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La fermeté des cours du brut continuait de jouer contre l'Euro, jeudi au sixième jour de la guerre menée conjointement par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran. La fermeture de facto du détroit d'Ormuz, tout comme l'absence de visibilité sur la perturbation de l'offre d'or noir, à terme, ont fait flamber le baril. Le Brent restait campé non loin des 85$, alors qu'il cotait près de 70$ avant l'offensive contre les Gardiens de la Révolution et de nombreux sites stratégiques iraniens.
"Le Dollar a profité d'afflux refuge en raison du statut d'exportateur net d'énergie des Etats-Unis", notent les économistes de SwissLife AM, qui proposent un scénario central de référence: cours élevés, 80-90 USD/baril : les hostilités persistent. L'Iran ne ferme pas complètement le détroit d'Ormuz, mais les pétroliers l'évitent. La hausse des prix reste limitée grâce à plusieurs facteurs : hausse de l'offre OPEP+, redirection d'environ 6,5 mio. b/j via les oléoducs saoudiens et émiratis, stocks chinois élevés et exportations anticipées de l'Iran.
Rappelons que le pétrole reste dans nos économie développées une courroie de transmission majeure à l'ensemble de l'activité, et qu'une perturbation logistique de l'offre, conjuguée à une hausse durable des prix, constitue une menace pour la croissance. C'est donc d'une vive contraction de l'appétit pour le risque que de nombreux actifs souffrent actuellement, Euro y compris.
"La guerre en Iran rappelle à quel point l'économie mondiale reste dépendante de la stabilité des flux énergétiques, en particulier du pétrole. Au-delà de la réaction immédiate des marchés, c'est la capacité des prix à rester stables dans le temps qui constitue un enjeu majeur", explique Nicolas Domont, gérant associé chez Optigestion, qui étaie son raisonnement:
"Dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques récurrentes et une forte sensibilité des marchés aux chocs d'offre, la stabilité des matières premières dépasse la seule dimension sectorielle. Elle devient un repère central pour l'analyse macroéconomique comme pour la gestion de portefeuille. Une énergie dont les prix restent contenus facilite la maîtrise de l'inflation, clarifie la trajectoire des banques centrales et améliore la visibilité sur les marges des entreprises. À l'inverse, une volatilité persistante entretient l'incertitude sur les coûts, les flux futurs et les valorisations financières. Elle conditionne l'inflation, la politique monétaire et la rentabilité des entreprises, et s'impose comme un élément structurant de l'équilibre économique et financier".
Le nœud du problème est donc indirectement celui de la durée du conflit, estimée initialement à 4 semaines, par le très imprécis et imprédictible locataire de la Maison Blanche. La perturbation de l'offre de brut, à court terme en tous cas est directement corrélé à ce nombre de semaines, que les salles des marchés ont un mal fou à estimer. Ce qui provoque une volatilité importante sur le brut, un peu moins sur le VIX il est vrai. Politico parle ce jeudi d'une guerre prévue pour durer 100 jours, soit plus de 3 mois...
Les cours du pétrole et du gaz naturel, très volatils depuis le début du conflit, constitueront donc une matrice de travail essentielle pour les cambistes, dans le sens où une pression sur les prix tend à jouer en faveur du Dollar.
Au chapitre statistique, publiés mardi, les derniers chiffres des prix à la consommation de février - avant le début conflit, donc -, ont dépassé les attentes, en ressortant à +2,4% contre +2,2%, hors éléments volatils (alimentation, énergie, alcool et tabac). Outre Atlantique, l'enquête du cabinet privé en ressources humaines ADP publiée mercredi, a fait état de 63 000 créations de postes dans le secteur privé. Un avant-goût avant la publication vendredi du rapport fédéral NFP (Non Farm Payrolls) pour le mois passé. A suivre à 14h30 ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage outre Atlantique.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1615$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Le décrochage de ce lundi met fin à une consolidation à plat au-dessus d'une moyenne mobile (la "100 jours") qui vient de rompre sans ménagement. Le signal est négatif avant le test décisif de la moyenne mobile à 200 jours (en marron). Cette courbe de tendance de fond été rompue mardi 03 mars, sans ménagement, dans une volatilité importante.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est négatif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1614 USD. L'objectif de cours de notre scénario baissier se situe à 1.1321 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1721 USD.
L'espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 293 pips et le risque de perte s'établit à 107 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
