ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
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Le marché des changes s’articule autour d’un enchaînement de facteurs géopolitiques et macroéconomiques qui redessinent les équilibres. Le conflit au Moyen-Orient, en perturbant une part significative de l’offre mondiale d’énergie, a déclenché un choc pétrolier qui se diffuse rapidement à l’ensemble des économies importatrices, au premier rang desquelles la zone euro. Cette hausse des coûts énergétiques agit comme une taxe implicite sur la croissance, tout en ravivant les tensions inflationnistes : en mars, l’inflation ressort à 2,6% dans la zone euro et 2,8% dans l’Union européenne, marquant une accélération nette et généralisée. La dynamique est d’autant plus préoccupante qu’elle touche une large majorité des États membres, confirmant un phénomène diffus et non isolé.
Ce choc d’offre place les banques centrales dans une configuration délicate. Contrairement à une inflation tirée par la demande, l’outil monétaire perd en efficacité à court terme. La BCE, qui avait progressivement normalisé sa politique, se retrouve contrainte d’arbitrer entre stabilité des prix et soutien à une activité fragilisée. Les indications actuelles pointent vers un ajustement mesuré des taux, de l’ordre de 50 points de base en 2026 selon le FMI, avec une approche strictement dépendante des données. En parallèle, la Fed évolue dans un environnement domestique plus robuste : la solidité du marché du travail et la résilience de la croissance lui offrent une marge de manœuvre plus confortable, justifiant une posture attentiste. Cette asymétrie, bien que réelle, tend à se réduire, limitant les écarts de rendement et donc le potentiel directionnel du dollar.
Sur le plan des flux, le billet vert a progressivement perdu son statut de refuge dominant à mesure que les perspectives de désescalade ont émergé. L’annonce de discussions entre Washington et Téhéran, ainsi que les trêves régionales, ont favorisé un retour partiel de l’appétit pour le risque. Ce mouvement a permis à l’euro de se redresser, d’autant que les devises liées aux matières premières captent une partie des flux dans ce nouveau régime de marché dominé par l’énergie. Néanmoins, cet équilibre reste précaire, dépendant d’un environnement géopolitique encore instable et d’anticipations monétaires peu ancrées.
D’un point de vue technique, la paire euro/dollar se heurte désormais à une zone charnière. Après avoir effacé une grande partie de son repli lié à la phase aiguë du conflit, elle évolue au contact de la borne haute de son trading range. Cette configuration traduit une compression de volatilité et une hésitation marquée des intervenants, incapables pour l’instant de déclencher une impulsion durable. En l’absence de catalyseur clair — qu’il soit macroéconomique, monétaire ou géopolitique — la paire reste contenue sous cette résistance majeure, dans une phase d’attente susceptible de déboucher sur un mouvement plus directionnel une fois cet équilibre rompu.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1765 USD et la résistance à 1.1935 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
