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Les cambistes ont rendez-vous ce soir avec la Fed, qui achève une nouvelle réunion de son comité de politique monétaire, forcément percutée par la situation géopolitique et l'envolée des cours du brut. De son côté, la Banque centrale européenne achève demain jeudi son Conseil des Gouverneurs. Si des statu quo monétaires à proprement parler sur les loyers du Dollar et de l'Euro sont attendus, les commentaires de ces deux institutions monétaires seront assurément scrutés.
"La durée du conflit sera déterminante pour l'orientation de la politique monétaire", juge Nadia Gharbi, économiste senior chez Pictet Wealth Management. "Si la situation actuelle se prolonge jusqu'en juin — avec des perturbations continues dans le détroit d'Hormuz et une aggravation des pénuries de produits — le risque d'effets non linéaires sur l'inflation et la croissance augmentera sensiblement. Dans ce cas, la BCE pourrait être amenée à procéder à un ou plusieurs relèvements de taux de « recalibrage » en juin (ou en juillet/septembre). Toutefois, toute hausse serait probablement de courte durée, car la transmission à l'inflation sous-jacente devrait être plus limitée qu'au moment du choc énergétique de 2022, tandis que l'impact négatif sur la croissance s'accentuerait plus rapidement."
Dans l'immédiat le flou sur l'issue de l'intervention américaine en Iran ne joue pas en faveur des actifs risqués, famille dont l'Euro est un éminent représentant.
La situation reste toujours aussi floue au Moyen-Orient. "Le Wall Street Journal a rapporté hier soir (mardi) que le président Trump avait demandé à ses collaborateurs de se préparer à un blocage prolongé de l'Iran, tandis que Trump lui-même avait publié plus tôt dans la journée un message indiquant que l'Iran 'souhaite que nous 'ouvrions le détroit d'Ormuz' dès que possible'", note Deutsche Bank.
"CNN a indiqué que les responsables iraniens devraient présenter une proposition de paix révisée dans les prochains jours", poursuit la banque allemande.
La Fed, si elle doit faire face elle aussi à toute forme de menaces inflationnistes, est dans une situation un peu moins inconfortable. Rappelons que les Etats-Unis sont, en volume et de loin, le premier producteur de pétrole au monde.
Les économistes d'Indosuez Wealth Management continuent "d'anticiper une baisse des taux d'ici fin 2026, estimant que le choc énergétique aura un impact temporaire sur l'inflation, laquelle devrait se normaliser d'ici 2027, aussi aidée par l'atténuation de l'effet des droits de douane qui avaient contribué à hauteur de +80 points de base à l'inflation en 2025. Enfin, l'annonce vendredi de l'abandon de l'enquête du DOJ sur Jerome Powell, ouvrant la voie à la nomination de Kevin Warsh comme prochain président de la Fed, devrait faire du choix de Jerome Powell de rester ou non à la tête de l'institution un enjeu central dans le débat sur l'indépendance de la Réserve fédérale."
L'avocat multimillionnaire est difficile à cerner: ses commentaires étaient plutôt faucon (belliciste en matière de politique monétaire) lorsqu'il était membre du Board au tournant des années 2010, il a critiqué ces derniers mois les positions de fermeté de J Powell.
"L'approche de ce dernier consiste à s'appuyer sur les gains de productivité générés par l'IA pour justifier une baisse des taux directeurs, tout en réduisant le bilan de la Fed. Par ailleurs, Kevin Warsh n'est pas un ardent soutien de l'exercice consistant à publier des orientations prospectives", relève César Perez Ruiz, Responsable des investissements et CIO chez Pictet Wealth Management;
Au chapitre statistique mardi, la principale publication était l'indice de confiance des consommateurs (Conference Board), ressorti en légère hausse - c'est une surprise - à 92,8. A suivre la décision de politique monétaire de la Fed à 20h00, et la conférence de presse consécutive à 20h30.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1705$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
D'un point de vue technique, la paire euro/dollar se heurte désormais à une zone charnière. Après avoir effacé une grande partie de son repli lié à la phase aiguë du conflit, elle évolue au contact de la borne haute de son trading range. Cette configuration traduit une compression de volatilité et une hésitation marquée des intervenants, incapables pour l'instant de déclencher une impulsion durable. En l'absence de catalyseur clair — qu'il soit macroéconomique, monétaire ou géopolitique — la paire reste contenue sous cette résistance majeure (1,1825$), dans une phase d'attente susceptible de déboucher sur un mouvement plus directionnel une fois cet équilibre rompu.
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1610 USD et la résistance à 1.1765 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
