(BFM Bourse) - Décorrélation nette entre l'Euro / Dollar, qui a franchement dépassé son sommet de range, et les principaux marchés en Europe, qui reflue. La monnaie unique, qui évolue sur des plus hauts depuis janvier 2019, profite du soulagement provoqué par l'issue du long sommet européen achevé mardi à l'aube. A l'inverse, le Dollar paie l'aggravation de la pandémie de Covid-19 aux Etats-Unis, pays le plus endeuillé de la planète. Il paie également les errements de Donald Trump sur le sujet, et apparait comme depuis le début de l'épidémie, à contre-temps. Il vient de qualifier de "grave" la situation sanitaire aux Etats-Unis... Et ce alors que le nombre de cas recensés explose, et que le nombre de cas quotidiens ne reflue que très légèrement après un pic proche de 80 000 le 16 juillet.
Les 27 se sont entendus hier - l'unanimité est pour rappel requise -, à l'issue d'un sommet européen historiquement long, sur un plan de relance de 750 Milliards d'euros, face à l'impact économique de la pandémie, panachés de la façon suivante:
- 360 Milliards sous forme de prêts au pays membres qui en feront la demande. Chaque pays bénéficiaire, qui y trouve l'avantage de profiter de taux avantageux car négociés à l'échelle européenne, devra rembourser le capital emprunté.
- 390 Milliards sous forme de subventions qui seront transférées aux pays qui en ont le plus besoin, et qui seront remboursés, pour leur part, par les Vingt-Sept. C'est sur cette dernière tranche que les débats ont été les plus âpres, en raison de l'opposition initiale des pays dits "frugaux" (Pays-Bas, Suède, Autriche, Danemark, auxquels s'est rallié la Finlande).
La grande nouveauté de ce plan historique est l'endettement commun, au nom des 27, à une échelle aussi large. Jusque là, l'endettement commun restait marginal, le budget européen annuel restant à l'équilibre.
"Il s'agit d'un moment historique dans l'histoire de l'Union Européenne en raison des sommes engagées, de l'abnégation de certains pays qui n'ont pas cédé face aux pays dits "frugaux" qui souhaitaient réduire l'aide apportée, ainsi que des modalités de financement, grâce notamment à des obligations de l'Union Européenne", commente Sébastien GALY, Strategiste Macro Senior, Nordea Asset Management.
Aucun chiffre statistique majeur ne figurait à l'agenda mardi, de part et d'autre de l'Atlantique. Ce mercredi, à suivre en priorité outre Atlantique, l'indice des prix de l'immobilier à 15h00, les ventes de logements anciens à 16h00, et les stocks de pétrole à 16h30. Et dès demain toujours outre Atlantique, les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage (14h30) et l'indice des indicateurs avancés (16h00).
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1530$.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
En dépassant sur accroissement de volatilité la barre des 1,1440$, et en "tenant" ce matin sur doji provisoire, la paire de devises phare a défini un nouveau cadre de travail. Une phase de pullback sur les 1,1440 n'est pas exclure. Avis neutre dans l'immédiat, en l'absence de point d'entrée intéressant.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1440 USD et la résistance à 1.1570 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
