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Alors que les deux grandes banques centrales qui décident des loyers respectifs des deux composantes de la paire de devises Euro / Dollar réunissent leur "sages" cette semaine, l'attention des cambistes sera concentrée sur leurs commentaires, alors que le flou domine quant à l'issue de l'intervention américaine en Iran. Rappelons que leurs missions essentielles sont la maîtrise de l'inflation sans mettre en péril le peu de croissance restante.
La Fed achèvera son Comité de politique monétaire mercredi, et la BCE son Conseil des Gouverneurs jeudi. Cette dernière est dans une position encore plus inconfortable que la dépendance énergétique au pétrole est forte de ce côté-ci de l'Atlantique.
"Les marchés anticipent environ 60 points de base de hausses de taux d'ici décembre 2026. Par conséquent, nous pensons que la barre est basse pour que Mme Lagarde déçoive les marchés en adoptant une position accommodante, mais haute pour qu'elle se montre plus restrictive que les marchés. Nous nous attendons à ce que Mme Lagarde s'abstienne d'approuver des hausses de taux et insiste plutôt sur le fait que la politique de la BCE dépendra de la durée et de l'intensité de la guerre en Iran, ainsi que de la manière dont celle-ci affectera l'inflation IPCH et les anticipations d'inflation des consommateurs", anticipent les économistes de Nomura.
"Pour que la BCE relève ses taux, nous pensons que le Conseil des gouverneurs voudra s'assurer que le choc entraîne une inflation persistante, comme en 2022, ou qu'il fait sensiblement remonter les anticipations d'inflation. En conséquence, nous estimons que la réunion de juin est la plus proche à laquelle la BCE pourrait raisonnablement relever ses taux si elle décidait de le faire en réponse au conflit avec l'Iran", complètent ils.
De l'autre côté de l'Atlantique, la menace d'une pression inflationniste existe - n'oublions pas la guerre commerciale et douanière ! - mais elle est moindre sur le seul volet des énergies fossiles, les Etats-Unis restant le premier pays producteurs d'or noir en volumes.
"La question centrale de cette réunion est de savoir si la Fed envisage encore des baisses de taux ou si elle a déjà adopté une position sans baisse pour cette année. Le président Powell devrait adopter un ton prudent concernant tout changement de politique à court terme, en réitérant les conditions nécessaires à d'éventuelles baisses, tout en précisant que des hausses ne sont pas envisagées dans le scénario de base. Le principal risque serait qu'il exprime ouvertement son scepticisme quant à la nécessité de baisser les taux cette année, ou que le communiqué supprime la référence à des « ajustements supplémentaires » des taux", décrypte Xiao Cui, économiste senior chez Pictet Wealth Management, en amont de la réunion de la FED mercredi prochain.
L’économiste s'attend "à ce que la Fed maintienne son taux directeur inchangé à 3,5–3,75 %, avec un communiqué qui devrait insister sur le fait que « les implications restent incertaines » et que le Comité demeure « attentif aux risques des deux côtés du mandat »". Les deux volets de ce mandat sont pour la Fed la maîtrise de la trajectoire des prix, et le maintien du plein emploi soit le taux incompressible de chômage.
Les cambistes gardent un œil attentif aux développements de la guerre au Moyen-Orient. Donald Trump a dit avoir annulé le déplacement attendu de ses émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner pour des discussions avec l'Iran à Islamabad au Pakistan. "J’ai dit à mes équipes, alors qu’elles se préparaient à partir: 'Non, vous n’allez pas faire un vol de 18 heures pour aller là-bas. Nous avons toutes les cartes. Ils peuvent nous appeler quand ils veulent, mais vous n’allez pas faire un vol de 18 heures pour rester assis à parler de rien'", a-t-il déclaré à la correspondante de Fox News à la Maison Blanche. Pour sa part, le chef de la diplomatie iranienne sera de retour à Islamabad après sa visite à Oman.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1750$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
D'un point de vue technique, la paire euro/dollar se heurte désormais à une zone charnière. Après avoir effacé une grande partie de son repli lié à la phase aiguë du conflit, elle évolue au contact de la borne haute de son trading range. Cette configuration traduit une compression de volatilité et une hésitation marquée des intervenants, incapables pour l'instant de déclencher une impulsion durable. En l'absence de catalyseur clair — qu'il soit macroéconomique, monétaire ou géopolitique — la paire reste contenue sous cette résistance majeure (1,1825$), dans une phase d'attente susceptible de déboucher sur un mouvement plus directionnel une fois cet équilibre rompu.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1608 USD et la résistance à 1.1850 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
