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Euro Dollar (EUR/USD)

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1.1646 +0.09 % Dernière cotation : 15h00

EUR/USD : Un environnement de taux refaçonné

Aujourd'hui à 14:19

(BFM Bourse) - Cet article, en accès libre, est produit par l'équipe de recherche en analyse et stratégie boursière de BFM Bourse. Pour ne manquer aucune opportunité, consultez l'intégralité des analyses et découvrez nos portefeuilles en accédant à notre espace Privilèges.

L'Euro traçait, non sans nervosité une deuxième bougie en étoile doji de rang mercredi, alors que la moyenne mobile à 20 jours s'apprête à fondre sur son homologue à 50 jours, dans un climat peu propice à la prise de risque, dans le contexte géopolitique actuel: "les négociations entre les États-Unis et l'Iran sont dans l'impasse, laissant le détroit d'Ormuz fermé", rappellent les économistes de J. Safra Sarasin, en prenant un peu de hauteur par rapport au temps court, celui des espoirs d'avancées diplomatiques, rapidement douchés.

"L'aggravation des pénuries dans les chaînes d'approvisionnement continue d'alimenter la hausse des anticipations d'inflation, tandis que les marchés obligataires en subissent les conséquences. La flambée des prix de l'énergie a également pesé sur l'excédent commercial de la zone euro en mars. Mais ce n'est pas le seul facteur. La faiblesse des exportations a également contribué à la réduction de l'excédent commercial. Alors que les importations devraient rester élevées dans les prochains mois et que les données cycliques continuent de se dégrader, nous ne prévoyons pas d'amélioration à court terme, ce qui constitue un facteur temporairement défavorable pour l'euro", ont poursuivi les dirigeants en banque privée.

Les cambistes ont désormais une crainte pour le Vieux Continent: celui d'une résurgence inflationniste entretenu à sa base par la fermeté des cours du pétrole, le tout sur fond de ralentissement d'une croissance déjà atone, ralentissement qui pourrait être entretenu psychologiquement par les investisseurs, alors que la perspective d'une hausse des taux directeurs de la BCE prend corps.

Alexandre Baradez, analyste pour IG France, a compilé les éléments (chiffrés et de langage) qui vont dans ce sens.

"Les marchés « pricent » toujours plus de 80% de chances d'une hausse de 25 points de base du taux de dépôt en juin, qui passerait ainsi de 2.00% à 2.25%.

"Les propos de Isabel Schnbel ce matin, membre du directoire de la BCE, vont dans ce sens. Elle indique que « dans le contexte actuel, une hausse des taux en juin me semble nécessaire ». Ajoutant que « compte tenu de l'ampleur et de la persistance du choc actuel, l'attente (looking through) n'est plus envisageable à mon avis ». Elle a également déclaré que « même si la guerre prenait fin aujourd'hui, les infrastructures énergétiques et les chaînes d'approvisionnement mondiales ont déjà subi d'importants dégâts ». « En termes de persistance, nous sommes en réalité au-delà du scénario adverse, qui supposait une normalisation rapide des prix du pétrole »."

"Volontarisme affiché également du côté de François Villeroy de Galhau, membre du conseil des gouverneurs, plutôt centriste dans ses prises de position habituellement. Il a déclaré hier que « Les ménages et les entreprises peuvent nous faire confiance pour ramener l'inflation à 2% à moyen-terme, nous n'hésiterons pas à agir pour cela s'il le faut »."

La tension sur les taux est palpable des deux côtés de l'Atlantique au demeurant: "Le 30 ans américain a ainsi brièvement retrouvé des niveaux qui n'avaient plus été observés depuis l'époque de la crise des subprimes en 2007, alimentant progressivement l'idée d'un régime de taux durablement plus élevés", note Thomas Giudici, Directeur de la gestion obligataire d'Auris Gestion.

"Plusieurs facteurs structurels commencent d'ailleurs à nourrir cette réflexion : pression persistante sur certaines matières premières stratégiques liée aux besoins de souveraineté et de réindustrialisation dans un contexte de démondialisation mais également montée en puissance de la thématique IA qui, si elle est souvent présentée comme structurellement déflationniste à long terme, nécessite dans un premier temps des volumes d'investissements et de capex considérables. S'ajoute également à cela la question budgétaire, avec des déficits publics qui continuent de se creuser. Aux États-Unis, les dépenses militaires liées au conflit viennent alimenter une trajectoire budgétaire déjà très dégradée, tandis qu'en Europe le FMI a récemment rappelé ses inquiétudes concernant la trajectoire des finances publiques françaises et la nécessité d'un ajustement budgétaire rapide et crédible."

Au chapitre statistique, le principal chiffre publié hier concernait la consommation américaine, ou tout du moins le sentiment de confiance du consommateur mesuré par le Conference Board. L'indice est ressorti quasiment stable par rapport au mois dernier à 93,1 points, dépassant légèrement les attentes. A l'agenda macroéconomique ce mercredi, à suivre en priorité l'indice manufacturier de la Fed de Richmond à 16h00.

A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1650$ environ.

ELEMENTS GRAPHIQUES CLES

D'un point de vue technique, la paire euro/dollar se heurte désormais à une zone charnière. Après avoir effacé une grande partie de son repli lié à la phase aiguë du conflit, elle évolue au contact de la borne haute de son trading range. Cette configuration traduit une compression de volatilité et une hésitation marquée des intervenants, incapables pour l'instant de déclencher une impulsion durable. En l'absence de catalyseur clair — qu'il soit macroéconomique, monétaire ou géopolitique — la paire reste contenue sous cette résistance majeure (1,1825$), dans une phase d'attente susceptible de déboucher sur un mouvement plus directionnel une fois cet équilibre rompu.

La bougie en pendu du 11 mai a envoyé un signal technique négatif, qui s'est soldée par une accélération baissière sous la forme d'une rupture de la moyenne mobile à 200 jours (en marron).

Un rééquilibrage temporaire des forces en présence en cours, avant un redémarrage baissier.

PREVISION MOYEN TERME

Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).

Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1608 USD et la résistance à 1.1765 USD.

Le conseil BFM Bourse

EUR/USD
Neutre
Objectif :
- (-)
Stop :
- (-)
Résistance(s) :
1.1765 / 1.1850 / 1.1935
Support(s) :
1.1608 / 1.1460 / 1.1408

GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES

EUR/USD : Un environnement de taux refaçonné (©ProRealTime.com)
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Portefeuille Trading
+329.80 % vs +65.99 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

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