(BFM Bourse) - Cet article, en accès libre, est produit par l'équipe de recherche en analyse et stratégie boursière de BFM Bourse. Pour ne manquer aucune opportunité, consultez l'intégralité des analyses et découvrez nos portefeuilles en accédant à notre espace Privilèges.
A l'heure d'une crainte d'entrée en stagflation en Europe et de résurgences inflationnistes concrètes aux Etats-Unis, les cartes monétaires sont rebattues, et les cambistes tentent, avec le peu de certitudes dont ils disposent, d'affiner les trajectoires relatives des taux de part et d'autre de l'Atlantique. Une inconnue majeure est, entre autre, la date de réouverture puis de normalisation du trafic maritime commerciale dans le détroit d'Ormuz.
De ce côté-ci de l'Atlantique, le prochain rendez-vous monétaire, à savoir le Conseil des Gouverneurs, est programmé le mois prochain. Le numéro d'équilibriste de Mme Lagarde est simple sur le papier, mais périlleux dans sa réalisation: tenter de rassurer le marché sur la hausse des prix, sans casser le peu de croissance qu'il reste.
"Cependant, tous les membres de la BCE ne s'accordent pas sur une hausse des taux en juin", relèvent les économistes de Nomura, revenant sur le dernier Conseil des Gouverneurs.
"Villeroy a suggéré que la BCE ne disposait pas encore d'informations suffisantes sur l'inflation sous-jacente pour procéder à une telle hausse, ce qui, à première vue, semble accommodant, bien que cela ne soit pas sans rappeler les propos de Schnabel le 7 mai. Elle a déclaré que la BCE resserrerait sa politique monétaire si le choc s'étendait, ce que nous interprétons comme la constatation d'effets inflationnistes indirects supplémentaires. Ces effets ont commencé à apparaître dans les données d'avril, où l'on définit l'inflation indirecte comme la répercussion de la hausse des prix des matières premières énergétiques sur les composantes non énergétiques du panier IPCH. Nous prévoyons que ces effets s'accentueront au cours des prochains mois. Les anticipations d'inflation à moyen terme des consommateurs ont bondi en mars, et nous pensons qu'un élargissement et un renforcement de l'inflation indirecte pourraient entraîner une nouvelle hausse de ces anticipations."
A noter que les données finales des prix à la consommation pour le mois d'avril seront connues demain. Elles étaient ressorties en première estimation à 3% en rythme annuel, alimentation, alcool, tabac et énergie compris.
De l'autre côté de l'Atlantique, les données du problème sont différentes, mais l'équation n'en n'est pas moins complexe pour K Warsh, le nouveau patron de la Fed qui doit composer avec une économie très résiliente, un emploi fort et un risque de dérapage des prix via le baril. Risque déjà confirmé dans les statistiques par les prix producteurs, en particulier, publiés la semaine dernière très au-delà des attentes, à +1,4% en rythme... mensuel !
Des craintes inflationnistes qui ont eu des répercussions très remarquées sur le marché obligataire, où le 10 ans américain évolue désormais au-dessus de 4,60.
"Les incertitudes entourant la réouverture du détroit d'Ormuz ont ravivé les craintes inflationnistes et entraîné une augmentation des rendements obligataires à long terme. Après la récente hausse des cours du pétrole liée au conflit en Iran, les marchés anticipent désormais un choc énergétique durable", analyse César Perez Ruiz, Responsable des investissements et CIO chez Pictet Wealth Management.
A suivre les ventes de logements en cours aux Etats-Unis à 16h00.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1625$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
D'un point de vue technique, la paire euro/dollar se heurte désormais à une zone charnière. Après avoir effacé une grande partie de son repli lié à la phase aiguë du conflit, elle évolue au contact de la borne haute de son trading range. Cette configuration traduit une compression de volatilité et une hésitation marquée des intervenants, incapables pour l'instant de déclencher une impulsion durable. En l'absence de catalyseur clair — qu'il soit macroéconomique, monétaire ou géopolitique — la paire reste contenue sous cette résistance majeure (1,1825$), dans une phase d'attente susceptible de déboucher sur un mouvement plus directionnel une fois cet équilibre rompu.
La bougie en pendu du 11 mai a envoyé un signal technique négatif, qui s'est soldée par une accélération baissière sous la forme d'une rupture de la moyenne mobile à 200 jours (en marron). Un rééquilibrage temporaire des forces en présence est attendu, avant un redémarrage baissier.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1608 USD et la résistance à 1.1765 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
