Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Bitcoin Dollar (BITCOIN)

BTCUSD - FX0000BTCUSD
31699.10 -10.76 % ACHAT : 31 717.70 / 31 677.60 : VENTE

Bitcoin : Comment expliquer la récente flambée des cours du bitcoin

mardi 1 décembre 2020 à 14h23
Explications sur la récente flambée du bitcoin

(BFM Bourse) - Intérêt accru des investisseurs institutionnels, changement de perception, arrivée prochaine du "retail" avec des groupes comme Paypal qui s'ouvrent aux échanges de cryptomonnaies... L'euphorie récemment observée sur le bitcoin n'est pas vraiment comparable à celle de 2017.

Près de trois ans après son sommet historique touché le 17 décembre 2017, le cours du bitcoin tutoie de nouveau les 20.000$. Les experts sont toutefois formels: la hausse de 2020 n'a rien à voir avec l'explosion de 2017, assimilable à une "bulle" comme en témoigne l'éclatement qui avait suivi, avec un creux touché à 3.350$ en décembre 2018.

"Attention, même si le prix est comparable, la progression n'est pour l'instant pas la même. En 2017, c'était près de 1.400% de hausse. En 2020 ce n'est "que" 175%" souligne Alexandre Stachtchenko, cofondateur et directeur général de Blockhain Partner, spécialisé dans l’accompagnement des entreprises sur les blockchains et les cryptomonnaies. À près de 19.900$ le bitcoin sur les principales plateformes ce lundi peu après 15h, le rebond atteint toutefois quelque 410% depuis son creux annuel touché le 13 mars dernier à 3.850$.

"De l'or 2.0"

Mais contrairement à 2017, où la flambée du cours du bitcoin était principalement alimentée par une euphorie ambiante, plusieurs éléments justifient le gain enregistré cette année.

"D'abord la "narrative" a changé. On présente souvent le bitcoin soit comme une monnaie, ou pseudo-monnaie, soit comme une part d'un actif ou une sorte d'entreprise technologique, soit comme une réserve de valeur, de l'or 2.0. En 2020, clairement, bien qu'on commence à comprendre que c'est un peu des trois à la fois, la conjoncture aidant, c'est la troisième narrative qui a pris le pas" estime l'expert.

Conséquence directe: "les institutionnels entrent dans le jeu, et c'est beaucoup plus "sain" en termes de soutenabilité du cours" poursuit-il, avant de citer les exemples de Fidelity (l'un des mastodontes de la gestion d'actifs avec BlackRock, Vanguard et Fidelity, qui dispose de 3.500 milliards de dollars sous gestion) ou encore "Grayscale qui possède 500.000 bitcoins (soit près de 10 milliards de dollars au cours actuel)". "Aux Etats-Unis, selon Fidelity, c'est plus d'un tiers des gestionnaires d'actifs qui possèdent du bitcoin. On a clairement changé d'ordre de grandeur" observe Alexandre Statchenko.

Un analyste de Citibank voit le bitcoin à plus de 300.000$ en 2021

Comme un symbole de ce changement de perception, plusieurs grandes banques, à commencer par JP Morgan, Deutsche Bank ou Citibank, incitent désormais leurs clients à acquérir des bitcoins, après avoir traité la cryptomonnaie avec un certain dédain. Certains analystes affichent même des objectifs de prix particulièrement "bullish" -farfelus diront certains- comme Tom Fitzpatrick de Citibank qui jugeait dans une note publiée en novembre que le cours du bitcoin pourrait atteindre... 318.000$ dès 2021. Ancien gérant de portefeuille chez Goldman Sachs, Raoul Pal avance pour sa part l'hypothèse d'un bitcoin à un million de dollars d'ici cinq ans. Rien que ça.

"On a même des entreprises hors de la gestion d'actifs qui ont embarqué" dans le projet, relève Alexandre Stachtchenko, qui cite Square (entreprise créée par Jack Dorsey spécialisée dans le paiement mobile) et l'éditeur de logiciels informatique MicroStrategy, qui ont respectivement acquis pour 50 et 175 millions de dollars de bitcoin, début octobre et mi-septembre dernier. "Cette dernière a pour l'instant réalisé une plus value de 50% en deux mois, soit 200-250 millions de dollars, ce qui correspond à la moitié de leur chiffre d'affaires ou plus de dix fois leur résultat net annuel !" constate-t-il.

Quentin de Beauchesne, le créateur de l'une des plus grosses communautés francophone dédiée à l'univers des cryptomonnaies -le compte @CryptoFR recensant plus de 20.000 abonnés- considère que ces initiatives pourraient en inspirer d'autres. "On peut imaginer que c'est le tout début, et que de nombreuses entreprises vont préférer garder une partie de leurs réserves en bitcoin plutôt qu'en euro ou en dollar, des monnaies en perte de valeur" avance-t-il.

Perte de valeur des monnaies traditionnelles

Car derrière la forte hausse de 2020, se cache aussi "la perte de valeur des monnaies fiat (aussi appelée "monnaie fiduciaire", NDLR) qui pousse à investir dans le bitcoin comme réserve de valeur" estime-t-il. En cause, l'explosion du bilan des banques centrales qui résulte en une perte de confiance de certains investisseurs envers les monnaies traditionnelles et décuple l'attrait pour le bitcoin, le bitcoin se distinguant par le fait que l'agrégat monétaire n'est pas conçu pour s'adapter à la production de richesse. Pour rappel, l’offre de bitcoins sera limitée à 21 millions et le dernier d’entre eux sera "miné" en 2140, selon les projections actuelles. Le bitcoin est ainsi considéré comme une monnaie déflationniste.

Autre élément potentiellement porteur, "on remarque en cette fin d'année un découplage très intéressant vis-à-vis de l'or, qui montre qu'on entre peut-être dans une phase d'euphorie décorrélée de la narrative même. Cela rend le bitcoin encore plus pertinent d'un point de vue diversification de portefeuille" affirme Alexandre Stachtchenko.

Phase d'euphorie à venir?

Cette phase d'euphorie peut en outre être alimentée par l'arrivée prochaine des "retails" sur le marché. "Avec Paypal qui a ouvert l'achat de cryptomonnaies pour ses clients, c'est 350 millions d'utilisateurs qui vont potentiellement gagner de l'exposition. Quand on sait que dans certains pays les gens possèdent plus de cryptomonnaies que d'actions en Bourse (notamment en Asie, avec le Japon et la Corée du Sud), le potentiel est énorme" se réjouit-il.

Comme sur les marchés actions, il est également difficile d'occulter le rôle joué par l'afflux massif de nouveaux investisseurs particuliers via les applications de trading grand public (Robinhood, eToro, etc.) depuis les premiers confinements courant mars. Le crédit nouveau accordé par la Banque des Règlements Internationaux (BRI), considérée comme la banque centrale des banques centrales, aux cryptomonnaies constitue également un soutien, l'autorité ayant reconnu avoir fait fausse route sur le phénomène.

Et Alexandre Stachtchenko de conclure, en guise d'avertissement, que "globalement, si le sujet est abordé au dîner de Noël, c'est que la phase d'euphorie est clairement entamée".

Quentin Soubranne - ©2021 BFM Bourse
Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+326.60 % vs +12.47 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...