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Franc Suisse Euro (CHF/EUR)

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Chf/eur : Pourquoi la vigueur du franc suisse ne pénalise pas pour l'instant l'économie helvète

samedi 1 octobre 2022 à 12h00
La vigueur du franc suisse face à l'euro

(BFM Bourse) - Outre le roi dollar, le franc suisse bat des records face à l'euro, profitant à plein de son statut de valeur refuge. La vigueur de la monnaie helvète est mieux acceptée qu'en 2015, celle-ci apportant un coup de pouce bienvenu à l'économie helvète. Un franc suisse fort atténue l'effet de la hausse des prix de l’énergie et des biens importés.

Le franc suisse bat des records face à l'euro, donnant un coup de pouce ponctuel à l'économie helvétique à l'heure où les banque centrales bataillent contre l'inflation, même si les économistes restent prudents pour les mois à venir.

Valeur refuge par excellence, la monnaie suisse a brièvement touché un plus haut lundi après les élections italiennes à 0,94 franc contre 1 euro. S'il a depuis lâché un peu de lest, il se situe néanmoins à des plus hauts niveaux depuis le lancement de la monnaie unique il y a plus de vingt ans, à l'exception d'un bref krach éclair en 2015.

"Il s'agit plutôt d'une faiblesse de l'euro que de force du franc suisse", a décrypté Maxime Botteron, économiste chez Credit Suisse, lors d'un entretien avec l'AFP, qui en veut pour preuve les mouvements bien moindres du franc face au dollar. "La croissance européenne donne des signes d'essoufflement, voire de récession", explique-t-il, soulignant que "ces signes arrivent dans un contexte où la banque nationale suisse (BNS) a changé de politique monétaire".

Une aide bienvenue

La banque centrale suisse a abandonné le taux négatif qu'elle imposait depuis 2015 pour lutter contre la surévaluation de sa monnaie. Comme d'autres banques centrales, elle cherche à empêcher l'inflation de s'enraciner. Mais en pleine flambée des prix de l'énergie, cette appréciation du franc lui apporte un aide bienvenue pour freiner la hausse des prix.

"En Suisse, les deux tiers de l'inflation sont dus aux importations. Une appréciation du franc suisse diminue donc un peu l'appréciation de ces biens", poursuit M. Botteron, qui estime que la BNS "a donc moins besoin de resserrer sa politique monétaire" que d'autres banques centrales.

En août, l'inflation a grimpé à 3,5%, soit son plus haut niveau en 29 ans, loin toutefois derrière la hausse de 9,1% enregistrée le même mois dans le zone euro. Pour la BNS, "il y a une stratégie très claire qui consiste à protéger la Suisse contre la hausse de l'inflation venant de la zone euro, des Etats-Unis et d'autres partenaires commerciaux", note Thomas Flury, directeur mondial de la stratégie pour les devises chez UBS.

Et cette fois, l'appréciation du franc ne suscite pas un vent de panique comme en 2015. Les entreprises exportatrices s'étaient alors fortement inquiétées d'une poussée de fièvre du franc, craignant de voir leurs coûts de production exploser et leurs prix à l'export gonfler." L'inflation élevée dans la zone euro rend l'appréciation réelle bien moins spectaculaire que par le passé", remarque-t-il.

Une situation acceptée par les entreprises

"La situation est acceptée parce que les entreprises en Suisse préfèrent avoir un franc suisse plus élevé que des discussions sur les augmentations de salaires" comme celles que "les entreprises françaises ou allemandes vont devoir mener", selon le stratège d'UBS.

Si cette appréciation du franc atténue un peu la pression sur leurs importations, les entreprises suisses, fortes de carnets de commandes bien remplis, disposent aussi d'une certaine marge de manœuvre pour augmenter leur prix, note l'économiste de Credit Suisse. "Pour les exportateurs, l'inflation plus haute dans la zone euro leur permet de répercuter l'appréciation de la hausse de leurs coûts et du taux de change", explique M. Botteron.

Dans le tourisme, un autre secteur sensible au taux de changes, cette hausse du franc a permis aux hôteliers suisses d'augmenter leurs prix dans des proportions moindres que dans les pays voisins compte tenu de la plus faible inflation, a indiqué un porte-parole d'hôtellerie Suisse à l'AFP.

"Pour les hôteliers, cela signifie qu'ils devraient même gagner en compétitivité par rapport à l'étranger", a-t-il expliqué. La Suisse restant néanmoins une destination onéreuse, cette organisation patronale reste prudente face au risque que "les budgets des consommateurs se resserrent." Ce coup de pouce à l'économie suisse pourrait toutefois n'être que de courte durée.

"Il faudra voir comment la situation évolue cet hiver", juge le stratège d'UBS. Même s'il est "trop tôt pour estimer comment va évoluer la situation", une récession ou une faible croissance de l'économie européenne ferait baisser les volumes des entreprises suisses et "les discussions sur le franc pourraient devenir un sujet plus sensible qu'aujourd'hui", selon lui.

(Avec AFP)

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