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La consolidation se poursuit sur la paire de devises Euro / Dollar, dans un environnement plutôt attentiste sur les principales classes d'actifs à risque en ce tout début d'année, à proximité des 1,1720$ pour un euro.
Les opérateurs sur devises viennent de prendre connaissance de la publication des données finales des indices PMI. En zone euro, l'indice composite, qui mesure l'activité du secteur privé dans l'industrie et les services, s'est établi à 50,7 en décembre après 47,8 en novembre. Un indice de 50 marque la frontière entre une contraction et une expansion de l'activité. Les données finales sur la seule industrie ont quelque peu déçu, à 48,8 contre 49,2 en première estimation.
Dr. Cyrus de la Rubia, Chef économiste à la Hamburg Commercial Bank, a apporté les éclairages complémentaires suivants:
"À l'exception de quelques brèves périodes d'embellie, le secteur manufacturier de la zone euro est resté enlisé dans la récession depuis le milieu de l'année 2022. Alors que l'année qui vient de s'achever avait laissé entrevoir la possibilité d'un retour à la croissance, le tournant attendu n'a pas eu lieu. De fait, malgré un ralentissement considérable de la contraction, l'industrie n'a pu retrouver le chemin de l'expansion. L'année 2026 pourrait en revanche être celle de la reprise pour le secteur. En effet, le plan de relance économique du gouvernement allemand et la hausse des investissements dans l'industrie de la défense en Europe pourraient insuffler un nouvel élan à l'ensemble du secteur. Cet espoir semble partagé par de nombreuses entreprises, comme en témoigne le renforcement de la confiance des fabricants de la zone euro (par rapport à un niveau déjà élevé) quant à une augmentation de leur production au cours des douze prochains mois."
Le marché des changes évolue dans un environnement dominé par la lecture attentive des minutes de la Réserve fédérale américaine, publiées en toute fin d'année. Les Minutes constituent un compte-rendu chronologique (d'où leur nom) des débats ayant animé en interne le dernier Comité de politique monétaire (FOMC) de la FED.
Ces échanges confirment une profonde hétérogénéité des positions au sein du FOMC, tant sur le rythme que sur l'ampleur des ajustements monétaires à venir. Si une majorité de responsables reste favorable à de nouvelles baisses de taux en 2026, celles-ci demeurent strictement conditionnées à un ralentissement plus convaincant de l'inflation, tandis qu'un nombre non négligeable de membres plaide pour une phase de statu quo prolongée afin d'évaluer les effets cumulés de l'assouplissement déjà engagé.
Les minutes mettent également en lumière un volet plus technique mais central pour les marchés monétaires : la décision d'engager des achats de titres du Trésor à court terme afin de stabiliser le niveau des réserves bancaires. Les équipes de la Fed ont estimé que ces réserves étaient revenues dans la zone dite « ample », seuil jugé nécessaire pour assurer un contrôle fluide des taux à court terme. Les responsables ont insisté sur le caractère strictement opérationnel de ces achats, destinés à garantir le bon fonctionnement du marché monétaire et sans implication sur l'orientation de la politique monétaire. Jerome Powell avait d'ailleurs repris cette terminologie lors de sa conférence de presse, soulignant la distinction entre gestion des réserves et impulsion macroéconomique.
Ce débat interne s'est reflété dans la décision de décembre, marquée par une baisse de 25 points de base du taux directeur, ramené dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %, malgré plusieurs votes dissidents. Les minutes révèlent que même certains partisans de la baisse jugeaient la décision « finement équilibrée », alors que d'autres s'inquiétaient d'un possible enlisement de l'inflation au-dessus de la cible de 2 %. La Fed reconnaît ainsi faire face à une double asymétrie de risques : une inflation encore trop persistante d'un côté, et un marché du travail montrant des signes graduels de ralentissement de l'autre. Dans ce contexte, la trajectoire future des taux reste explicitement dépendante des données à venir.
De ce côté-ci de l'Atlantique, les discussions budgétaires de part et d'autre des Alpes continuent d'alimenter les débats entre cambistes.
"En France, le Parlement a adopté à l'unanimité le projet de loi spéciale, dont l'objectif est de doter le pays d'un budget dès le mois de janvier, avec un déficit maintenu sous la barre des 5 % du PIB. Ce dispositif, qui reconduit automatiquement les équilibres de 2025 fait écho à la situation espagnole, où la fragmentation politique conduit à proroger le budget 2023, parfois sans même présenter de nouveau projet. Disposer d'une majorité ne garantit néanmoins pas un exercice budgétaire fluide", détaille Romane Ballin, gérante obligataire d'Auris Gestion.
"L'Italie en offre l'illustration : malgré une large assise parlementaire, l'examen du texte au Sénat s'est déroulé dans un climat électrique, ponctué de trois suspensions de séance. Après son adoption par la chambre haute, le budget doit désormais être voté par l'Assemblée d'ici le 31 décembre. Le texte prévoit de ramener le déficit public à 2,8 % du PIB en 2026, un niveau qui permettrait à l'Italie de sortir dès l'an prochain de la procédure européenne pour déficit excessif", complète la professionnelle en gestion d'actifs.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1720$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
La droite oblique baissière qui bridait le spot depuis la formation du la bougie remarquable du 17 septembre a été franchie dans un accès de volatilité, qui a été confirmé par un pullback.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1608 USD et la résistance à 1.1830 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
