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Le Dollar retrouvait quelques couleurs au cœur de la semaine après que Trump ait mis de l'eau dans son vin sur l'épineux dossier groenlandais. L'orange locataire de la Maison Blanche a levé ses menaces de sanctions douanières contre les pays s'opposant à ses vues sur le Groenland, en assurant avoir tracé avec le Secrétaire Général de l'OTAN, M Rutte, les contours d'un accord. M Rutte, surpris, a dans la foulée assuré que les questions de souveraineté n'avait à ce stade pas été abordées. Il a de son côté prévenu qu'il restait encore "beaucoup de travail" pour parvenir à un accord.
En face, l'Euro restait toutefois ferme, avec l'Allemagne d'une part qui envoie des signaux rassurants sur sont activité économique et avec la France d'autre part, sur fond de tassement du "spread", à mesure que s'éloigne la perspective de nouvelles élections législatives.
Pour rappel, le ZEW, l'indice de confiance dans la première puissance économique de la Zone Euro publié en début de semaine, a bondi de près de 15 points à 59,6, dépassant très largement des attentes déjà optimistes. La statistique est passée un peu sous les radars
"Malgré l'annonce de nouveaux droits de douane par les États-Unis le week-end dernier, les industries tournées vers l'exportation connaissent, dans certains cas, des améliorations significatives. En particulier, les balances de la sidérurgie et de la métallurgie, ainsi que celles de la construction mécanique, ont progressé respectivement de 18,2 et 22,7 points. La balance de l'industrie automobile a augmenté de 16,5 points pour s'établir à -5,5 points. Les balances des industries chimiques et pharmaceutiques et de la construction électrique se sont également améliorées, respectivement de 12,4 et 14,0 points", a détaillé Achim Wambach, Président de l'institut éponyme.
Aline Goupil-Raguénès, d'Ostrum AM, pense que "l'année 2026 sera l'année de la reprise de la croissance en Allemagne portée par les investissements massifs dans les infrastructures et la défense. Le gouvernement a d'ailleurs annoncé, le 18 décembre, 50 Mds d'euros de dépenses militaires supplémentaires. La croissance devrait être d'au moins 1 % en 2026 après une quasi-stagnation en 2025 et deux années de récession. Pour que celle-ci se révèle durable, des réformes structurelles doivent être également adoptées."
"L'Allemagne est le pays du G7 dont le vieillissement de la population sera le plus rapide ce qui pèsera sur sa croissance potentielle et ses finances publiques. Une réforme des retraites permettrait d'en réduire l'impact financier. Le gouvernement doit également prendre des mesures pour assurer une période d'approbation courte des projets d'investissement et réduire la bureaucratie afin de favoriser une reprise de l'investissement privé qui se révèle en berne. L'approche d'élections régionales clés en septembre risque néanmoins de constituer un frein à l'adoption des réformes nécessaires pour assurer une croissance durable outre-Rhin."
Sur la question du risque politique en France, la partie recettes du budget est définitivement adoptée, à la suite de l'échec des motions de censure déposées respectivement par les groupes RN (Rassemblement National) et LFI (La France Insoumise). 2 autres utilisations du "49.3" sont encore nécessaires.
Un mot sur la politique monétaire américaine, alors que se profile, le 27 janvier, l'issue d'un nouveau Comité de politique monétaire, le premier de l'année 2026. Le statu quo sur la rémunération des Fed Funds est clairement le scénario le plus crédible alors que les fondamentaux restent sains.
"La semaine prochaine, la Fed devrait maintenir ses taux inchangés après trois baisses de taux consécutives fin 2025, confirmant la position plus patiente et prudente de la Fed maintenant que les taux ne sont plus si restrictifs. La réunion de la Fed pourrait être en partie éclipsée par l'annonce du choix du Président Trump pour le prochain président de la Fed. Selon les paris en ligne, l'ancien gouverneur Warsh est le favori (46%), mais le patron des obligations chez BlackRock, Rieder, reste dans la course (30%)", analyse Xavier Chapard de la BPAM
A l'agenda macroéconomique ce vendredi, à suivre en priorité, à 16h00, l'indice de confiance des consommateurs (U-Mich). Ce jeudi concentrait l'essentiel des publications américaines de la semaine. On retiendra la bonne performance de la croissance de l'activité au troisième trimestre (+4,4% en rythme annuel), au-delà ds attentes, ainsi que l'insolente résilience du marché de l'emploi, avec des inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage collées sur le seuil symbolique des "200 000" nouvelles unités. Enfin, l'indice des prix PCE, mesure préférée de la Fed dans son appréciation de l'inflation, est ressorti conforme aux attentes, en hausse mensuelle de 0,2%.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1735$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Nous reprenons nos positions acheteuses sur la paire de devises Euro / Dollar après le franc rebond de ce début de semaine sur la moyenne mobile à 200 jours (en marron). La volatilité post-rebond est un élément essentiel venant donner du crédit au scénario haussier.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est positif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1738 USD. L'objectif de cours de notre scénario haussier se situe à 1.2213 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1607 USD.
L'espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 475 pips et le risque de perte s'établit à 131 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
