(BFM Bourse) - Cet article, en accès libre, est produit par l'équipe de recherche en analyse et stratégie boursière de BFM Bourse. Pour ne manquer aucune opportunité, consultez l'intégralité des analyses et découvrez nos portefeuilles en accédant à notre espace Privilèges.
La multiplication des signaux de détérioration de la reprise en Allemagne, en lien naturellement avec la situation géopolitique au Moyen Orient, pèse sur la paire de devises Euro / Dollar. Un enchaînement de statistique macroéconomique très peu engageante sur la première économie de la Zone Euro cette semaine (ZEW, baromètres PMI, IFO), tous sous les attentes, ont lourdement déçu. Dernière publication en date sur le sujet, l'indice IFO de confiance dans l'économie allemande vient de ressortir ce matin en baisse à 84,4, sous les attentes.
L'outil matricielle de cycle économique, que les plus curieux d'entre vous pourront retrouver ici, fait un brutal demi-tour, abandonnant sa trajectoire allant de "crise" à "reprise".
"La reprise de l'économie allemande a été brutalement stoppée par la guerre au Moyen-Orient. Une période de croissance de dix mois s'est interrompue en avril, l'activité économique s'étant contractée dans un contexte de forte incertitude et de hausse des prix", commente Alexandre Baradez, pour IG France après la publication d'un PMI Composite à 48,3 en avril (1ère estimation) contre 51,9 en mars. Rappelons qu'un score inférieur à 50 points signifie, par construction, une contraction de l'activité. A noter que la composante services pour la France plonge à 46,5, manquant des attentes pourtant déjà pessimistes.
Chris Williamson, Chief Business économiste à S&P Global Market Intelligence , commente pour sa part les derniers chiffres de l'enquête PMI Flash:
"La guerre au Moyen-Orient aggrave les difficultés économiques de la zone euro, plaçant les décideurs politiques dans une situation particulièrement délicate. Le conflit a entraîné une contraction de l'économie en avril, ainsi qu'une très forte accélération de l'inflation. Parallèlement, la généralisation des pénuries d'approvisionnement menace de freiner davantage la croissance et d'accentuer les pressions haussières sur les prix dans les semaines à venir."
"Dans ce contexte difficile, il revient à la BCE de décider si la hausse préoccupante de l'inflation justifie une augmentation des taux d'intérêt, ou si cette flambée des prix ne sera que temporaire, auquel cas l'institution doit, avant tout, empêcher l'économie de glisser vers une récession plus profonde. Si, en différant sa décision, la BCE risque d'aggraver l'un ou l'autre scénario, on peut comprendre qu'elle attende une clarification de la situation, tant sur le plan du conflit que de l'évaluation de la santé économique de la zone euro, avant d'adopter de nouvelles mesures monétaires."
Rappelons la publication, plus tôt dans la semaine, de l'indice ZEW de confiance dans l'économie allemande, en chute libre:-17,2, très largement sous des attentes déjà pessimistes. "Les perspectives économiques se dégradent. Les conséquences économiques de la guerre en Iran pour l'économie allemande vont bien au-delà de la simple hausse des prix : les entreprises s'inquiètent des pénuries d'énergie à long terme, ce qui freine les investissements et atténue l'effet des mesures de relance gouvernementales", éclairait alors le professeur Achim Wambach, PhD, président du ZEW.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1690$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
D'un point de vue technique, la paire euro/dollar se heurte désormais à une zone charnière. Après avoir effacé une grande partie de son repli lié à la phase aiguë du conflit, elle évolue au contact de la borne haute de son trading range. Cette configuration traduit une compression de volatilité et une hésitation marquée des intervenants, incapables pour l'instant de déclencher une impulsion durable. En l'absence de catalyseur clair — qu'il soit macroéconomique, monétaire ou géopolitique — la paire reste contenue sous cette résistance majeure (1,1825$), dans une phase d'attente susceptible de déboucher sur un mouvement plus directionnel une fois cet équilibre rompu.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1608 USD et la résistance à 1.1935 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
