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Alors que les cambistes continuent de digérer les derniers éléments de communication de la BCE, consécutifs à son Conseil des Gouverneurs, la paire de devises Euro / Dollar retrouvait de l'allant, à la fois sur des bases techniques, et avec l'appui de la publication de l'indice Sentix de confiance des investisseurs en Zone Euro.
Concernant le Conseil des Gouverneurs achevé jeudi, le message, tant dans le communiqué qu'en conférence de presse, était clair pour les marchés. Un Euro trop fort, trop longtemps, est une épine dans le pied des puissances exportatrices, Allemagne en tête.
"La Banque centrale européenne a maintenu sa politique inchangée aujourd'hui, conformément aux attentes du marché et à nos propres prévisions", résume Felix Feather, économiste chez Aberdeen, qui "tout bien considéré", maintient sa prévision de statu quo pour 2026.
"La communication relative à cette décision s'est inscrite dans la lignée habituelle, d'une approche dépendante des données et réunion par réunion, avec le rappel que “le Conseil des gouverneurs ne s'engage pas à l'avance sur une trajectoire spécifique des taux”, même si l'appréciation de l'euro a légèrement fait pencher la balance des risques vers une trajectoire d'inflation légèrement plus modérée.
Nous estimons toutefois que l'effet désinflationniste lié à la vigueur de l'euro par rapport aux anticipations antérieures de la BCE restera relativement limité. Le récent mouvement de l'euro face à un large panier pondéré des échanges n'a pas été particulièrement marqué, et la transmission aux prix à la consommation est généralement assez modérée."
Pour sa part, Frederik Ducrozet, économiste chez Pictet Wealth Management, remarque que "plusieurs indices montrent que la banque centrale est moins à l'aise avec l'appréciation de l'euro face au dollar. Le communiqué de la BCE mentionne expressément le taux de change comme risque sur l'inflation. De plus, durant la conférence de presse, la présidente Christine Lagarde "a longuement discuté des interactions entre l'appréciation de la monnaie et l'activité économique et l'inflation, ainsi que des implications financières d'un euro mondial".
Rappelons qu'une monnaie forte tend à rendre attractive la zone pour les investissements étrangers, mais à pénaliser les exportations.
"Un euro durablement fort n'est pas neutre. Il freine la compétitivité, pèse sur les exportations et exerce une pression désinflationniste via la baisse des prix importés. Si la récente intervention de Kevin Warsh a offert un léger répit au dollar, le « debasement trade » pourrait reprendre. Dans ce cas, la question du change pourrait rapidement redevenir centrale, car elle affecte directement les perspectives d'inflation et de croissance", a expliqué Thomas Giudici, responsable de la gestion obligataire d'Auris Gestion.
Au chapitre statistique ce lundi, l'indice Sentix de confiance des investisseurs en Zone Euro est ressorti en très forte hausse, de -1,8 à +4,2. Le communiqué de l'institut éponyme apportait les éléments de compréhension suivants:
"L'Allemagne continue de surprendre sur le plan économique. Les prises de commandes dans l'industrie allemande ont récemment étonné les investisseurs. Et ces derniers sont impressionnés par la dernière enquête. Les investisseurs institutionnels, en particulier, revoient sensiblement leurs prévisions, ce qui entraîne une forte hausse des anticipations économiques. Dans l'indice principal, cela se traduit par un bond de près de 10 points, à +16,3 points. Cela pourrait signifier la fin de la phase de récession de l'économie allemande. La pénurie de gaz, largement commentée, alors que les capacités de stockage de gaz allemandes sont à leur plus bas niveau historique pour cette période de l'année, n'est pas perçue comme un obstacle majeur par les investisseurs interrogés par Sentix".
Publié jeudi, l'indice des prix à la consommation dans l'union monétaire, hors éléments volatils (données core) est ressorti en hausse de 2.2% en rythme annualisé, contre un consensus médian à 2.3%.
De l'autre côté de l'Atlantique, et alors que les cambistes étaient privés de repères fédéraux sur l'emploi en janvier, en raison d'un shutdown partiel, la question centrale est: "Comment la politique monétaire de la Fed pourrait-elle évoluer sous la présidence de Warsh ? Sous la présidence de Warsh, la politique monétaire de la Fed pourrait s'orienter vers davantage de souplesse, avec une préférence affichée pour des taux directeurs plus bas, conformément à ses récentes prises de position. Néanmoins, un changement radical reste peu probable : les ajustements immédiats du cycle d'assouplissement pourraient être limités, car Warsh n'est pas perçu comme un candidat de continuité et sa capacité à faire consensus au sein du FOMC demeure incertaine. L'inertie institutionnelle, la sensibilité du comité aux pressions politiques et la nécessité d'un large accord devraient rendre toute évolution progressive", éclaire Claudia Panseri, Chief Investment Officer chez UBS WM France.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1865$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
La structure de consolidation en triangle des 28 et 29 janvier est invalidée, et nos positions acheteuses sur l'Euro / Dollar sont suspendues. L'avis est neutre dans l'attente de prochains signaux techniques clairs.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1608 USD et la résistance à 1.2085 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
