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Les cambistes vont aborder deux rendez-vous monétaires majeurs cette semaine, à savoir une réunion du Comité de politique monétaire de la Fed et un Conseil des Gouverneurs de BCE, dont les issues respectives sont programmées mercredi et jeudi. La géopolitique viendra naturellement une nouvelle fois percuter la réflexion des sages et des grands argentiers, dans un contexte de cherté désormais chronique du pétrole.
"Le Wall Street Journal a rapporté cette nuit que Trump et ses collaborateurs se montrent sceptiques face à l'offre de l'Iran (que nous avons évoquée hier) visant à rouvrir le détroit d'Ormuz tout en reportant les négociations sur le nucléaire à une date ultérieure", constate Deutsche Bank. "L'article du Wall Street Journal laisse entendre que la Maison Blanche devrait présenter une contre-proposition à Téhéran dans les prochains jours", ajoute la banque allemande.
"Pour les banques centrales, la situation demeure complexe. Elles doivent évaluer l'ampleur, la persistance et la transmission du choc actuel sur les prix de l'énergie. Mais elles doivent également être suffisamment proactives pour contenir les anticipations d'inflation et éviter ainsi une hausse durable des taux d'inflation. Sauf surprise haussière très marquée dans les données d'inflation flash (CPI) publiées jeudi matin, la Banque centrale européenne devrait maintenir ses taux inchangés cette semaine", anticipe Felix Feather, économiste chez Aberdeen.
"La présidente Christine Lagarde pourrait toutefois profiter de sa conférence de presse pour préparer le terrain en vue de premières hausses de taux dès le mois de juin. Les décideurs chercheront à obtenir davantage de visibilité sur l'ampleur du choc, notamment sur le degré et la durée des perturbations des chaînes d'approvisionnement, ainsi que sur leurs effets sur le comportement de fixation des prix. Il existe de bonnes raisons de penser que les entreprises disposeront de moins de capacité à répercuter la hausse des coûts sur les consommateurs qu'en 2022, période marquée par un rattrapage de la demande et des marchés du travail historiquement tendus".
"Jeudi, la guerre en Iran sera probablement un thème de risque majeur, tandis qu'une petite hausse « de précaution » en juin devrait rester d'actualité, ramenant les taux vers la limite supérieure de la zone neutre", prévient Martin Wolburg, économiste senior chez Generali Investments. Les derniers baromètres d'activité PMI, et les scores catastrophiques des indices zew et ifo allemands ne plaident en tous cas pas pour de un affermissement de la politique monétaire quant à cette échéance.
Avec des enjeux quelque peu différents en raison d'une dépendance moindre des Etats-Unis aux importations de brut, la Réserve fédérale américaine (Fed) débute ce mardi son FOMC. L'occasion de prendre le pouls du choc énergétique auprès des membres de la Fed, dont le prochain président devrait sauf surprise se nommer Kevin Warsh. "L'annonce vendredi de l'abandon de l'enquête du DOJ sur Jerome Powell, ouvrant la voie à la nomination de Kevin Warsh comme prochain président de la Fed, devrait faire du choix de Jerome Powell de rester ou non à la tête de l'institution un enjeu central dans le débat sur l'indépendance de la Réserve fédérale."
L'avocat multimillionnaire est difficile à cerner: ses commentaires étaient plutôt faucon (belliciste en matière de politique monétaire) lorsqu'il était membre du Board au tournant des années 2010, il a critiqué ces derniers mois les positions de fermeté de J Powell, Il a aussi loué "les politiques procroissance portées par le président Trump" grâce auxquelles "les Etats-Unis vont croitre plus vite que les autres grandes économies". Selon lui, la banque centrale doit notamment "abandonner le dogme selon lequel l'inflation est causée par une croissance économique trop forte et des salaires trop élevés". L'inflation arrive "quand le gouvernement dépense trop".
A suivre à 16h00 l'indice de confiance des consommateurs américains (Conference Board), un baromètre sensible sur la santé du premier moteur, structurellement, de création de richesse nationale outre Atlantique.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1690$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
D'un point de vue technique, la paire euro/dollar se heurte désormais à une zone charnière. Après avoir effacé une grande partie de son repli lié à la phase aiguë du conflit, elle évolue au contact de la borne haute de son trading range. Cette configuration traduit une compression de volatilité et une hésitation marquée des intervenants, incapables pour l'instant de déclencher une impulsion durable. En l'absence de catalyseur clair — qu'il soit macroéconomique, monétaire ou géopolitique — la paire reste contenue sous cette résistance majeure (1,1825$), dans une phase d'attente susceptible de déboucher sur un mouvement plus directionnel une fois cet équilibre rompu.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1608 USD et la résistance à 1.1765 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
