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Dans un marché des changes qui s'interroge plus que jamais sur la durée de la guerre au Moyen Orient, la paire de devises Euro / Dollar restait sous pression face à la fermeté des cours du brut.
Le contrat de mai sur le Brent de mer du Nord est repassé cette nuit au-dessus des 100 dollars le baril et prenait encore 5,7% à 97,31 dollars le baril en début de séance. Celui de même échéance sur le WTI coté à New York prend 5,4% à 91,93 dollars le baril.
Malgré ce malgré l'annonce hier par l'AIE de la mise à disposition progressive sur le marché de réserves stratégiques à hauteur de 400 millions de barils.
"Dans le même temps, le président Trump a déclaré séparément que les États-Unis pourraient frapper encore plus de cibles s'ils le souhaitaient. De tels commentaires ont donc renforcé les craintes que les deux parties se préparent à une opération prolongée, sans signe évident de recul de l'une ou de l'autre", constate de son côté Deutsche Bank.
"Chaque augmentation durable de 10 dollars du baril provoque une diminution de la croissance mondiale de 0.12% en année pleine avec des peines différenciées selon les pays en fonction de leur (in)dépendance énergétique. En tant que producteurs et exportateurs de pétrole, le Canada et l'Amérique latine (Mexique, Brésil) profitent de la situation quand les pays d'Asie émergente (hors Chine) et la zone Euro sont les plus pénalisés avec une baisse de la croissance comprise entre 0.20% et 0.30%" projette Joffrey Ouafqa, Directeur des Gestions d'Auris Gestion.
"L'inflation devrait quant à elle augmenter mécaniquement au sein de ces zones et les regards se tournent désormais vers la réaction des banques centrales face à ce choc inflationniste. Les investisseurs anticipent d'ailleurs maintenant que la BCE augmentera les taux d'ici la fin de l'été..."
Cette perspective d'une guerre éclair s'écarte donc davantage, ce qui rendra inconfortable la position de la Fed, qui réunit la semaine prochaine son Comité de politique monétaire. La crainte d'une résurgence inflationniste par les prix de l'énergie, le tout conjuguée à une détérioration du marché de l'emploi, rendrait l'équation complexe.
Paolo Zanghieri, économiste senior chez Generali Investment prévoit que "la Fed maintiendra son taux directeur inchangé lors de la réunion de la semaine prochaine. Le FOMC est confronté au défi de mettre à jour ses perspectives économiques et monétaires dans un contexte d'incertitude importante, alimentée à la fois par la guerre en cours dans le Golfe et les inquiétudes concernant la résilience du marché du travail face à l'intelligence artificielle."
Rappelons que le dernier bulletin NFP (Non Farm Payrolls) a vivement déçu la communauté financière. Le contenu de ce rapport fédéral mensuel sur l'emploi américain a manqué les attentes sur tous les points. Pourtant ce segment de l'économie montrait des signes de résilience impressionnants depuis le début de l'année. Ce qui a très désagréablement surprise, outre le retour du chômage à 4,4% de la population active, ce sont les destructions nettes de postes dans le secteur privé non agricole (-92 000), là où le consensus laissait augurer 58 000 créations.
A suivre à 13h30 les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage outre Atlantique. Concernant les prix à la consommation publiés hier, ils ne se sont pas écartés d'un iota de la cible, à +2,4% annuel, dans l'assiette de produits la plus large. Demain la séance sera dense en rendez-vous "macro" importants avec entre autres, les prix PCE, les commandes de biens durables, le PIB, les dépenses et revenus de ménages et l'indice de confiance des consommateurs U-Mich.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1560$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Le décrochage de ce lundi met fin à une consolidation à plat au-dessus d'une moyenne mobile (la "100 jours") qui vient de rompre sans ménagement. Le signal est négatif avant le test décisif de la moyenne mobile à 200 jours (en marron). Cette courbe de tendance de fond été rompue mardi 03 mars, sans ménagement, dans une volatilité importante.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est négatif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1562 USD. L'objectif de cours de notre scénario baissier se situe à 1.1203 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1676 USD.
L'espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 359 pips et le risque de perte s'établit à 114 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
