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Euro Dollar (EUR/USD)

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Eur/usd : La monnaie unique se hisse au plus haut depuis deux ans et demi face au dollar

jeudi 3 décembre 2020 à 17h30
L'euro au plus haut depuis deux ans et demi

(BFM Bourse) - L'euro profite de la faiblesse du dollar pour toucher un sommet depuis avril 2018. Et en l'absence de mesures fortes annoncées par la BCE le 10 décembre, la monnaie unique pourrait continuer de grimper, au grand dam des exportateurs.

Jusqu'où grimpera l'euro ? Après avoir franchi mercredi le cap de 1,21 pour la première fois depuis 2018, la monnaie unique s'apprécie encore nettement jeudi face au billet vert (+0,42% à 1,2163 dollar), à un niveau qui n'avait plus été observé depuis avril 2018. Un renchérissement qui tient surtout au nouvel accès de faiblesse du billet vert suscité cette semaine par l'optimisme des investisseurs sur la conclusion d'un plan de relance budgétaire aux Etats-Unis. Celui-ci a d'ailleurs fait plonger le dollar à un creux de deux ans et demi face à un panier de devises de référence (indice DXY).

"Les actifs jugés plus risqués ont été soutenus par des signes encourageants de progrès vers une plus grande relance budgétaire aux États-Unis" constate Augustin Doittau, analyste et Fx dealer chez Ebury France. "Le secrétaire au Trésor Steve Mnuchin et la présidente de la chambre des représentants Nancy Pelosi ont discuté des plans de dépenses pour la première fois depuis début novembre hier, avec le président-élu Biden qui s’est fixé comme priorité de faire passer un paquet de mesures par le Congrès avant son entrée en fonction en janvier" détaille-t-il.

L'expert ajoute que "l'EUR/USD a reçu un coup de pouce supplémentaire grâce aux commentaires de Powell, lors de son témoignage devant le Congrès mardi". Le patron de la Fed a en effet "adopté un ton prudent, évoquant les perspectives économiques “extraordinairement incertaines" et laissant entendre que la Fed pourrait prendre davantage de mesures pour soutenir l’économie américaine, relève Augustin Doitteau. La promesse de Jerome Powell de maintenir les taux d'intérêt à des niveaux extrêmement bas (quasi-nuls) "jusqu'à ce que l'économie montre de réels signes d'inflation" n'encourage pas vraiment les opérateurs à vouloir acheter des dollars non plus.

"La diminution du nombre de nouvelles contaminations en Europe incite également les investisseurs à rester optimistes à l’égard de l’euro" juge Augustin Doitteau. De fait, "le nombre de cas dans les quatre plus grands pays du bloc est maintenant à son niveau le plus bas depuis la troisième semaine d’octobre" quand, dans le même temps, les experts craignent un nouveau pic de contaminations outre-Atlantique après Thanksgiving.

Des statistiques économiques plus solides que prévu quant à la reprise économique en Europe et en Chine ont également accentué le repli du dollar face aux autres devises de référence. En zone euro, l'Allemagne a notamment fait état d'une baisse surprise du taux de chômage (à 6,1%) tandis que l'activité manufacturière a ralenti nettement moins fortement qu'anticipé en novembre, l'indice PMI d'IHS Markit s'étant établi à 53 (révisé en hausse par rapport à la première lecture de 53,6, un indice supérieur à 50 traduisant une expansion de l'activité). En Chine, l'activité dans le secteur manufacturier a tout simplement progressé en novembre à son rythme le plus rapide en dix ans (à 54,8), permettant au renminbi de poursuivre sa progression face au billet vert, au plus haut depuis juin 2018.

La hausse de la monnaie unique met la pression sur la Banque centrale européenne, qui doit annoncer de nouvelles mesures de soutien lors de sa réunion du 10 décembre. Le seuil des 1,20 dollar "a une importance particulière", souligne l'analyste de Commerzbank Ulrich Leuchtmann qui rappelle que l'économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE) Philip Lane avait déclaré que l'institution n'avait pas d'objectif de changes "mais que le cours euro-dollar avait de l'importance".

Le franchissement du seuil symbolique devrait donc pousser l'autorité monétaire européenne à intervenir, la vigueur actuelle de la monnaie unique pouvant engendrer un effet déflationniste. Pour maintenir l'euro à un niveau qui ne paralyse pas les exportations européennes alors que l'économie du Vieux continent entre déjà dans une récession "à double creux", les annonces de Christine Lagarde devront être fortes, le marché intégrant déjà une extension de ses rachats d'actifs à hauteur de 500 milliards d'euros.

Augustin Doitteau estime néanmoins qu'une "certaine faiblesse à court terme de l'euro pourrait se manifester si les dernières mesures de lutte contre le Covid-19 entraînent une sous-performance plus grave que prévu de l'économie de la zone euro au quatrième trimestre par rapport à son homologue américain". Ce qui ne serait, en soi, pas spécialement une bonne nouvelle...

Quentin Soubranne - ©2021 BFM Bourse
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