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L'Euro Dollar multipliait les oscillations nerveuses autour les 1,1610$, alors que les tensions augmentent à nouveau au Moyen-Orient. L'armée américaine a abattu quatre drones iraniens et mené des frappes sur une base au sol dans le sud de l'Iran, qui a répondu en visant une base américaine et des navires dans le détroit d'Ormuz. Cette poussée des tensions relance les cours du pétrole, qui avaient baissé la veille dans un contexte d'anticipations concernant un éventuel accord entre les États-Unis et l'Iran.
Le baril de WTI, la référence texane, cotait 91,30$ à l'heure où nous rédigions ces lignes.
"les risques géopolitiques restent bien présents, notamment l'incertitude persistante concernant le détroit d'Ormuz et l'enlisement des négociations de paix, qui ont entraîné une hausse sensible des prix du pétrole à la fin du mois", synthétise Laurent Denize, Directeur des Investissements chez ODDO BHF AM, qui voit "une prolongation du statu quo : une situation intermédiaire entre guerre et paix, caractérisée par le risque latent de nouvelles attaques contre les routes et les infrastructures de transport."
Les cambistes ont désormais une crainte pour le Vieux Continent: celui d'une résurgence inflationniste entretenu à sa base par la fermeté des cours du pétrole, le tout sur fond de ralentissement d'une croissance déjà atone, ralentissement qui pourrait être entretenu psychologiquement par les investisseurs, alors que la perspective d'une hausse des taux directeurs de la BCE prend corps.
Alexandre Baradez, analyste pour IG France, a compilé les éléments (chiffrés et de langage) qui vont dans ce sens.
"Les marchés « pricent » toujours plus de 80% de chances d'une hausse de 25 points de base du taux de dépôt en juin, qui passerait ainsi de 2.00% à 2.25%.
"Les propos de Isabel Schnbel [mardi], membre du directoire de la BCE, vont dans ce sens. Elle indique que « dans le contexte actuel, une hausse des taux en juin me semble nécessaire ». Ajoutant que « compte tenu de l'ampleur et de la persistance du choc actuel, l'attente (looking through) n'est plus envisageable à mon avis ». Elle a également déclaré que « même si la guerre prenait fin aujourd'hui, les infrastructures énergétiques et les chaînes d'approvisionnement mondiales ont déjà subi d'importants dégâts ». « En termes de persistance, nous sommes en réalité au-delà du scénario adverse, qui supposait une normalisation rapide des prix du pétrole »."
"Volontarisme affiché également du côté de François Villeroy de Galhau, membre du conseil des gouverneurs, plutôt centriste dans ses prises de position habituellement. Il a déclaré hier que « Les ménages et les entreprises peuvent nous faire confiance pour ramener l'inflation à 2% à moyen-terme, nous n'hésiterons pas à agir pour cela s'il le faut »."
Rendez-vous à 14h30 pour une salve de statistiques - les 3 plus importantes de la semaine en réalité ! - à savoir pour les Etats-Unis, les commandes de biens durables, les revenus et dépenses des ménages et les prix PCE, la mesure de prédilection de la Fed dans son appréciation de l'inflation.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1620$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
D'un point de vue technique, la paire euro/dollar se heurte désormais à une zone charnière. Après avoir effacé une grande partie de son repli lié à la phase aiguë du conflit, elle évolue au contact de la borne haute de son trading range. Cette configuration traduit une compression de volatilité et une hésitation marquée des intervenants, incapables pour l'instant de déclencher une impulsion durable. En l'absence de catalyseur clair — qu'il soit macroéconomique, monétaire ou géopolitique — la paire reste contenue sous cette résistance majeure (1,1825$), dans une phase d'attente susceptible de déboucher sur un mouvement plus directionnel une fois cet équilibre rompu.
La bougie en pendu du 11 mai a envoyé un signal technique négatif, qui s'est soldée par une accélération baissière sous la forme d'une rupture de la moyenne mobile à 200 jours (en marron).
Un rééquilibrage temporaire des forces en présence en cours, avant un redémarrage baissier.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1460 USD et la résistance à 1.1765 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
