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L'Euro restait engoncé dans une zone technique fine de latéralisation autour des 1,1615$, les cambistes continuant de digérer le contenu solide du dernier rapport fédéral sur l'emploi américain. Pour rappel, si la dynamique des salaires horaires moyens (+0,3%) tout comme le taux de chômage (4,1% de la population active) ne se sont pas écartés d'un iota de leurs consensus respectifs, les créations de postes ont agréablement surpris, à 162 000 nouvelles unités, contre une cible à 55 000 et 21 000 en données révisées pour juillet.
Baromètre de référence de l'appétit pour le risquer sur les marchés financiers, la monnaie unique faisait pourtant montre de résistance, alors que le CAC et le DAX perdait respectivement 1,86% et 1,55% à l'heure où nous écrivions ces lignes, dans un contexte de cherté des cours du brut, dans une actualité géopolitique pour le moins tendue.
Les États-Unis ont attaqué cinq pétroliers iraniens mardi, et où l'Iran a répliqué mercredi en affirmant avoir frappé une base américaine en Jordanie et plusieurs navires. Les échanges de frappes entre les États-Unis et l'Iran ont encore fait grimper les cours du pétrole, dont le baril de Brent pour livraison novembre qui a dépassé le seuil d'alerte des 100 dollars ce mercredi matin, pour la première fois depuis le 24 juillet.
Cette orientation à la hausse des prix de l'énergie, dont le brut est la locomotive, a un impact naturellement sur l'inflation, et le thème sera naturellement au cœur des débats de la banque centrale européenne qui achève son Conseil des Gouverneurs de rentrée demain. Si le scénario d'un relèvement de 25 points de base de la rémunération des taux directeurs paneuropéens est quasiment acquis, l'enjeu est ailleurs, à savoir obtenir des éclaircissements sur l'après.
Martin Wolburg, économiste senior chez Generali Investments, partage ses perspectives: "Lors de sa réunion du 10 septembre, la BCE devrait relever son taux directeur de 25 points de base, à 2,5 %. La nouvelle escalade du conflit en Iran a accru les risques de hausse de l'inflation, notamment par le biais d'éventuels effets de second tour sur les salaires, tandis que les dernières données d'activité indiquent une expansion qui non seulement se maintient, mais s'étend. Le ton restrictif du Conseil des gouverneurs et le compte-rendu de la dernière réunion renforcent les arguments en faveur d'une intervention en septembre. Nous nous attendons à ce que la présidente Lagarde conserve une position prudente et restrictive, laissant la porte ouverte à de nouveaux resserrements. Toutefois, nous considérons ce passage en territoire restrictif principalement comme un ajustement de gestion des risques plutôt que comme le début d'un nouveau cycle de hausse des taux."
"La possibilité d'une pause prolongée, avec des taux maintenus à 2,5 % après cette réunion, demeure", complète Felix Feather, économiste chez Aberdeen. "Les mesures de l'inflation sous-jacente ont continué de ralentir, les pressions salariales restent relativement contenues et les signes d'effets de second tour généralisés liés au choc énergétique demeurent limités. Un tel scénario nécessiterait toutefois probablement une désescalade des tensions entre les États-Unis et l'Iran au Moyen-Orient, afin de réduire les tensions sur les marchés de l'énergie, ce qui ne semble pas imminent à ce stade."
Côté macroéconomie ce début de semaine est maigre en rendez-vous significatif, notamment en raison de la fermeture de Wall Street lundi. Le point d'orgue sera atteint vendredi avec les prix à la consommation aux Etats-Unis, une donnée qui aura, aux yeux de certains gérants, plus de poids que le contenu solide du dernier rapport sur l'emploi dans la décision que rendra la Fed le 16 septembre, à l'issue de son Comité de politique monétaire, l'équivalent américain du Conseil des Gouverneurs.
"Le risque est désormais que les chiffres d'inflation ne soient ni suffisamment bons pour écarter définitivement une hausse, ni suffisamment mauvais pour contraindre la Fed à agir. Le doute pourrait alors persister jusqu'au FOMC, avec le risque de voir se répéter le scénario du mois de juillet : un discours résolument hawkish, mais une Fed qui choisit finalement de ne rien faire. Un nouveau décalage entre les paroles et les actes qui pourrait fragiliser encore davantage la crédibilité de la Fed. Sur les marchés, la sanction pourrait être assez claire : un dollar sous pression et une remontée des taux longs américains", prévient Thomas Giudici, Directeur de la Gestion Obligataire d'Auris Gestion.
Les CPI en assiette large sont attendus en progression de 3,4%, en rythme annuel.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1640$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
La paire de devises Euro / Dollar est en phase de confrontation avec une moyenne mobile à 200 jours (en marron) depuis le 19 août, en recherche de tendance. Aucun signal technique clair ne justifie de prise de position dans un sens ou dans un autre dans l'immédiat, tant que cette latéralisation en marges très étroites se poursuit.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1566 USD et la résistance à 1.1711 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
