ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
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L’euro s’est brutalement envolé face au dollar mercredi, avec une accélération de près de 0,9 % en séance et un retour autour de 1,1670 dollar, au plus haut depuis la mi-mai. Le mouvement provient avant tout des États-Unis : l’intervention du Trésor américain sur le marché obligataire a provoqué une nette détente des rendements et, par ricochet, une chute du billet vert.
Le Trésor américain a annoncé le doublement de ses opérations de rachat d’obligations de maturité comprise entre 10 et 30 ans. À compter du 9 septembre, leur montant atteindra au moins 4 milliards de dollars par opération, contre un maximum de 2 milliards jusqu’à présent. L’objectif est clair : améliorer la liquidité du marché et contenir l’envolée des coûts de financement à long terme.
Cette intervention arrive dans un contexte particulièrement tendu. Le rendement du Treasury à 30 ans avait atteint mardi 5,337 %, son niveau le plus élevé depuis près de vingt ans. Après l’annonce, il a perdu jusqu’à une dizaine de points de base, tandis que le rendement à 10 ans est revenu autour de 4,65 %. Cette détente a directement pénalisé le dollar : lorsque les rendements américains diminuent, l’avantage de rémunération offert par les actifs libellés en dollars se réduit, ce qui tend à rendre la devise américaine moins attractive.
Le sujet est d’autant plus sensible que les finances publiques américaines continuent de se dégrader. La dette totale des États-Unis vient de franchir pour la première fois le seuil des 40 000 milliards de dollars, à 40 047 milliards. Elle a ainsi plus que doublé en moins de dix ans. Les seules charges d’intérêts représentent désormais environ 1 100 milliards de dollars par an.
Cette trajectoire budgétaire contribue à expliquer la pression récente sur les taux longs. Les investisseurs réclament une rémunération plus importante pour absorber des volumes considérables de dette, alors que les risques inflationnistes restent élevés. Le doublement des rachats du Trésor apparaît donc comme une réponse directe aux tensions observées sur le marché obligataire. À court terme, cette stratégie détend les rendements, mais elle retire simultanément un important soutien au dollar.
Le billet vert avait déjà commencé à perdre du terrain avant cette annonce. Le ralentissement de l’inflation américaine en juillet et plusieurs statistiques économiques plus faibles avaient réduit les anticipations d’une nouvelle hausse des taux de la Réserve fédérale. L’intervention du Trésor est venue amplifier cette dynamique en assouplissant les conditions financières sur la partie longue de la courbe.
Les minutes de la dernière réunion de la Fed, publiées mercredi soir, montrent pourtant que le débat monétaire reste loin d’être tranché. Lors de la réunion de juillet, les responsables de la banque centrale avaient exprimé des inquiétudes croissantes concernant l’évolution des prix et plusieurs membres s’étaient déclarés disposés à relever les taux.
La Fed doit composer avec une situation particulièrement complexe. D’un côté, les dernières statistiques américaines ont réduit la nécessité d’un resserrement monétaire supplémentaire. De l’autre, la guerre au Moyen-Orient entretient une pression importante sur les prix de l’énergie. Le Brent évolue toujours au-dessus de 90 dollars le baril, tandis que le trafic pétrolier reste fortement perturbé dans le détroit d’Ormuz. Une remontée durable des prix énergétiques pourrait raviver l’inflation et contraindre la Fed à conserver une politique restrictive plus longtemps.
Le marché obligataire européen reflète également cette problématique. Les anticipations de hausse des taux de la BCE restent proches de leurs plus hauts depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Les marchés monétaires intègrent désormais pleinement un taux de dépôt à 2,75 % d’ici mars prochain, contre 2,25 % actuellement. Ce repositionnement soutient indirectement l’euro en réduisant le différentiel de politique monétaire avec les États-Unis.
Les rendements européens restent néanmoins soumis à des pressions moins importantes que leurs équivalents américains. La dette représente environ 89 % du PIB dans la zone euro, contre environ 120 % aux États-Unis. Jeudi matin, le Bund allemand à 10 ans évoluait autour de 3,25 %, tandis que le rendement allemand à deux ans, particulièrement sensible aux anticipations de politique monétaire, se situait autour de 2,85 %.
L’agenda macroéconomique de ce jeudi sera relativement léger mais plusieurs publications américaines seront à surveiller. À 14h30, les inscriptions hebdomadaires au chômage sont attendues autour de 210 000, après 209 000 précédemment. Au même moment sera publié l’indice manufacturier de la Fed de Philadelphie pour août, attendu à +25 après +41,4. Ces données seront particulièrement suivies puisqu’elles permettront d’évaluer simultanément la résistance du marché du travail et la dynamique de l’activité américaine.
Techniquement, le mouvement actuel valide pleinement notre scénario. Nous anticipions depuis plusieurs séances une poursuite de la hausse de l’euro et considérions le franchissement de la moyenne mobile à 200 jours comme le signal susceptible de déclencher une véritable accélération haussière. C’est exactement ce que nous constatons aujourd’hui.
Le passage au-dessus de la MM200 permet à l’EUR/USD de s’affranchir du dernier obstacle technique majeur qui freinait jusqu’ici sa progression. L’accélération qui accompagne cette cassure renforce la qualité du signal et confirme le retour d’un momentum favorable à la monnaie européenne.
La paire reste inscrite dans son large range compris entre 1,13 et 1,18 dollar. Désormais, aucun obstacle technique majeur ne se présente avant la borne haute de cette zone. Nous conservons donc notre biais acheteur sur l’EUR/USD et visons toujours les 1,18 dollar, qui constituent désormais la cible naturelle du mouvement en cours.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est positif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1695 USD. L’objectif de cours de notre scénario haussier se situe à 1.1800 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1300 USD.
L’espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 105 pips et le risque de perte s’établit à 395 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
