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Alors que la guerre menée conjointement par Washington et Tel Aviv contre Téhéran entre dans sa troisième semaine, la paire de devises Euro / Dollar, bien qu'en léger rebond technique à l'aube de la semaine, souffrait d'une rupture baissière, dont l'expression reste suspendue à une inconnue importante: celle du retour des prix du baril à un prix moyen proche de ceux qui prévalaient avant le conflit, synonyme de perturbation majeure de l'offre et de la logistique mondiale d'or noir. Le baril de Brent (Mer du Nord), campait encore au-dessus de la barre symbolique des 100$, vers 105$ lundi matin.
"La guerre en Iran continue d'ébranler les marchés financiers. La fermeture du détroit d'Ormuz et les attaques continues contre les infrastructures énergétiques dans la région ont porté les prix du pétrole à plus de 100 dollars le baril. Les craintes d'une répétition du choc d'offre survenu après la pandémie, qui avait entraîné une forte hausse de l'inflation, ont provoqué une forte révision à la hausse des anticipations de marché concernant les taux directeurs des banques centrales", analysent les économistes de Safra Sarazin.
Des banques centrales qui, mécaniquement, se trouve dans une situation bien inconfortable: celle de devoir faire face à un potentiel ralentissement de l'économie mondiale, tout en maintenant le frein monétaire en raison des risques inhérents d'inflation par la hausse des prix de l'énergie.
Les économistes de la banque japonaise Nomura estiment que "la BCE évitera de réagir de manière impulsive face au conflit avec l'Iran. Nous avons revu à la hausse de 0,6 point de pourcentage nos prévisions d'inflation pour la zone euro en mars, les portant à 2,5 %, en raison de ce conflit."
La Banque centrale européenne achèvera jeudi un nouveau Conseil des Gouverneurs. Mercredi, ce sera la Federal Reserve (Fed) qui achèvera l'équivalent, à savoir de Comité de politique monétaire (FOMC).
Paolo Zanghieri, économiste senior chez Generali Investment prévoit que "la Fed maintiendra son taux directeur inchangé lors de la réunion de la semaine prochaine. Le FOMC est confronté au défi de mettre à jour ses perspectives économiques et monétaires dans un contexte d'incertitude importante, alimentée à la fois par la guerre en cours dans le Golfe et les inquiétudes concernant la résilience du marché du travail face à l'intelligence artificielle."
Rappelons que le dernier bulletin NFP (Non Farm Payrolls de février) a vivement déçu la communauté financière. Le contenu de ce rapport fédéral mensuel sur l'emploi américain a manqué les attentes sur tous les points. Pourtant ce segment de l'économie montrait des signes de résilience impressionnants depuis le début de l'année. Ce qui a très désagréablement surpris, outre le retour du chômage à 4,4% de la population active, ce sont les destructions nettes de postes dans le secteur privé non agricole (-92 000), là où le consensus laissait augurer 58 000 créations.
Au chapitre statistique, le menu très riche de vendredi (les prix PCE, les commandes de biens durables, les revenus et dépenses des ménages, les nouvelles offres d'emploi JOLTS et les données "U-Mich" de confiance du consommateur américain), n'ont pas réservé de surprise majeure. La confiance du consommateur s'est montrée toujours aussi ferme, sans qu'à ce stade les signaux inflationnistes ne se manifestent. A noter que ces données (sauf l'U-Mich) étaient publiés avec un retard de 15 jours environ en raison du shutdown, et qu'il concernaient janvier ou février, avant donc l'entrée en guerre des Etats-Unis contre Téhéran.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1470$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Le décrochage de ce lundi met fin à une consolidation à plat au-dessus d'une moyenne mobile (la "100 jours") qui vient de rompre sans ménagement. Le signal est négatif avant le test décisif de la moyenne mobile à 200 jours (en marron). Cette courbe de tendance de fond été rompue mardi 03 mars, sans ménagement, dans une volatilité importante.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est positif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1470 USD. L'objectif de cours de notre scénario haussier se situe à 1.1013 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1611 USD.
L'espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 457 pips et le risque de perte s'établit à 141 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
