ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
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L’euro-dollar évolue dans une zone d’équilibre, dans un environnement macroéconomique marqué par un regain d’incertitudes. La dernière enquête de Bank of America met en évidence un basculement du sentiment des investisseurs : un solde net de 36 % anticipe désormais un ralentissement de l’économie mondiale, contre une minorité seulement un mois plus tôt. Ce changement de perception alimente une approche plus prudente sur les devises cycliques et renforce les arbitrages défensifs.
Sur le plan monétaire, le différentiel d’anticipations entre la Federal Reserve et la European Central Bank constitue le principal moteur. Près de 58 % des investisseurs s’attendent à une baisse des taux américains dans les douze prochains mois, tandis que 46 % envisagent un resserrement en zone euro. Cette divergence théorique plaide en faveur d’un soutien à l’euro, via un différentiel de taux potentiellement moins favorable au dollar. Néanmoins, cette lecture est tempérée par la dégradation conjoncturelle globale, qui tend historiquement à soutenir le billet vert en tant que valeur refuge.
Le contexte géopolitique renforce cette ambivalence. L’absence de résolution diplomatique au Moyen-Orient et les tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz ravivent le risque d’un choc énergétique. Le pétrole reste autour des 100 dollars, ce qui réintroduit une pression inflationniste exogène, particulièrement sensible pour les économies importatrices. Aux États-Unis, l’accélération récente de l’inflation confirme que ce facteur énergétique pourrait compliquer la trajectoire de désinflation, limitant la marge de manœuvre de la Fed malgré le ralentissement de la demande. A très court terme, les investisseurs attendent la publication de l’indice des prix à la production aux États-Unis à 14h30, susceptible d’influencer les anticipations de politique monétaire.
En Europe, la situation apparaît plus nuancée. Les autorités mettent en avant une meilleure résilience énergétique qu’en 2022, grâce à la diversification des approvisionnements. Certaines mesures budgétaires, comme la baisse des taxes sur les carburants, visent à amortir l’impact sur les prix et à soutenir le pouvoir d’achat. Dans ce contexte, la BCE conserve une posture relativement vigilante, sans signal clair de pivot accommodant à court terme.
Sur le marché des changes, ces forces contradictoires se traduisent par une relative inertie du dollar, tandis que les flux défensifs se redirigent vers des devises refuges alternatives comme le franc suisse. L’euro-dollar reste ainsi pris entre, d’un côté, un différentiel de politique monétaire potentiellement favorable à l’euro, et de l’autre, un environnement de risque global qui continue de soutenir la demande structurelle pour le dollar.
D’un point de vue technique, la paire conserve une dynamique haussière constructive, inscrite dans un mouvement de progression régulier au sein de son range moyen terme. Les creux ascendants et la tenue des supports intermédiaires traduisent une pression acheteuse persistante, suggérant une poursuite du mouvement vers la borne haute du range. Dans ce contexte, un retour progressif en direction de la zone des 1,20 apparaît comme un objectif crédible tant que la structure haussière reste intacte.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1765 USD et la résistance à 1.1935 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
