prix de l'énergie pourraient demeurer durablement élevés. Si l'inflation venait à se propager à l'ensemble de l'économie, le spectre de 2022 resurgirait, mais avec une intensité moindre en raison d'une croissance et d'une consommation atone."
A suivre à 14h30 les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage outre Atlantique. On aura noté les dépassement de consensus sur les dernières statistiques économiques américaines, notamment concernant la sacro-sainte consommation: ventes de détail et Conference Board de confiance des ménages.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1530$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Le spot teste actuellement sa moyenne mobile à 20 jours (en bleu foncé), une résistance dynamique depuis le 18 février. Une ultime phase de reflux, avant reprise franche, reste le scénario technique central (50%). Ce test est particulièrement mal engagé.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est négatif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1525 USD. L'objectif de cours de notre scénario baissier se situe à 1.1013 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1666 USD.
L'espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 512 pips et le risque de perte s'établit à 141 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
