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Dollar Euro (USD/EUR)

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Usd/eur : Face au dollar fort, ces monnaies qui font beaucoup mieux que l'euro

dimanche 4 septembre 2022 à 07h00
Le dollar bénéficie de son statut de valeur refuge

(BFM Bourse) - Le billet vert ne cesse de gagner du terrain face aux autres monnaies, notamment l’euro. Mais d’autres devises, notamment le real brésilien ou le franc suisse, se comportent bien mieux face au dollar.

Le roi dollar a rarement été aussi impérial. Porté par son statut de valeur refuge et par les anticipations d’un resserrement de politique monétaire de la part de la Réserve fédérale (Fed), le billet vert a enregistré des gains substantiels face à nombre d’autres devises phares depuis le début de l’année 2022.

L’US dollar index (DXY), un indice qui mesure l’évolution du dollar face à un panier d’autres devises telles que l’euro (dont la pondération est la plus élevée du panier avec 57,6%), le yen, la livre ou le franc suisse, bondit de près de 14% depuis le début de l’année.

La vigueur du billet vert, qui pénalise certaines matières premières comme le pétrole, a été particulièrement visible face à l’euro, qui est repassé sous la parité cet été, et peine à se maintenir au-dessus. La devise européenne est, elle, pénalisée par des craintes de récession sur le Vieux Continent, avec en toile de fond la flambée des prix de l’électricité et du gaz. La banque UBS n’anticipe pas de changement de tendance. L'établissement suisse a récemment mis à jour ses prévisions, et anticipe un euro à 0,96 dollar en décembre, qui resterait ensuite sous 1 dollar jusqu’en juin 2023.

Au-delà de sa hausse de 13,8% face à l’euro, le dollar a également enregistré des progressions sensibles face à la livre sterling (+17%), la couronne norvégienne (+13,8%), ou le yen (+22%) qui a touché des plus bas depuis 24 ans.

Le real brésilien et le peso plus forts que le dollar

Certaines devises font néanmoins de la résistance. Parmi les monnaies des pays émergents, le dollar accuse même une baisse face au real brésilien (-5,9%) et le peso mexicain (-1,8%).

"Le real brésilien et le peso mexicain ont fait preuve d'une résistance surprenante face à la hausse du dollar, probablement soutenus par les taux d'intérêt élevés du Brésil et du Mexique et par des perspectives économiques moins préoccupantes que celles de leurs voisins", souligne UBS.

Le real brésilien bénéficie du durcissement impressionnant de la politique monétaire de la Banco Central do Brasil, la banque centrale du Brésil. "L’institution a été ultra-proactive pour combattre l’inflation. En août elle a relevé pour la douzième fois d’affilée son taux directeur clé [le Selic, NDLR] à 13,75%", souligne John Plassard, directeur et spécialiste en investissement chez Mirabaud.

L’inflation (bien qu’à un niveau toujours élevé) décélère, ce qui bénéfice également à la devise, ajoute l’expert. En juillet, la hausse des prix est restée limitée à 10% sur un an et a même reculé sur un mois. La forte progression des cours du pétrole a par ailleurs soutenu le real brésilien, le Brésil étant le huitième plus grand pays producteur selon le département américain de l’énergie.

Le peso mexicain bénéficie lui aussi de la hausse des taux directeurs, la Banque du Mexique ayant porté son taux à un niveau record de 8,5% il y a deux semaines. Le gouvernement mexicain a également pratiqué une politique budgétaire frileuse, résistant aux appels de mesures de relance, même au pic de la pandémie.

Comme le souligne Bloomberg, la devise mexicaine est aussi tirée par la relocalisation industrielle, les compagnies américaines rapatriant une partie de leurs unités de production asiatiques au Mexique, en raison de hausses de salaires en Chine, de la politique zéro-Covid du pays (qui crée d’importantes perturbations de la production) et de l’augmentation des coûts de transport. Ce qui se traduit par des investissements et une amélioration de la balance des paiements du pays. "Le Mexique a commencé à récupérer les avantages concurrentiels qu’il a perdus il y a des décennies", explique à Bloomberg, Hari Hariharan, le directeur général du hedge fund NWI Management, à New York.

La Suisse et son économie ultra-résiliente

Au-delà des devises des pays émergents, certaines monnaies de pays développés n’ont guère dévissé face au billet vert. Le dollar américain n’a ainsi pris que 4% depuis le début de l’année face à son homologue canadien à 1,3147 dollar canadien. Là encore, la devise du pays à la feuille de tilleul a été soutenue par une Banque du Canada "ultra-proactive et qui a remonté rapidement son taux directeur" pour le faire passer mi-juillet à 2,5%, souligne John Plassard.

L’inflation reste contenue, s’inscrivant à 7,6% en juillet, soit un net ralentissement par rapport au 8,1% de juin. La hausse des prix du pétrole – le Canada étant le quatrième pays producteur au monde – joue également sur l’attrait de la devise. Selon UBS, le dollar canadien possède un net potentiel d’appréciation, la banque suisse tablant sur un cours de 1 dollar américain pour 1,24 dollar canadien en juin 2023.

Le franc suisse tient également son rang. Le dollar américain n’a pris que 7,5% face à la devise helvétique. "En juin, la Banque nationale suisse (BNS, la banque centrale suisse) a décidé ne plus intervenir pour empêcher l’appréciation du franc suisse, car cette appréciation constitue un rempart contre l’inflation, les prix des produits importés devenant moins chers", rappelle John Plassard.

"L’inflation est maîtrisée, à 3,4% sur un an [en juillet et juin NDLR], le plein emploi se maintient et malgré le franc suisse cher les entreprises exportatrices suisses enregistrent de bons résultats", ajoute-t-il.

Le dollar prend également des gains relativement modérés face au dollar australien, avec une hausse de 6,7% depuis début janvier. L’Australie bénéficie d’une conjoncture économique robuste, avec une croissance attendue à 3,8% par le FMI pour cette année puis 2,2% l’année suivante.

"Parmi les principaux facteurs, citons la balance commerciale record de l'Australie en raison des prix élevés de l'énergie [et des métaux NDLR], une économie domestique robuste et des signes indiquant que la Chine est prête à intensifier ses mesures de relance, ce qui a soutenu les actions des principaux groupes miniers" détaille UBS.

[Note : les cours de change ont été arrêtés vendredi en fin de matinée]

Julien Marion - ©2022 BFM Bourse
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