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L'appétit pour le risque restait proche de zéro, au coeur de la semaine, en raison de la guerre israélo-américaine en Iran, guerre ayant provoqué des représailles de Téhéran dans de nombreux endroits du Golfe persique. Le détroit d'Ormuz, de fait fermé, concentre les craintes des salles des marchés, alors qu'y transite, habituellement 20% du brut et du GNL mondial. Le baril, à plus de 76$ pour le WTI, pénalisera la croissance mondiale si cette fermeté des prix venait à durer.
Et mécaniquement, la question de la résurgence de l'inflation est sur toutes les lèvres. D'autant qu'en Europe en tout cas, les derniers chiffres des prix à la consommation de février (avant le début conflit, donc), ont dépassé les attentes, en ressortant à +2,4% contre +2,2%, hors éléments volatils (alimentation, énergie, alcool et tabac). Outre Atlantique, ce sont les récents chiffres sur l'activité industriel (ISM), tout comme la résilience sur le front de l'emploi, qui sont scrutés; C'est d'ailleurs en fin de semaine que le Département du Travail publiera son fameux rapport NFP (Non Farm Payrolls), sur la santé de l'emploi privé outre Atlantique. Les cambistes auront d'ici là quelques repères bienvenus, comme les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage demain et les résultats de l'enquête du cabinet privé en ressources humaines ADP ce mercredi, à 14h15.
"Malgré la supériorité militaire des Etats-Unis et d'Israël, l'issue de cette guerre est très incertaine, comme le chemin pour arriver à sa fin. On sait que toutes les guerres finissent un jour. Mais leur durée et les dégâts qu'elles peuvent créer sont les critères essentiels pour mesurer les conséquences sur l'économie mondiale et les marchés", analysent les stratégistes de LBPAM, en prenant du recul.
Le nœud du problème est donc indirectement celui de la durée du conflit, estimée à 4 semaines, par le très imprécis et imprédictible locataire de la Maison Blanche. La perturbation de l'offre de brut, à court terme en tous cas est directement corrélé à ce nombre de semaines, que les salles des marchés ont un mal fou à estimer. Ce qui provoque une volatilité importante sur le brut, un peu moins sur le VIX il est vrai.
Les cours du pétrole et du gaz naturel, très volatils depuis le début du conflit, constitueront donc une matrice de travail essentielle pour les cambistes, dans le sens où une pression sur les prix tend à jouer en faveur du Dollar.
"Le principal risque structurel réside dans le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour le pétrole au niveau mondial. Environ 14 millions de barils par jour (soit environ 32 % du pétrole brut transporté par voie maritime dans le monde) transitent par ce détroit. Toute perturbation significative de ces flux entraînerait probablement un choc d'approvisionnement important. Certains pétroliers modifieraient leurs itinéraires, tandis que les primes d'assurance contre les risques de guerre augmentent, décourageant les expéditions", décrypte Wisdom Tree dans une note de marché.
"Il est important de noter qu'une fermeture physique du détroit n'est pas nécessaire pour perturber les marchés. L'Iran n'a peut-être pas la capacité navale de bloquer complètement cette voie maritime, mais la hausse des primes d'assurance contre les risques de guerre peut constituer une contrainte de facto sur les flux. Si les attaques contre la navigation se multiplient, les coûts d'assurance pourraient augmenter fortement, rendant le transit prohibitif. Dans un tel scénario, les prix du pétrole devraient augmenter pour compenser la hausse des coûts de transport, créant ainsi une spirale infernale des primes de guerre."
Au cinquième jour, mercredi 4 mars, de la guerre au Moyen-Orient, l'Iran continue de lancer des missiles contre des cibles américaines et israéliennes dans le Golfe. Israël a de son côté visé "des dizaines de cibles" en Iran et lancé des frappes "à grande échelle" sur Téhéran tout en élargissant le champ de son offensive au Liban, où de fortes explosions ont été entendues à Beyrouth. L'Iran dit avoir "le contrôle total" du détroit d'Ormuz . A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1640$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Le décrochage de ce lundi met fin à une consolidation à plat au-dessus d'une moyenne mobile (la "100 jours") qui vient de rompre sans ménagement. Le signal est négatif avant le test décisif de la moyenne mobile à 200 jours (en marron). Cette courbe de tendance de fond été rompue mardi 03 mars, sans ménagement.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1608 USD et la résistance à 1.1765 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
