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Euro Dollar (EUR/USD)

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Eur/usd : Après avoir mis K.O. (ou presque) le dollar cette année, l'euro peut-il encore assommer le billet vert en 2026?

Aujourd'hui à 07:00
L'euro toujours plus fort face au dollar?

(BFM Bourse) - La devise de la zone euro a pris 13,4% face au billet vert en 2025, déjouant les pronostics. Pour 2026, les avis sont très partagés.

En 2025, le dollar a démontré qu'établir des prévisions sur les devises s'avère extrêmement périlleux.

Il y a tout juste un an, nombre de bureaux d'études et de banques voyaient la monnaie américaine malmener encore l'euro en 2025. À l'époque, le billet vert avait signé une nette progression face à la devise de la zone euro en 2024, et le taux de change s'élevait autour de 1,04 dollar pour un euro.

En raison, notamment, des futures surtaxes douanières prévues par Donald Trump, alors président élu, les analystes voyaient le dollar gagner du terrain face à l'euro. Parmi les rares exceptions, Bank of America pensait que l'euro se redresserait pour atteindre 1,10 dollar à fin décembre 2025.

In fine, tout le monde a eu tort. L'euro a malmené le dollar en 2025, s'adjugeant 13,4% selon Deutsche Bank. Au-delà de l'euro, la monnaie américaine a plongé face à l'ensemble des grandes devises internationales. L'indice DXY qui mesure la performance du dollar face à un panier de grandes monnaies a abandonné 9,4% sur l'ensemble de l'année.

Le gros du mouvement a surtout eu lieu de janvier à juillet, période durant laquelle l'euro est passé de 1,03 dollar à 1,18 dollar avant de se stabiliser entre 1,14 dollar et 1,1919 dollar, sur le reste de 2025.

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Un "roi dollar" désormais nu?

Nous avons évoqué à plusieurs reprises les différentes causes de la "déchéance du roi dollar".

Toutes les explications sont en grande partie liées à Donald Trump. En raison de ses politiques commerciales, budgétaires et économiques erratiques, le pensionnaire de la Maison Blanche a provoqué une violente désaffection pour l'ensemble des actifs américains (obligations, actions).

Les investisseurs ont en conséquence réalloué leurs pondérations dans leurs portefeuilles, en achetant des titres d'autres zones géographiques. Notamment dans la zone euro, où les mesures prises par certains pays pour renforcer la croissance et les dépenses militaires, l'Allemagne en tête, ont attiré les investisseurs.

Concrètement, ces décisions d'investissement sont revenues à vendre du dollar pour acheter de l'euro (ou d'autres devises), ce qui a plombé la devise américaine.

Le retour des baisses de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) à compter de septembre ont également pu jouer en défaveur du dollar. Pour rappel, plus les taux d'intérêt sont bas, moins les investisseurs sont incités à placer leurs capitaux dans un pays, et moins la monnaie de ce même pays est soutenue face aux autres devises.

Peut-être davantage que la politique monétaire à proprement parler, les pressions envahissantes de Donald Trump à l'égard de la Fed et de son président, Jerome Powell (que le président américain a régulièrement attaqué), ont aussi plombé le dollar.

Le locataire de la Maison Blanche a plusieurs fois menacé le banquier central, sans pour autant le limoger. "Bien qu'il soit peu probable que Jerome Powell soit démis de ses fonctions avant la fin de son mandat, en mai 2026, le simple fait de discuter de l'indépendance de la Fed a ajouté une nouvelle couche d'incertitude", soulignait UBS en mai.

Donald Trump doit désigner le future président de la Fed au début de l'année. Le match se joue a priori entre Kevin Hassett, conseiller du président américain, et Kevin Warsh, un ancien membre du conseil des gouverneurs de la Fed. Deux candidats qui, de toute façon, sont considérés comme "dovish" (accommodants), c'est-à-dire enclins à favoriser l'objectif de plein emploi de la banque centrale américaine par rapport à celui d'inflation. Et donc à supporter des baisses de taux.

Le ralentissement perceptible des créations de postes aux États-Unis, et donc les doutes autour de la conjoncture américaine, ont également pu affaiblir le dollar. Le marché redoute de plus en plus une trajectoire en "K'" de l'économie américaine, où une partie des ménages (les plus aisés) s'enrichissent grâce à la hausse des marchés actions, tandis que l'autre pâtit d'une détérioration plus globale de l'économie.

Le "big beautiful bill" à la rescousse?

