ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
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La paire euro/dollar évolue dans un environnement macroéconomique profondément déséquilibré, dominé par un choc énergétique exogène et une reconfiguration des anticipations de croissance et d’inflation à l’échelle mondiale. Le FMI alerte sur une dérive progressive vers un scénario dégradé, avec une croissance mondiale attendue autour de 3,1 % en 2026, voire 2,5 % en cas de prolongation du conflit au Moyen-Orient. La fermeture partielle du détroit d’Ormuz agit comme un catalyseur inflationniste, renchérissant pétrole, gaz et intrants industriels, ce qui pèse mécaniquement sur l’activité, en particulier en Europe, plus dépendante des importations énergétiques.
Ce contexte nourrit un risque classique mais redouté de stagflation : une croissance faible combinée à une inflation persistante. Les autorités européennes reconnaissent ce risque sans le considérer comme central à ce stade, mais la trajectoire dépendra essentiellement de la durée du choc énergétique. Un baril durablement au-dessus de 100 dollars compliquerait fortement le travail des banques centrales, en forçant potentiellement un arbitrage entre soutien à l’activité et crédibilité anti-inflation.
Du côté monétaire, la divergence de trajectoire reste un élément structurant pour la devise européenne. Une majorité d’investisseurs anticipe un assouplissement de la politique de la Réserve fédérale dans les 12 mois, tandis que la Banque centrale européenne pourrait maintenir une posture plus restrictive si les pressions inflationnistes importées persistent. Ce différentiel de politique monétaire alimente un biais structurel en faveur de l’euro, d’autant plus que le dollar perd progressivement son statut de valeur refuge dans un environnement de retour du “risk-on”, marqué par la détente du VIX et le rebond des actifs risqués.
Parallèlement, les indicateurs macroéconomiques américains envoient des signaux mixtes. Si certaines données d’inflation, comme les prix à la production, surprennent à la baisse, elles ne suffisent pas à enrayer la remontée des anticipations liées au choc pétrolier. Dans ce contexte, les taux longs américains restent relativement élevés, traduisant une prudence persistante des marchés obligataires face au risque inflationniste.
Sur le marché des changes, cette combinaison d’affaiblissement du dollar, de repositionnement des flux vers les actifs risqués et d’anticipations monétaires divergentes favorise une appréciation de l’euro. La paire EUR/USD a ainsi progressivement remonté, portée par une dynamique de flux plus que par une amélioration fondamentale de la zone euro.
D’un point de vue technique, la paire a réintégré la partie haute de son trading range et se rapproche désormais de sa borne supérieure, zone de résistance majeure. Cette configuration suggère un marché en phase de test, où la poursuite du mouvement haussier dépendra de la capacité à franchir durablement ce seuil, dans un contexte toujours fortement dépendant des développements géopolitiques et des anticipations de politique monétaire.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est positif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1787 USD. L’objectif de cours de notre scénario haussier se situe à 1.1935 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1385 USD.
L’espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 148 pips et le risque de perte s’établit à 402 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
