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Le retour de l'appétit pour le risque provoqué par la victoire démocrate aux élections américaines de mi-mandat continuait se nourrir la réaction de l'Euro face à un Dollar affaibli par le reflux significatif de l'obligation fédérale à 10 ans, désormais proche des 4,91%. Ce repli s'explique par l'anticipation d'un blocage politique accru à Washington, susceptible de limiter l'adoption de nouvelles dépenses budgétaires d'ampleur.
Au-delà de l'approche budgétaire nationale, c'est la question du commerce international qui prend une tournure quelque peu différente. De nombreux pays, tout particulièrement en Asie, entrevoient désormais une fenêtre de tir pour négocier moins frontalement avec Donald Trump sur l'imposition des droits de douane.
"Au-delà de ces enjeux sectoriels, deux dossiers structurants resteront au centre de l'attention : la guerre en Iran et les droits de douane. L'effet direct du scrutin pourrait y être plus limité, compte tenu des prérogatives importantes de l'exécutif, sans exclure l'influence des pouvoirs législatifs et budgétaires du Congrès. Les marchés resteront attentifs à la manière dont ce nouvel équilibre politique pourrait infléchir les décisions de l'administration, y compris à court terme concernant l'évolution des opérations militaires en Iran", commentait Raphaël Thuin, Responsable des stratégies de marchés de capitaux chez Tikehau Capital dans la foulée des résultats électoraux.
Hier les cambistes ont pris connaissance d'une statistique majeure, mais sans surprise, sur les prix en Zone Euro, avec les différents indices des prix à la consommation en Zone Euro. Dans l'assiette de produits la plus large, l'inflation atteint, comme le marché l'envisageait, la barre des 4% en rythme annuel. Hors éléments volatils (énergie, alimentation, alcool et tabac), la hausse des prix est limitée à 2,5% en octobre, comme c'était d'ailleurs le cas en septembre.
"Dans l'ensemble, la hausse de l'inflation en zone euro continue d'être principalement alimentée par les prix de l'énergie, qui ont progressé de 20,8 % en octobre. À l'inverse, les prix alimentaires n'ont augmenté que de 1,6 %. Ces évolutions conjuguées sont susceptibles de renforcer le sentiment que « tout devient plus cher ». Si l'inflation a fortement accéléré en Italie sous l'effet de la hausse des prix des biens et des transports, peu d'éléments indiquent un élargissement similaire des tensions sur les prix à l'échelle de la zone euro. Les prix des services et des biens sont, dans l'ensemble, restés relativement stables", décrypte Ulrike Kastens, Économiste Senior Europe chez Deutsche Asset Management.
L'économiste de renom entrevoit "une inflation globale supérieure à 4 % au cours des prochains mois, sans que cela ne se traduise pour autant par une hausse significative de l'inflation sous-jacente. La BCE doit néanmoins rester vigilante : plus les prix de l'énergie se maintiendront à des niveaux élevés, plus le risque d'effets de second tour augmentera. Le biais de resserrement de la politique monétaire de la BCE apparaît donc pleinement justifié."
Prochain grand rendez-vous des cambistes travaillant la paire de devises phare Euro / Dollar: le rapport mensuel sur l'emploi, demain. La hausse des salaires horaires moyen est attendue à +0,3% en octobre, contre +0,1% en septembre. Le taux de chômage est attendu pour sa part stable à 4,2% de la population active. Dans l'attente de ce rendez-vous, les opérateurs sur devises prendront connaissance ce jeudi à 14h30 du niveau des inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage outre Atlantique.
Enfin, le maintien du Brent sous la barre symbolique des 100$ le baril permettait aux principaux marchés en Zone Euro (Paris, Milan, Madrid, Milan, Amsterdam), de bénéficier d'un peu d'oxygène, une situation favorable à la monnaie unique à court terme.
A la mi-journée sur le marché des changes, l'Euro se traitait contre 1,1330$ environ.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Nous suspendons momentanément nos positions vendeuses dans l'attente d'une validation, ou non, du franchissement de la moyenne mobile à 20 jours (en bleu foncé).
PREVISION MOYEN TERME
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnés, notre opinion est neutre à moyen terme sur la parité Euro Dollar (EURUSD).
Nous conserverons cette opinion neutre tant que les cours de la parité Euro Dollar (EURUSD) seront positionnés entre le support à 1.1108 USD et la résistance à 1.1327 USD.
Le conseil BFM Bourse
GRAPHIQUE EN DONNEES QUOTIDIENNES
