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Dans une ambiance tendue en raison de la guerre au Moyen et Proche Orient, l'appétit pour le risque se contractait davantage, provoquant une poursuite du reflux de l'Euro face à un Dollar ragaillardi par l'explosion des cours du brut. Le WTI (brut léger texan) passait les 75$ sur fond de perturbation de l'offre et d'absence de visibilité sur la réouverture du détroit d'Ormuz. Rappelons qu'il cotait sous les 55$ à la mi-décembre. Le Brent, la référence de la Mer du Nord, frôle pour sa part les 80$ le baril.
Pour rappel, les États-Unis et Israël ont lancé dans la nuit de vendredi à samedi l'opération "fureur épique" contre le pays, avec notamment la mort du guide suprême iranien Ali Khameini, samedi. L'Iran de son côté enchaîne plusieurs frappes contre ses voisins du Golfe en réponse aux raids américano-israéliens.
"La question clé pour l'économie mondiale reste de savoir si le détroit d'Ormuz pourrait être effectivement fermé aux exportations de pétrole et de gaz pendant plus de quelques semaines. Une perturbation prolongée nuirait à la croissance mondiale et ferait sensiblement augmenter l'inflation. Par exemple, une hausse durable du prix du pétrole de 15 USD par baril pourrait augmenter le niveau des prix à la consommation aux États-Unis de près de 0,5 % et réduire en conséquence les gains de revenus disponibles", alerte Martin van Vliet, Stratégiste Fixed Income de Robeco.
"La situation reste très instable et la durée du conflit est incertaine, avec des risques potentiels pour l'approvisionnement énergétique, le fret maritime dans le détroit d'Ormuz, le transport aérien et le tourisme", explique Deutsche Bank dans un commentaire de marché publié ce lundi matin. Or, le détroit d'Ormuz est un goulet d'étranglement pour le transport du pétrole au Moyen-Orient, par lequel transite environ 20% de l'approvisionnement mondial en pétrole, précise Janus Henderson.
Le nœud du problème est donc indirectement celui de la durée du conflit, estimée à 4 semaines, par le très imprécis et imprédictible locataire de la Maison Blanche. La perturbation de l'offre de brut, à court terme en tous cas est directement corrélé à ce nombre de semaines, que les salles des marchés ont un mal fou à estimer. Ce qui provoque une volatilité importante sur le brut, un peu moins sur le VIX il est vrai.
"Tant que l'approvisionnement en pétrole se poursuit, il s'agit d'un événement volatil et non systémique, mais cela confirme que la géopolitique est désormais structurellement intégrée au cycle d'investissement. À court terme, cela alimente le risque d'inflation, la vigueur du dollar américain et la dispersion des classes d'actifs. La volatilité de l'énergie, l'incertitude inflationniste et la dispersion régionale redeviennent des caractéristiques déterminantes du marché", décrypte Monica Defend, Directrice d'Amundi Investment Institute.
Sur le front statistique, le baromètre d'activité industriel ISM a dépassé les attentes, à 52,4. De quoi repousser davantage les perspectives calendaires d'un nouvel assouplissement monétaire de la Fed. A noter que les toutes premières estimations d'inflation en Zone Euro à 2,4% annuel pour le mois de février, ont dépassé les attentes (2,2%), hors éléments volatils. Et ce alors que les impacts de la hausse actuelle du brut ne sont pas encore répercutés sur les prix.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1600$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Le décrochage de ce lundi met fin à une consolidation à plat au-dessus d'une moyenne mobile (la "100 jours") qui vient de rompre sans ménagement. Le signal est négatif avant le test décisif de la moyenne mobile à 200 jours (en marron).
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est négatif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1602 USD. L'objectif de cours de notre scénario baissier se situe à 1.1341 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1701 USD.
L'espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 261 pips et le risque de perte s'établit à 99 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
