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Euro Dollar (EUR/USD)

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1.1681 -0.06 % Dernière cotation : 18h58

EUR/USD : Bientôt de retour sur le haut de range

Aujourd'hui à 10:00

ELEMENTS GRAPHIQUES CLES

Cet article, en accès libre, est produit par l'équipe de recherche en analyse et stratégie boursière de BFM Bourse. Pour ne manquer aucune opportunité, consultez l'intégralité des analyses et découvrez nos portefeuilles en accédant à notre espace Privilèges.

L’euro continue de gagner du terrain face au dollar et évolue désormais autour de 1,17 dollar, au plus haut depuis plusieurs mois. Ce mouvement traduit moins une envolée brutale de la monnaie unique qu’un affaiblissement progressif du billet vert, pénalisé par les inquiétudes croissantes autour de la dette américaine, la remontée des taux longs et les interrogations entourant la politique de la Réserve fédérale.

Le principal point de tension se situe actuellement sur le marché obligataire américain. Le rendement du Treasury à 10 ans évolue autour de 4,70 %, tandis que celui du 30 ans dépasse 5,25 %. Ces niveaux reflètent une défiance croissante des investisseurs vis-à-vis de la trajectoire budgétaire des États-Unis.

La dette fédérale américaine vient de dépasser 40 000 milliards de dollars, tandis que le déficit budgétaire reste supérieur à 6 % du PIB. Les seules charges d’intérêts devraient atteindre environ 1 200 milliards de dollars cette année. Dans ce contexte, les investisseurs exigent une rémunération plus élevée pour détenir de la dette américaine à long terme.

Habituellement, une hausse des rendements américains soutient le dollar, car elle améliore l’attractivité des actifs libellés en dollars. Mais cette mécanique fonctionne moins bien lorsque la hausse des taux provient avant tout de craintes liées à la dette, aux déficits publics et à la soutenabilité des finances fédérales. Les taux américains montent donc, mais pour des raisons qui ne sont pas nécessairement positives pour le billet vert.

La situation a poussé le Trésor américain à intervenir. Washington a annoncé le doublement de ses rachats de dette à long terme, avec au moins 4 milliards de dollars par opération sur certaines maturités comprises entre 10 et 30 ans. L’objectif est d’améliorer la liquidité du marché et de limiter la pression sur les rendements.

Le soulagement a cependant été de courte durée. Après une première détente, les taux sont rapidement repartis à la hausse. Le marché considère que ces interventions peuvent temporairement réduire les tensions, mais qu’elles ne règlent pas les problèmes de fond : niveau élevé de la dette, déficits persistants, besoins de financement massifs et inflation toujours supérieure à l’objectif de la Fed.

Pour le dollar, le signal est donc négatif. Si les autorités américaines cherchent à contenir les rendements alors que les déséquilibres budgétaires persistent, une partie de l’ajustement peut se reporter sur la devise. C’est ce qui contribue actuellement à la faiblesse du billet vert et au rebond parallèle de l’or, du bitcoin et de plusieurs grandes devises.

La Réserve fédérale ajoute également de l’incertitude. Les minutes de la réunion de juillet ont montré que plusieurs membres restent préoccupés par la persistance de l’inflation. Certains se montrent prêts à relever de nouveau les taux si les pressions sur les prix ne convergent pas suffisamment vers l’objectif de 2 %.

Les marchés évaluent actuellement autour de 35 % la probabilité d’une hausse des taux en septembre, avec une probabilité nettement plus importante d’ici décembre. La Fed conserve donc un biais relativement restrictif, mais le manque de visibilité sur la trajectoire monétaire limite le soutien traditionnellement apporté au dollar.

Les investisseurs attendent désormais les prochaines prises de parole de Kevin Warsh, notamment à Jackson Hole. Le président de la Fed devra clarifier la manière dont il compte arbitrer entre une inflation toujours élevée, des taux longs déjà très tendus et une économie qui commence à envoyer quelques signaux plus mitigés.

Les résultats de Walmart ont notamment ravivé les inquiétudes autour de la consommation américaine. Les ventes comparables aux États-Unis ont progressé de 2,6 %, contre 3,5 % attendu. Ce chiffre ne suffit pas à remettre en cause la solidité de l’économie américaine, mais il montre que les ménages commencent à ressentir davantage l’effet des prix élevés et des conditions financières restrictives.

