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La paire devises phare restait sous pression, sous les 1,16$, en pleine impasse diplomatique entre Washington et Téhéran, et au lendemain de la publication d'indicateur d'activité très décevant pour la Zone Euro.
Cités par l'AFP, des responsables émiratis ont estimé la probabilité d'un accord entre les deux parties sur le détroit d'Ormuz à 50-50. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a lui déclaré qu'il faudrait "répondre" aux inquiétudes de Donald Trump sur le Moyen-Orient.
"Le marché continue de penser qu'un accord entre les États-Unis et l'Iran est probable, même si nous avons reçu des messages contradictoires des deux côtés. Les États-Unis ont déclaré qu'un accord était proche, mais que l'Iran ne peut pas posséder d'arme nucléaire, tandis que l'Iran a déclaré qu'il voulait conserver ses stocks d'uranium", observe Kathleen Brooks de XTB.
"Entre l'échange de projets d'accord entre Iraniens et Américains et les menaces d'escalade militaire si un accord n'est pas signé rapidement, les perspectives de sortie du conflit restent toujours incertaines. Et le détroit d'Ormuz est toujours largement fermé alors que les stocks de pétrole, qui ont permis de limiter le choc jusqu'à présent, baissent rapidement. Pendant ce temps, le prix du pétrole se maintient entre 100 et 110 dollars, un niveau qui n'entraîne pas un retournement immédiat du cycle mondial mais pèse de façon croissante sur les perspectives économiques", commente Xavier CHAPARD, Adjoint au Directeur de la Recherche de LBPAM.
Concernant les PMI (indice des directeurs d'achat) en Zone Euro, pour la partie services, le score ressort très largement en deçà de la barre des 50 points, à 46,4, et marque donc une contraction sévère de l'activité.
"Le secteur des services subit de plein fouet les répercussions de la guerre sur le coût de la vie, la hausse des prix de l'énergie ayant notamment fait chuter le niveau de la demande", a commenté Chris Williamson, Chief Business Economist à S&P Global Market Intelligence, qui analyse également les données "composite" (tenant compte également du score industriel): "les fortes perturbations d'approvisionnement engendrées par la guerre s'intensifient, l'enquête signalant en effet des retards de livraison de plus en plus importants. Or, ces tensions sur les chaînes d'approvisionnement ne menacent pas seulement la croissance de l'activité dans les mois à venir, mais risquent également de renforcer les tensions inflationnistes."
"Compte tenu de la hausse des indices des prix enregistrée en mai, on peut d'ores et déjà anticiper un rythme d'inflation proche des 4 % dans les prochains mois. Conjuguée à des signes toujours plus nombreux d'un retour de la contraction dans la zone euro, cette tendance place la BCE devant une situation de plus en plus délicate", a complété M Williamson.
La seule composante industrielle allemande repasse symboliquement sous les 50 points, à 49,9. Rappelons que le seuil des 50 sépare par construction une expansion d'une contraction de l'activité. La seule composante services pour la France ressort même... sous les 43 !
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1595$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
D'un point de vue technique, la paire euro/dollar se heurte désormais à une zone charnière. Après avoir effacé une grande partie de son repli lié à la phase aiguë du conflit, elle évolue au contact de la borne haute de son trading range. Cette configuration traduit une compression de volatilité et une hésitation marquée des intervenants, incapables pour l'instant de déclencher une impulsion durable. En l'absence de catalyseur clair — qu'il soit macroéconomique, monétaire ou géopolitique — la paire reste contenue sous cette résistance majeure (1,1825$), dans une phase d'attente susceptible de déboucher sur un mouvement plus directionnel une fois cet équilibre rompu.
La bougie en pendu du 11 mai a envoyé un signal technique négatif, qui s'est soldée par une accélération baissière sous la forme d'une rupture de la moyenne mobile à 200 jours (en marron).
Un rééquilibrage temporaire des forces en présence en cours, avant un redémarrage baissier.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est négatif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1606 USD. L'objectif de cours de notre scénario baissier se situe à 1.1203 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1701 USD.
L'espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 403 pips et le risque de perte s'établit à 95 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