Dans ce contexte, le dollar poursuivra-t-il son plongeon en 2026? Ou, au contraire, regagnera-t-il une partie de son lustre perdu face à la devise de la zone euro?

Les anticipations des stratégistes et analystes plaident, dans l'ensemble, plutôt pour le premier scénario. Selon une note rédigée par Oddo BHF en décembre, le consensus (la prévision moyenne) compilé par Bloomberg table sur un eurodollar à 1,19 à la fin du deuxième trimestre 2026, contre 1,1736 (*) actuellement. Le taux de change se maintiendrait ensuite autour de ce niveau d'ici à la fin du troisième trimestre.

Dans les faits, les divergences entre les bureaux d'études sont assez prononcées. Si bien que l'horizon apparaît flou.

Barclays voit le dollar regagner du terrain face à l'euro, tablant sur un eurodollar à 1,13 fin 2026. La banque américaine anticipe un renforcement de l'économie américaine grâce notamment aux mesures de relances budgétaires contenues dans la loi de finances de 2025 (le fameux "big beautiful bill"). Elle cite également "des conditions financières plus souples et, surtout, une vague encore sous-estimée de dépenses d'investissement liées à l'IA générant des avantages économiques uniques pour l'économie américaine".

Par ailleurs, "les risques pour l'indépendance de la Fed ont considérablement diminué, malgré l'inclinaison probablement accommodante du nouveau président de la Fed", avance la banque britannique.

En face, le biais "hawkish" ("restrictif") de la Banque centrale européenne (BCE) est probablement déjà bien intégré dans les cours, selon l'établissement britannique.

L'institution européenne a maintenu ses taux inchangés en décembre. Une de ses membres, l'Allemande Isabelle Schnabel, a toutefois déclaré en décembre à Bloomberg être "plutôt confortable" à l'idée que le marché anticipe, comme prochaine action, une hausse et non une baisse.

En parallèle, Barclays voit des "risques importants" sur les anticipations de marché "élevées" autour de la croissance en zone euro.

L'IA comme atout?

Citi mise elle aussi sur un rebond du dollar face à l'euro et ce de façon spectaculaire. La banque américaine retient un eurodollar autour de 1,10-1,11 à la mi-2026.

L'établissement voit lui aussi l'économie américaine gagner en vigueur grâce au "big beautiful bill" et juge que les salaires américains pourraient être mis "sous pression" (et donc progresser) par les politiques anti-immigration de l'administration Trump.

La "préservation de l'indépendance de la Fed", y compris via des décisions de justice, et une réduction de l'incertitude politique, tirerait également le billet vert, fait valoir la banque.

"Selon nous, de nombreuses bonnes nouvelles sont déjà intégrées dans l'euro. Cela inclut les révisions des prévisions de croissance de la zone euro sur les intentions de dépenses budgétaires - où les effets multiplicateurs maximaux sont probablement davantage une histoire pour 2027 - et le réajustement de la Banque centrale américaine à la suite de signaux plus 'hawkish', élabore encore Citi.

De plus, "le rallye (boursier) alimenté par l'intelligence artificielle a encore de la marge, ce qui pourrait soutenir le dollar via l'expansion des ratio de valorisation dans les actions américaines (...), via des augmentations de productivité pour l'économie américaine dans son ensemble, et via des effets de richesse pour le consommateur américain", ajoute la banque américaine.

Oddo BHF voit également le billet vert reprendre du poil de la bête, notamment en raison de la politique monétaire. Selon le courtier, l'eurodollar pourrait se "stabiliser" autour de 1,14 l'an prochain. Le bureau d'études pense que les récentes et futures baisses de taux de la Fed pourraient paradoxalement soutenir la devise américaine.

"Elles auront un effet stimulant sur la consommation et l’investissement aux États-Unis, soutenant la croissance économique et donc l’attractivité du territoire pour les investissements", explique le courtier. "Elles seront également un facteur de soutien pour les actions américaines, en particulier pour les valorisations de la tech. Nous pourrions ainsi avoir des flux acheteurs en provenance de zones non dollar pour continuer à participer à l’euphorie boursière aux États-Unis", ajoute Oddo BHF.

La BCE comme facteur X?

En comparaison, d'autres analystes pensent au contraire que l'affaiblissement du dollar face à l'euro se poursuivra.

Pour UBS, la baisse de la devise américaine aura surtout lieu dans les prochaines semaines. La banque suisse voit l'eurodollar atteindre 1,20 à fin mars avant de se stabiliser autour de ce niveau tout au long de 2026.