Autre élément central : le pétrole. Le Brent évolue autour de 93 dollars le baril dans un contexte de tensions persistantes entre les États-Unis et l’Iran et de perturbations autour du détroit d’Ormuz. Une énergie durablement chère pourrait entretenir l’inflation et compliquer encore davantage la tâche de la Fed.

Le paradoxe est important. Une inflation plus élevée peut pousser la Fed à maintenir des taux élevés, ce qui devrait théoriquement soutenir le dollar. Mais dans le même temps, des taux élevés augmentent fortement le coût du service d’une dette publique déjà considérable. Le marché doit donc arbitrer entre un soutien monétaire potentiel au dollar et une détérioration de la perception du risque budgétaire américain.

Face à cela, la situation européenne apparaît relativement plus lisible. Les rendements progressent également en zone euro, avec un Bund allemand à 10 ans autour de 3,26 %, mais les déséquilibres budgétaires sont globalement moins importants à l’échelle de la zone. La dette publique représente environ 89 % du PIB en zone euro, contre près de 120 % aux États-Unis.

Les anticipations concernant la BCE se sont également durcies avec la remontée des prix de l’énergie. Le taux de dépôt se situe actuellement à 2,25 %, mais les marchés anticipent désormais un niveau proche de 2,75 % d’ici mars prochain et attribuent même une certaine probabilité à un retour vers 3 %.

Cette évolution est favorable à l’euro. Si les investisseurs anticipent des taux européens plus élevés, l’écart de rémunération entre les actifs américains et européens se réduit. Le dollar perd alors une partie de l’avantage de taux dont il bénéficiait auparavant.

La résistance de l’économie européenne contribue également au mouvement. Les investisseurs surveillent désormais les PMI afin de vérifier que l’activité reste suffisamment solide malgré le choc énergétique. Une confirmation de la résilience de la croissance européenne renforcerait encore la crédibilité d’une BCE durablement prudente sur les taux.

Le principal risque pour l’euro reste néanmoins l’énergie. L’Europe demeure largement importatrice de pétrole et de gaz. Une hausse prolongée du Brent et du gaz naturel pourrait peser sur la croissance, dégrader la balance commerciale et limiter l’appréciation de la monnaie unique. Le gaz TTF évolue notamment au-dessus de 65 euros le mégawattheure alors que les réserves européennes sont faibles pour la saison.

Pour l’instant, le marché considère toutefois que les difficultés budgétaires américaines et les interventions du Trésor pèsent davantage sur le dollar que les risques énergétiques ne pèsent sur l’euro.

Techniquement, notre scénario s’est parfaitement déroulé. L’euro poursuit son ascension et vient surtout de franchir sa moyenne mobile à 200 jours, niveau que nous avions identifié comme le principal verrou technique à dépasser. Cette cassure a libéré, comme anticipé, un nouveau potentiel haussier et renforce nettement la structure de la paire.

Le prochain objectif majeur se situe désormais autour de 1,18 dollar, niveau que nous continuons de viser pour la fin de l’été. Tant que l’EUR/USD évolue au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours, la dynamique reste favorable aux acheteurs. Les éventuels replis vers cette moyenne mobile peuvent être considérés comme des opportunités d’achat à court terme pour se repositionner dans la tendance.

PREVISION MOYEN TERME

Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est positif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).

Notre point d'entrée est à 1.1695 USD. L’objectif de cours de notre scénario haussier se situe à 1.1800 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1300 USD.

L’espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 105 pips et le risque de perte s’établit à 395 pips.

Le conseil BFM Bourse

EUR/USD
Positif à 1.1695 €
Objectif :
1.1800 (105 pips)
Stop :
1.1300 (395 pips)
Résistance(s) :
1.1816 / 1.2085
Support(s) :
1.1470 / 1.1411 / 1.1327

GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES

EUR/USD : Bientôt de retour sur le haut de range (©ProRealTime.com)
©2026 BFM Bourse
Portefeuille Trading
+318.70 % vs +70.67 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

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