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Sur des espoirs (encore minces !) de détente géopolitique entre Washington et Téhéran, l'Euro, baromètre de référence de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, regagnait quelques pips face à un Dollar mécaniquement réévalué par le reflux du brut et des rendements obligataires. Le WTI refluait vers les 91$ et le 10 ans américain sous les 4,50.
Cette appréciation de l'Euro n'est que très partiel, relativement à la baisse enregistrée depuis le 12 mai, sur fond de cherté chronique du brut et de craintes de résurgences inflationnistes. Les statistiques macroéconomiques publiées la semaine dernière ont d'ailleurs pesé sur la monnaie unique, tout particulièrement les indices S&P des directeurs d'achats, les fameux "PMI".
Pour la partie services, le score pour l'ensemble de la Zone Euro est ressorti très largement en deçà de la barre des 50 points, à 46,4, et marque donc une contraction sévère de l'activité.
"Le secteur des services subit de plein fouet les répercussions de la guerre sur le coût de la vie, la hausse des prix de l'énergie ayant notamment fait chuter le niveau de la demande", a commenté Chris Williamson, Chief Business Economist à S&P Global Market Intelligence, qui analyse également les données "composite" (tenant compte également du score industriel): "les fortes perturbations d'approvisionnement engendrées par la guerre s'intensifient, l'enquête signalant en effet des retards de livraison de plus en plus importants. Or, ces tensions sur les chaînes d'approvisionnement ne menacent pas seulement la croissance de l'activité dans les mois à venir, mais risquent également de renforcer les tensions inflationnistes."
"Compte tenu de la hausse des indices des prix enregistrée en mai, on peut d'ores et déjà anticiper un rythme d'inflation proche des 4 % dans les prochains mois. Conjuguée à des signes toujours plus nombreux d'un retour de la contraction dans la zone euro, cette tendance place la BCE devant une situation de plus en plus délicate", a complété M Williamson.
La seule composante industrielle allemande repasse symboliquement sous les 50 points, à 49,9. Rappelons que le seuil des 50 sépare par construction une expansion d'une contraction de l'activité. La seule composante services pour la France ressort même... sous les 43 !
Si ce lundi est désert du point de vue des publications statistiques, il n'en sera pas de même pour le reste de la semaine, avec en particulier l'indice de confiance des consommateurs américains (Conference Board) mardi, l'indice manufacturier de la Fed de Richmond mercredi, les données préliminaires du PIB américain au T1 jeudi, et une batterie de statistiques sur l'emploi en Europe vendredi.
Après des semaines de menaces et de discussions, les États-Unis et l'Iran semblent proches d'un accord qui mettrait durablement fin à une guerre au Moyen-Orient qui a fait des milliers de morts et secoué l'économie mondiale. Le président américain Donald Trump a cependant tempéré dimanche les espoirs d'un accord imminent, disant ne pas vouloir "se précipiter".
"La guerre en Iran a accentué ces tensions en relevant les anticipations d'inflation à court terme. Les banques centrales ont réagi avec détermination, signalant qu'elles pourraient ne plus « regarder au-delà » des chocs d'offre. Ayant subi une série de disruptions, de la pandémie à la guerre en Ukraine, en passant par les tarifs douaniers, les décideurs craignent un désencrage des anticipations d'inflation. En conséquence, les marchés intègrent désormais des hausses de taux en Europe et n'attendent plus de baisse aux États-Unis. Les rendements ont fortement augmenté, particulièrement sur le court terme, provoquant un « aplatissement baissier » de la courbe des taux", analyse Raphael Olszyna-Marzys, économiste international chez Bank J. Safra Sarasin.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1640$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
D'un point de vue technique, la paire euro/dollar se heurte désormais à une zone charnière. Après avoir effacé une grande partie de son repli lié à la phase aiguë du conflit, elle évolue au contact de la borne haute de son trading range. Cette configuration traduit une compression de volatilité et une hésitation marquée des intervenants, incapables pour l'instant de déclencher une impulsion durable. En l'absence de catalyseur clair — qu'il soit macroéconomique, monétaire ou géopolitique — la paire reste contenue sous cette résistance majeure (1,1825$), dans une phase d'attente susceptible de déboucher sur un mouvement plus directionnel une fois cet équilibre rompu.
La bougie en pendu du 11 mai a envoyé un signal technique négatif, qui s'est soldée par une accélération baissière sous la forme d'une rupture de la moyenne mobile à 200 jours (en marron).
Un rééquilibrage temporaire des forces en présence en cours, avant un redémarrage baissier.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1608 USD et la résistance à 1.1765 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
