ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
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L’euro retrouve du terrain face au dollar, avec une paire EUR/USD revenue autour de 1,156, proche de ses meilleurs niveaux depuis la mi-juin. Ce mouvement trouve principalement son origine aux États-Unis, où la nette dégradation du marché du travail a refroidi les anticipations de hausse des taux de la Réserve fédérale. À cela s’ajoutent les incertitudes géopolitiques autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz, qui maintiennent une pression sur les prix de l’énergie et compliquent davantage l’équation des banques centrales.
Le principal élément ayant récemment pesé sur le billet vert est le rapport sur l’emploi américain de juillet. L’économie américaine a détruit 23 000 emplois sur le mois, alors que les économistes anticipaient au contraire 80 000 créations de postes. La mauvaise surprise ne vient pas uniquement du chiffre de juillet : les créations d’emplois des deux mois précédents ont également fait l’objet d’importantes révisions à la baisse. La dynamique du marché du travail apparaît donc sensiblement moins robuste que ce que les premières estimations laissaient penser.
Le taux de chômage a pourtant reculé à 4,1 %, mais ce chiffre doit être nuancé par la baisse du taux de participation à la population active, tombé à 61,4 %, son niveau le plus faible depuis près de cinq ans et demi. Une partie de la diminution du chômage s’explique donc par un nombre moins important de personnes présentes sur le marché du travail.
La réaction des marchés a été immédiate. Le rendement américain à 2 ans, particulièrement sensible aux anticipations concernant la politique de la Fed, est retombé à 4,245 %, tandis que celui à 10 ans a reculé autour de 4,65 %. Cette combinaison, emploi plus faible, rendements obligataires en baisse et anticipation d’une Fed moins restrictive, explique en grande partie le rebond récent de l’euro face au dollar.
Après l’emploi, l’attention se déplace désormais vers l’inflation américaine. La publication mercredi de l’indice des prix à la consommation sera déterminante pour savoir si le scénario d’une nouvelle hausse des taux de la Fed doit réellement être repoussé. Le consensus anticipe une progression mensuelle de 0,2 % du CPI core, qui exclut l’énergie et l’alimentation, tandis que l’inflation annuelle devrait ralentir à 2,5 %, après 2,6 % en juin.
Une inflation conforme ou inférieure aux attentes, combinée à la faiblesse récente de l’emploi, réduirait encore les arguments en faveur d’un nouveau resserrement monétaire. Ce scénario pourrait continuer à peser sur les rendements américains et, par extension, sur le dollar. À l’inverse, une inflation supérieure aux prévisions pourrait rapidement modifier les anticipations. Si les pressions sur les prix restent suffisamment importantes, les investisseurs pourraient recommencer à intégrer une hausse des taux de la Fed malgré la détérioration du marché du travail.
D’autres statistiques permettront ensuite d’affiner le diagnostic, avec les prix à la production jeudi puis les ventes au détail vendredi.
Le changement d’anticipations monétaires est déjà important. Après le rapport sur l’emploi, les marchés ont nettement réduit la probabilité d’un mouvement de la Fed dès septembre. Celle-ci est revenue autour de 44 %, contre 67 % une semaine auparavant. Autrement dit, le scénario d’un maintien des taux en septembre est désormais devenu majoritaire.
Le marché ne semble donc pas abandonner totalement l’hypothèse d’une nouvelle hausse des taux, mais plutôt la repousser dans le temps. Si l’économie américaine continue à montrer des signes de ralentissement, la Fed aura davantage de difficultés à justifier un resserrement supplémentaire dès septembre.
La situation européenne apporte néanmoins quelques nuances. Les marchés ont également ajusté leurs anticipations concernant la BCE et évaluent désormais son taux de dépôt autour de 2,72 % en mars 2027, contre 2,25 % actuellement. L’évolution de l’EUR/USD dépendra donc largement de la vitesse à laquelle les anticipations monétaires évolueront de chaque côté de l’Atlantique. À court terme, c’est surtout le changement de perception concernant la Fed qui soutient la monnaie européenne.
La macroéconomie n’est cependant pas le seul moteur du marché des changes. Les investisseurs restent particulièrement attentifs à la situation autour de l’Iran et aux négociations concernant la réouverture du détroit d’Ormuz. L’Iran a indiqué qu’un accord avec Oman définissant de nouvelles routes maritimes approchait de sa finalisation, mais plusieurs conditions concernant notamment les États-Unis restent encore à satisfaire. L’incertitude demeure donc importante sur la normalisation des flux énergétiques dans cette région stratégique.
Le Brent évolue dans ce contexte autour de 84 dollars le baril. Une énergie durablement chère peut entretenir l’inflation au moment même où certains indicateurs économiques commencent à se détériorer. Pour la Fed comme pour la BCE, cela compliquerait les décisions de politique monétaire : soutenir une économie qui ralentit devient plus difficile lorsque les tensions inflationnistes persistent. À court terme, l’évolution du pétrole et les négociations autour du détroit d’Ormuz restent donc susceptibles de perturber le scénario actuellement favorable à l’euro.
Sur le plan graphique, l’EUR/USD évolue toujours dans un large range compris entre 1,13 et 1,18. Ces deux niveaux constituent respectivement la principale zone de support et la principale résistance à surveiller.
Après être revenu sur la borne basse de cette zone, l’euro a construit un double creux autour de 1,13 avant d’entamer un mouvement de reprise. La paire évolue désormais autour de 1,156 et se rapproche de sa moyenne mobile à 200 jours, située approximativement au centre du range.
Cette moyenne mobile représente le prochain véritable test technique. Son franchissement permettrait de confirmer l’amélioration de la dynamique et renforcerait le scénario d’une poursuite du rebond vers la partie supérieure du range, autour de 1,18.
À court terme, les replis sous 1,15 peuvent ainsi constituer des zones intéressantes pour chercher à accompagner ce mouvement de reprise. Le premier enjeu reste le franchissement de la moyenne mobile à 200 jours, avant d’envisager un retour sur les plus hauts du range. À l’inverse, une rupture de 1,13 invaliderait le double creux et remettrait clairement en question ce scénario de rebond.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est positif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1561 USD. L’objectif de cours de notre scénario haussier se situe à 1.1800 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1300 USD.
L’espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 239 pips et le risque de perte s’établit à 261 pips.
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