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Euro Dollar (EUR/USD)

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EUR/USD : L'impérialisme américain percute le marché des changes

lundi 5 janvier 2026 à 11h44

(BFM Bourse) - Cet article, en accès libre, est produit par l'équipe de recherche en analyse et stratégie boursière de BFM Bourse. Pour ne manquer aucune opportunité, consultez l'intégralité des analyses et découvrez nos portefeuilles en accédant à notre espace Privilèges.

L'Euro, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, se trouvait quelque peu sur la défensive face au Dollar, après la capture et l'exfiltration, par les forces armées américaines, du Président vénézuélien Nicolas Maduro. Une manifestation supplémentaire du retour d'une forme d'impérialisme américain, qui questionne dans les salles des marchés. D'autant que - tout sauf un hasard -, Donald Trump vient de réaffirmer sa volonté d'annexion du Groenland, territoire sous l'autorité administrative du Danemark. L'impétueux locataire de la Maison Blanche dit en avoir "besoin" pour la "sécurité nationale" des Etats-Unis...

Sur le front statistique, la semaine va commencer tranquillement avec la publication d'un baromètre d'activité industrielle américain (PMI ISM) et les publications se densifieront progressivement avec de nombreux repères sur l'emploi, avec en point d'orgue statistique le rapport NFP (Non Farm Payrolls), pour le mois de décembre 2025.

"L'emploi américain pour décembre va être le principal point d'attention, alors que la Réserve Fédérale américaine (Fed) a signalé une approche prudente concernant la baisse des taux lors de sa dernière réunion", a commenté Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.

Pour rappel, le contenu du rapport de novembre a provoqué un certain soulagement, venant apaiser les craintes récentes. Si le taux de chômage progresse à 4,6% de la population active, les créations de postes dans le secteur privé s'avèrent rassurantes, à 64 000. Et surtout, la progression des salaires horaires reste très contenue, à +0,1%, en deçà du consensus. L'emploi américain ralentit, donc, mais sans brutalité.

"Même si des incertitudes subsistent sur l'ampleur des baisses à venir, il est probable que deux nouvelles baisses de taux pour un total de 50 points de base aient lieu au cours du premier semestre. Cela porterait le taux directeur entre 3,00% et 3,25%. C'est en ligne avec le consensus. L'évolution par la suite va dépendre, outre des habituelles statistiques économiques, de la capacité du remplaçant de J. Powell à prendre son envol par rapport à Donald Trump", a poursuivi le dirigeant en gestion d'actifs.

Le marché des changes évolue dans un environnement dominé par la lecture attentive des minutes de la Réserve fédérale américaine, publiées en toute fin d'année. Les Minutes constituent un compte-rendu chronologique (d'où leur nom) des débats ayant animé en interne le dernier Comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed.

Ces échanges confirment une profonde hétérogénéité des positions au sein du FOMC, tant sur le rythme que sur l'ampleur des ajustements monétaires à venir. Si une majorité de responsables reste favorable à de nouvelles baisses de taux en 2026, celles-ci demeurent strictement conditionnées à un ralentissement plus convaincant de l'inflation, tandis qu'un nombre non négligeable de membres plaide pour une phase de statu quo prolongée afin d'évaluer les effets cumulés de l'assouplissement déjà engagé.

Les minutes mettent également en lumière un volet plus technique mais central pour les marchés monétaires : la décision d'engager des achats de titres du Trésor à court terme afin de stabiliser le niveau des réserves bancaires. Les équipes de la Fed ont estimé que ces réserves étaient revenues dans la zone dite « ample », seuil jugé nécessaire pour assurer un contrôle fluide des taux à court terme. Les responsables ont insisté sur le caractère strictement opérationnel de ces achats, destinés à garantir le bon fonctionnement du marché monétaire et sans implication sur l'orientation de la politique monétaire. Jerome Powell avait d'ailleurs repris cette terminologie lors de sa conférence de presse, soulignant la distinction entre gestion des réserves et impulsion macroéconomique.

Ce débat interne s'est reflété dans la décision de décembre, marquée par une baisse de 25 points de base du taux directeur, ramené dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %, malgré plusieurs votes dissidents. Les minutes révèlent que même certains partisans de la baisse jugeaient la décision « finement équilibrée », alors que d'autres s'inquiétaient d'un possible enlisement de l'inflation au-dessus de la cible de 2 %. La Fed reconnaît ainsi faire face à une double asymétrie de risques : une inflation encore trop persistante d'un côté, et un marché du travail montrant des signes graduels de ralentissement de l'autre. Dans ce contexte, la trajectoire future des taux reste explicitement dépendante des données à venir.

De ce côté-ci de l'Atlantique, les discussions budgétaires de part et d'autre des Alpes continuent d'alimenter les débats entre cambistes.

"En France, le Parlement a adopté à l'unanimité le projet de loi spéciale, dont l'objectif est de doter le pays d'un budget dès le mois de janvier, avec un déficit maintenu sous la barre des 5 % du PIB. Ce dispositif, qui reconduit automatiquement les équilibres de 2025 fait écho à la situation espagnole, où la fragmentation politique conduit à proroger le budget 2023, parfois sans même présenter de nouveau projet. Disposer d'une majorité ne garantit néanmoins pas un exercice budgétaire fluide", détaille Romane Ballin, gérante obligataire d'Auris Gestion.

"L'Italie en offre l'illustration : malgré une large assise parlementaire, l'examen du texte au Sénat s'est déroulé dans un climat électrique, ponctué de trois suspensions de séance. Après son adoption par la chambre haute, le budget doit désormais être voté par l'Assemblée d'ici le 31 décembre. Le texte prévoit de ramener le déficit public à 2,8 % du PIB en 2026, un niveau qui permettrait à l'Italie de sortir dès l'an prochain de la procédure européenne pour déficit excessif", complète la professionnelle en gestion d'actifs.

A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1685$ environ.

ELEMENTS GRAPHIQUES CLES

Si le biais de court terme reste confirmé par la position relative des moyennes mobiles à 20 jours et à 50 jours, après leur croisement, le point d'entrée acheteur n'est pas optimal à ce stade.

PREVISION MOYEN TERME

Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).

Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1608 USD et la résistance à 1.1771 USD.

Le conseil BFM Bourse

EUR/USD
Neutre
Objectif :
- (-)
Stop :
- (-)
Résistance(s) :
1.1771 / 1.1830 / 1.1919
Support(s) :
1.1608 / 1.1460 / 1.1202

GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES

EUR/USD : L'impérialisme américain percute le marché des changes (©ProRealTime.com)
©2026 BFM Bourse
Portefeuille Trading
+336.70 % vs +67.23 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

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