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La problématique budgétaire française nourrissait davantage le reflux de l'Euro ce matin, face à un Dollar qui n'aura finalement que peu réagi aux chiffres d'inflation rassurants publiés hier.
C'est ce jeudi que le premier ministre de la deuxième puissance économique de la Zone Euro a présenté la copie budgétaire qui sera soumis aux parlementaires. Après plusieurs semaines d'hypothèses et de tractations, le budget de l'État pour l'année 2027 et celui de la Sécurité sociale ont donc été présentés en conseil des ministres. Un long combat politique pour l'exécutif qui pourrait (au moins) durer jusqu'en décembre.
Le gouvernement entend ramener le déficit à 5% du PIB en 2027, notamment grâce à "la mise en œuvre de 43 milliards d'euros de mesures de redressement", indique-t-il dans son projet de loi de finances consulté par BFMTV et l'AFP. À ces 43 milliards d'euros s'ajoute "la montée en charge de mesures de redressement prises en 2026" et "antérieurement", ce qui amène "l'ensemble des efforts" en 2027 à "54 milliards d'euros", écrit le gouvernement.
Le tout dans un contexte d'accélération de l'inflation en France. Selon une estimation provisoire de l'Insee, les prix à la consommation ont augmenté de 3% sur un an en septembre, contre une hausse de 2,4% en août. Il s'agit du plus haut niveau depuis février 2024. "L'inflation française a bondi à 3,0 % en septembre, un chiffre nettement supérieur aux prévisions, principalement sous l'effet des prix de l'énergie. Cette hausse de l'inflation pèsera à nouveau sur le pouvoir d'achat, à un moment où la consommation s'affaiblit et où la hausse des taux d'intérêt aggrave les difficultés budgétaires de la France", remarquent les économistes d'ING.
Le 10 ans français se rapprochait de plus en plus du seuil des 5%, à 4,904 à l'heure où nous rédigions ces lignes. L'écart par rapport à son homologue allemand, soit le fameux "spread" s'envole à plus de 130 points de base.
Outre Atlantique, les cambistes auront noté hier la décélération de l'inflation au sens des PCE (personal consumption expenditures), la mesure de prédilection de la Fed dans son appréciation de la dynamique des prix. Ces derniers (hors alimentation et énergie) ont progressé de 2,4% en août aux États-Unis, nettement moins que les 3,7% anticipés par le marché, selon l'indice PCE publié par le Bureau of Economic Analysis.
"La lutte contre l'inflation est loin d'être terminée, mais les chiffres d'aujourd'hui vont dans le bon sens. Un recul marqué des prix du pétrole contribuerait à atténuer les pressions inflationnistes. Dans l'immédiat, toutefois, l'attention se porte sur les rendements des obligations du Trésor, qui ont fortement augmenté au cours du mois écoulé, alors même que les actions ont relativement bien résisté. Ce rapport pourrait enfin freiner cette hausse", commente Bret Kenwell, analyste des marchés américains pour etoro.
Dans la foulée, les probabilités d'un relèvement de 25 points de base de la rémunération des Fed Funds à l'issue du FOMC d'octobre sont repassées sous la barre des 40%.
"La hausse des taux de la Fed en septembre ferme, pour l'instant, la fenêtre à une faiblesse généralisée du dollar américain. Cette fenêtre devrait se rouvrir si, comme nous le prévoyons, la Fed procède à un resserrement moins important que ce que les marchés anticipent actuellement. Un véritable cycle de resserrement constitue le principal risque", décrypte Vincent Mortier, directeur des gestions d'Amundi
A suivre les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage aux Etats-Unis à 14h30.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1295$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Après une phase latéralisation, la volatilité baissière relevée et mesurée lundi 14 septembre donne un sens de sortie qui nous permet de reprendre nos positions vendeuses sur la paire de devises phare. L'accroissement de cette volatilité mercredi 16/09, sur rupture de la moyenne mobile à 50 jours (en orange) étaie ce scénario, tout comme la vive accélération baissière du 23 septembre et le pullback chirurgical du 25 septembre, sur le niveau des 1,1411$, basculé en résistance majeure.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est négatif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1299 USD. L'objectif de cours de notre scénario baissier se situe à 1.1013 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1381 USD.
L'espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 286 pips et le risque de perte s'établit à 82 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