La banque pense que les données économiques américaines seront suffisamment "faibles" pour inciter la Fed à abaisser davantage ses taux. La banque américaine achèverait son cycle de réduction de taux vers le milieu de l'année, quand la BCE l'a déjà terminé. Cette divergence de trajectoire de politique monétaire soutiendrait donc l'euro face au dollar.

"Cet équilibre reflète également un juste milieu entre la fin anticipée de la faiblesse du dollar américain et la résolution des risques politiques en Europe, à condition qu’aucune surprise majeure ne survienne de part et d’autre", avance UBS.

Toutefois, la banque suisse prévient qu'un certain nombre d'aléas peuvent changer la donne.

"Un nouveau président de la Fed plus accommodant ou des déficits jumeaux (commercial et budgétaires, NDLR) persistants aux États-Unis pourraient exercer une pression supplémentaire à la baisse sur le dollar, faisant monter l'eurodollar au-dessus de 1,20", développe l'établissement.

"En Europe, si la France adopte un budget et que les risques politiques diminuent, ou si le stimulus budgétaire (en Allemagne, NDLR) entraîne une croissance plus forte que prévu, des spéculations sur de futures hausses de taux de la Banque centrale pourraient apparaître. Dans un tel scénario, l'eurodollar pourrait dépasser" 1,25, poursuit UBS.

Goldman Sachs anticipe un euro à 1,20 dollar en mars, 1,22 dollar en juin et 1,25 dollar en décembre 2026.

La banque américaine pense que de meilleures performances d'autres marchés actions que Wall Street pèseront sur les performances du dollar, avec une moindre demande pour les actifs américains (et donc par ricochet moins d'achat de dollars).

Goldman Sachs s'attend également à ce que les prochaines données économiques américaines plaident pour des baisses de taux directeurs de la part de la Fed.

La fin de "l'exceptionnalisme américain"

Deutsche Bank table sur une trajectoire assez similaire, avec un eurodollar à 1,17 fin mars, 1,20 fin juin, 1,22 fin septembre et 1,25 fin décembre 2026.

"Malgré la chute spectaculaire du dollar au cours du premier semestre 2025, celui-ci n'a corrigé qu'une petite partie de sa surévaluation. Le fait que le dollar reste cher est clairement illustré par l'aggravation du déficit courant, qui semble avoir dépassé le seuil critique de 4% du PIB au cours de l'année écoulée. Ce niveau de besoin de financement extérieur a toujours été un indicateur clé de tendance baissière du dollar", explique Deutsche Bank.

"Jusqu'à présent, les deux déficits américains ont été faciles à financer grâce à d'importants afflux de capitaux. Mais après une forte hausse (des flux de capitaux, NDLR) jusqu'à l'investiture du président Trump, ceux-ci ont ralenti et le monde est tellement exposé aux actions américaines qu'il sera difficile de maintenir des afflux élevés", prévient la banque allemande.

Certes l'économie américaine a bien résisté. Mais "l'exceptionnalisme américain", c'est-à-dire la capacité des États-Unis à produire des performances boursières et économiques supérieures à celles du reste du monde, s'est estompé. "Cela s'explique par le fait que d'autres pays rattrapent les États-Unis, grâce à une politique budgétaire favorable et à des valorisations (boursières, NDLR) plus avantageuses", avance l'établissement allemand.

Les incertitudes autour de la "fonction de réaction" de la Fed, avec potentiellement une plus grande tolérance en matière d'inflation à la suite de la nomination d'un nouveau président peuvent enfoncer le dollar, rappelle la banque.

Le thème de l'IA est à double tranchant pour le billet vert. D'une part, "des progrès persistants et une transformation de l'intensification du capital en une reprise soutenue de la productivité américaine soutiendraient le dollar grâce à des taux de croissance plus élevés et à des entrées de capitaux", explique Deutsche Bank.

"D'autre part, les progrès de l'IA pourraient se propager plus facilement au-delà des frontières que la dernière génération d'avancées technologiques (concentrées au sein d'entreprises dominantes), contribuant ainsi à une augmentation mondiale des taux de productivité", poursuit l'établissement.

La banque allemande se montre également relativement optimiste quant à l'économie européenne, avec "une reprise cyclique qui s'amorce sous l'impulsion de l'Allemagne".

(*) Les variations ont été arrêtées peu après la clôture européenne, vendredi.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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