(BFM Bourse) - Cet article, en accès libre, est produit par l'équipe de recherche en analyse et stratégie boursière de BFM Bourse. Pour ne manquer aucune opportunité, consultez l'intégralité des analyses et découvrez nos portefeuilles en accédant à notre espace Privilèges.
L'Euro se stabilisait à un niveau ferme face au Dollar, dans une volatilité qui retrouve des niveaux "normaux" au sens statistique du terme, alors que les trajectoires relatives des taux de part et d'autre de l'Atlantique sont réévaluées.
De ce côté-ci de l'Atlantique, la perspective d'une hausse des taux se dessine, en particulier en raison de la dynamique des salaires. Même si le taux de chômage en France a progressé, dans l'ensemble de la zone euro, le marché du travail "est très tendu, le taux de chômage étant déjà significativement inférieur à son niveau d'équilibre, et nous prévoyons que cet écart se creusera en 2026, 2027 et 2028. De plus, les entreprises de services et de l'industrie continuent de signaler des pénuries de main-d'œuvre aiguës, ce qui souligne davantage la tension sur le marché du travail dans la zone euro", analysent les économistes de Nomura.
"Cette tension sur le marché du travail est susceptible d'accentuer les pressions sur la croissance salariale au cours de l'horizon de prévision, ce qui est important pour l'inflation des services et l'inflation intérieure, secteurs intensifs en main-d'œuvre et donc où la croissance des salaires est un facteur clé. En effet, la croissance salariale négociée anticipe l'inflation HICP des services d'environ deux trimestres".
De l'autre côté de l'Atlantique, la publication avec 3 séances de retard, du NFP (Non Farm Payrolls) a rebattu les cartes, en repoussant la perspective d'une nouvelle baisse des taux fédéraux. Le rapport est en effet ressorti à un niveau de fermeté surprenant.
Les salaires horaires moyens ont progressé de 0,4% (0,3% pour le consensus) et le taux de chômage s'est contracté à 4,3% de la population active, contre une stabilisation à 4,4% attendu. Enfin, les créations de postes dans le secteur privé sont ressorties à 130 000, le double de ce que laissaient augurer les attentes médianes des analystes.
"Les investisseurs ont repoussé de juin à juillet la première baisse de taux anticipée dans les contrats à terme sur les Fed Funds, la publication du jour suggérant un moindre besoin d'assouplissement monétaire supplémentaire pour soutenir l'emploi", analyse Jeff Schulze, responsable de la stratégie économique et de marché chez ClearBridge Investments (filiale de Franklin Templeton).
"Le rapport sur l'emploi de janvier fait état d'un marché du travail en net rebond, qui a retrouvé son équilibre après les fragilités observées au second semestre de l'année dernière. Les données sont solides sur l'ensemble des indicateurs, avec un nouveau recul du taux de chômage à 4,3 % et la plus forte progression des créations d'emplois dans le secteur privé depuis la fin de l'année 2024".
Dans ce contexte, la publication à 14h30 ce vendredi des prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis sera naturellement scrutée par les marchés, comme par la Fed. Les prix sont attendus en hausse annualisée de 2,5%, contre 2,7% il y a un mois. Et ce même si - il faut le souligner -, la mesure préférée de la Fed dans son appréciation de l'inflation est l'indice PCE (personal consumption expenditures).
"Pour ce vendredi 13, le risque ou l'espoir va venir de l'inflation américaine de janvier, publiée avec retard à cause du mini-shutdown du début du mois. Depuis le choc inflationniste de 2021-22, l'inflation américaine a eu tendance à surprendre à la hausse en janvier, probablement parce que les ajustements annuels de prix sont plus importants dans un environnement d'inflation élevée. Si c'est encore le cas cette année, ce sera une raison de plus pour la Fed de ne pas baisser ses taux dans les prochains mois", pour Xavier Chapard, Stratégiste de LBPAM, qui revient sur le taux de chômage outre Atlantique:
"Surtout, le taux de chômage a de nouveau reculé en janvier, à 4,3 % contre 4,5 % en novembre, et revient près du niveau de plein emploi qu'estime la Fed (4,2 %). C'est probablement l'indicateur le plus important pour la Fed, qui suggère que le marché du travail reste bien équilibré."
A suivre donc en priorité ce vendredi, les prix à la consommation aux Etats-Unis à 14h30 (heure de Paris).
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1850$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
La volatilité redescend sur la paire de devises phare à proximité de la moyenne mobile à 20 jours (en bleu foncé), dont l'orientation demeure significativement haussière. Nous décidons de reprendre nos positions acheteuses sur l'EURUSD, en les renforçant à mesure que les bandes de Bollinger vont se resserrer.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre avis est positif à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Notre point d'entrée est à 1.1857 USD. L'objectif de cours de notre scénario haussier se situe à 1.2213 USD. Pour préserver le capital engagé, nous vous conseillons de positionner un stop de protection à 1.1754 USD.
L'espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 356 pips et le risque de perte s'établit à 103 pips.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
