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Le spot EURUSD poursuivait don repli annoncé par la bougie à ombre haute prononcée du 17 avril, sur fond de brouillard épais quant à l'issue de la guerre entre Washington et Téhéran, et alors que les signaux macroéconomiques allemands récents font très pâle figure.
Donald Trump a décidé de repousser jusqu'à nouvel ordre le cessez-le feu contre l'Iran qui aurait dû s'achever ce mercredi. Le locataire de la Maison Blanche reporte cet ultimatum jusqu'à ce que "l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre", a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.
C'est donc dans une forme d'attentisme, très peu propice à l'arbitrage en portefeuille, que les cambistes doivent travailler. Et dans l'intervalle, les projecteurs déplacent leur lumière crue sur la macroéconomie, peu à l'avantage de l'Union Européenne, très dépendante des importations d'énergie fossile. Si les ventes au détail aux Etats-Unis ont explosé les attentes, les chiffres en provenance d'Allemagne, première économie de la Zone euro, préoccupent.
"La reprise de l'économie allemande a été brutalement stoppée par la guerre au Moyen-Orient. Une période de croissance de dix mois s'est interrompue en avril, l'activité économique s'étant contractée dans un contexte de forte incertitude et de hausse des prix", commente Alexandre Baradez, pour IG France après la publication d'un PMI Composite à 48,3 en avril (1ère estimation) contre 51,9 en mars. Rappelons qu'un score inférieur à 50 points signifie, par construction, une contraction de l'activité. A noter que la composante services pour la France plonge à 46,5, manquant des attentes pourtant déjà pessimistes.
Chris Williamson, Chief Business économiste à S&P Global Market Intelligence , commente ainsi les derniers chiffres de l'enquête PMI Flash:
"La guerre au Moyen-Orient aggrave les difficultés économiques de la zone euro, plaçant les décideurs politiques dans une situation particulièrement délicate. Le conflit a entraîné une contraction de l'économie en avril, ainsi qu'une très forte accélération de l'inflation. Parallèlement, la généralisation des pénuries d'approvisionnement menace de freiner davantage la croissance et d'accentuer les pressions haussières sur les prix dans les semaines à venir."
"Dans ce contexte difficile, il revient à la BCE de décider si la hausse préoccupante de l'inflation justifie une augmentation des taux d'intérêt, ou si cette flambée des prix ne sera que temporaire, auquel cas l'institution doit, avant tout, empêcher l'économie de glisser vers une récession plus profonde. Si, en différant sa décision, la BCE risque d'aggraver l'un ou l'autre scénario, on peut comprendre qu'elle attende une clarification de la situation, tant sur le plan du conflit que de l'évaluation de la santé économique de la zone euro, avant d'adopter de nouvelles mesures monétaires."
Rappelons la publication, plus tôt dans la semaine, de l'indice ZEW de confiance dans l'économie allemande, en chute libre:-17,2, très largement sous des attentes déjà pessimistes.
"Les perspectives économiques se dégradent. Les conséquences économiques de la guerre en Iran pour l'économie allemande vont bien au-delà de la simple hausse des prix : les entreprises s'inquiètent des pénuries d'énergie à long terme, ce qui freine les investissements et atténue l'effet des mesures de relance gouvernementales", a commenté le professeur Achim Wambach, PhD, président du ZEW.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1690$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
D'un point de vue technique, la paire euro/dollar se heurte désormais à une zone charnière. Après avoir effacé une grande partie de son repli lié à la phase aiguë du conflit, elle évolue au contact de la borne haute de son trading range. Cette configuration traduit une compression de volatilité et une hésitation marquée des intervenants, incapables pour l'instant de déclencher une impulsion durable. En l'absence de catalyseur clair — qu'il soit macroéconomique, monétaire ou géopolitique — la paire reste contenue sous cette résistance majeure (1,1825$), dans une phase d'attente susceptible de déboucher sur un mouvement plus directionnel une fois cet équilibre rompu.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1608 USD et la résistance à 1.1935 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
