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Le coronavirus ramène l'euro à un plus bas de trois ans face au dollar

dimanche 23 février 2020 à 07h30
L'euro au plus bas depuis près de 3 ans face au dollar

(BFM Bourse) - Tombée au plus bas depuis avril 2017 face au dollar, la monnaie unique européenne subit les craintes liées à la propagation de l'épidémie de coronavirus en Chine. Ces inquiétudes restituent au billet vert son statut de valeur refuge.

L'euro fait face à des vents contraires. Entre un économie européenne peu dynamique, alors que les derniers indicateurs américains montrent eux une amélioration outre-Atlantique, et le coronavirus qui fait peser des craintes sur l'économie mondiale, la monnaie unique a touché en semaine un plancher depuis avril 2017. Tombé à 1,0785 dollar jeudi dans la journée, l'euro cède désormais 13,8% face au billet vert par rapport à son dernier pic, du 2 février 2018.

Dans une note envoyée à ses clients cette semaine, Robin Maynadié, Forex dealer chez Ebury, relève que "la devise européenne a plongé aujourd'hui (jeudi, NDLR) à un plus bas historique face au dollar US, près de trois ans après le "Macron gap" !", lorsque l'euro avait bondi en réaction à la victoire d’Emmanuel Macron sur Marine La Pen au deuxième tour des élections présidentielles.

Fondateur et trader chez Traderchange.com, Philippe Lhermie explique de son côté que "le dollar a deux raisons de monter face à l'euro: soit l'économie américaine surperforme par rapport au monde entier, soit les investisseurs achètent du dollar en sa qualité de valeur refuge".

Actuellement, c'est plutôt le deuxième mécanisme qui est à l'oeuvre selon l'expert, pour qui les investisseurs s'inquiètent d'un ralentissement de la croissance chinoise, d'autant plus avec les cas récemment recensés dans la capitale. "C'est la peur qui anime le marché en ce moment, poursuit l'expert. La Chine est la deuxième économie mondiale et l'assembleur du monde donc lorsque le pays est à l'arrêt, cela affecte indirectement l'ensemble des chaînes de production".

Confrontés à ce type de facteur exogène, "les gens regardent si le problème peut devenir mondial et, si oui, le dollar retrouve son statut de valeur refuge" comme on l'observe depuis mi-janvier, lorsque "plusieurs banques ont commencé à parler du coronavirus et de ses répercussions potentielles sur l'économie".

"Fin 2019, les prévisions anticipaient un redémarrage de l'activité économique en zone euro au cours de l'année 2020, or aujourd'hui le sentiment s'est inversé et le pessimisme général des entreprises et des investisseurs est de retour" abonde Robin Maynadié. Le spécialiste développe : "L'Allemagne et l'Italie sont les deux pays qui ont le plus déçu et qui se retrouvent à nouveau au centre des préoccupations, étant impactés de plein fouet par le coronavirus. L'Italie, notamment, a vu sa production industrielle baisser et les prévisions de croissance du PIB ont été revues à la baisse pour 2020 ainsi que pour 2021".

Côté allemand, la situation n'est pas beaucoup plus encourageante, avec la publication mardi dernier de "l'indice ZEW de confiance des investisseurs allemands catastrophique à cause du coronavirus" relève Philippe Lhermie, qui estime que cela "contribue à faire baisser l'euro". D'autant que le secteur manufacturier allemand souffle le chaud et le froid, entre espoirs de relance et déceptions exacerbées, à l'image de l'indice PMI publié vendredi matin, même si la contraction du secteur s'atténue outre-Rhin (à 47,8 contre 45,3 en janvier). "En zone euro, le secteur manufacturier s'est contracté en janvier pour le 13e mois consécutif" souligne l'expert.

Autre élément à prendre en compte dans le sursaut du billet vert face à la monnaie unique, "beaucoup d'investisseurs européens se tournent vers le marché obligataire US, et certains d'entre eux ne couvrent pas volontairement leurs positions pour profiter du dollar qui se renforce" note Robin Maynadié. Face à ce constat, "un rebond de la devise européenne apparaît difficile à court terme".

Et le cambiste de conclure: "Ce changement soudain de sentiment montre à quel point la volatilité des changes peut être changeante et difficile à saisir, d'où la nécessité pour une entreprise internationale de mettre en place une couverture de change efficace pour ne pas subir des effets changes indésirables".

Si Philippe Lhermie estime également que l'euro peut continuer à se déprécier face au dollar à court terme, il prédit que la monnaie unique "remontera à mesure que les craintes liées au coronavirus vont se dissiper".

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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