(BFM Bourse) - La question pour les cambistes n'est pas de savoir si le rapport NFP sur l'emploi américain publié vendredi est décevant en soi, mais en quoi il peut constituer ou non une force influençant la politique monétaire de la Fed pour les mois à venir.
Concernant le rapport fédéral proprement dit: alors que le consensus (très gourmand il est vrai) frôlait le million de créations de postes, l'économie américaine n'a en réalité créé que 266 000 postes dans le secteur privé (hors agriculture). Le taux de chômage, attendu en baisse à 5.8% de la population active, a en réalité légèrement progressé, à 6.1%. Enfin et en revanche, la dynamique des salaires horaires (+0,7% en rythme mensuel) a dépassé nettement les attentes.
La lecture du rapport est duelle. Elle est d'un côté décevante, mais montre que l'économie américaine, vue par le prisme de l'emploi en tous cas, n'entre pas en surchauffe, ce qui va dans le sens de maintien de conditions de crédit accommodantes pendant longtemps. A moins que ce ne soit le signe d'un manque criant de main d'œuvre...
"La publication de chiffres de l'emploi très inférieurs aux attentes aux États-Unis en avril dissipent au moins provisoirement les craintes inflationnistes et la perspective d'un resserrement de la politique monétaire du Fed", pouvait on lire dans une note matinale d'Aurel BCG.
Pour CM-CIC Market Solutions, "l'offre peine à se réadapter lorsque la demande s'envole sous l'impulsion d'une levée des contraintes sanitaires", d'où l'effet "douche froide".
Pour rappel, la semaine dernière, Mme J Yellen, désormais Secrétaire au Trésor, a estimé, lors de la préparation d'un événement en ligne, qu'une légère hausse des taux fédéraux pourrait être "nécessaire", et ce afin d'éviter une "surchauffe" d'une économie en pleine reprise...
Les chiffres de l'inflation cette semaine (jeudi 14h30) viendront apporter un nouvel éclairage, et nourrir des spéculations sur le calendrier de normalisation monétaire de la Fed. C'est clairement le point d'orgue statistique de la semaine.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,2165$ environ. La monnaie unique résistait à des tentations de prises de profits, notamment grâce à la publication de l'indice Sentix de confiance des investisseurs en Zone Euro, à 21,0 points, au plus haut depuis mars 2018.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Le franchissement de borne haute d'un ancien canal baissier est désormais pleinement validée, par l'accroissement de la volatilité en particulier vendredi, 23 avril, et par le franchissement consécutif, dans la foulée, sans aucune forme d'hésitation, de la moyenne mobile à 100 jours (en orange). Au marubozu noir tracé vendredi 30 avril est venu succéder le marubozu blanc d'ampleur équivalente, témoignant de la nervosité de très court terme sur la paire de devises. La formation d'un petit drapeau (flag) de consolidation est l'option privilégiée.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.2100 USD et la résistance à 1.2210 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
